RACE CELTIQUE
Sus eelticus.
Caractères zootecbniques. — Le crâne est brachycé-
pbale, le iront lai'^^e et plal, les os du nez très lonj?s, étroits, foi'maiil nvec lelVoiilal un angle renl lanl oblus à la racine «lu nez. Le ]irolii de la tète est anguleux rentranl, la l'ace large très allongée.
La tète, relativement forte, est garnie d'oi'oilîes longues, tombant de chaque côté des joues et couvrant les yeux, le groin est large et épais. Le corps est généralement très long (6 vertèbres lombaires). La taille est élevée par suite du développement des membres longs, volumineux, et bien musclés, le poids vîf est considéralde. La peau est toujoui's dépourvue de pignioiil et les soies, al^ondantes, sont grossières et de couleur jaune ou rouueàlre.
L<'s animaux de ce typ<' sont bons mai'cheurs et babitués à cbercber leui* nourriture, laforniede leurgroin facilite cette i^cherche, ils élaborent plutôt de la cliairquede la graisse et
AUtË GÉOGRAPHIQUE.
la qualité de leur viande est des plus appréciées, leur lard est forme, el s'iinprégnant bien de sel se conserve aisément. Les temeiles très prolifiques présentent parfois de 8 à 0 paires de mamelles.
Dans rétendue qu'elle habite, cette race se trouve dans des conditions d'existence ditTérentes {\u\ ont déterminé des mo-
Fig. 77. — Race coiumunc des porcs a oicillt s loinbanles. empruntée à Corrievin, les Porcs.)
dillcations de conformation plus ou moins accentuées : du dos voussé (fig. 77) on est arrivé à une ligne du dos droite, un ventre bien développé, une croupe plus droite et plus large.
Aire géographique. — La région normale d'habitat de ce type ne comprend guère (|ue la partie de l'Europe occidentale connueautrefois sous le nom de Gaule celtique. Quehiues familles de cette race ont pu être importées en divers points de l'Europe où on les rencontre actuellement, la plupart du temps croisées. Sanson établit ainsi l'expansion de ce type :
Partie de son berceau au nord-ouest de l'Europe, cette race s'est étendue vers le sud jusqu'à la Gironde, vers le centre
rORCS. — RACE CELTIQUE
jii><jirà sa liMu onlrc an PlaliMU coiilial avrr un autre type ; vci's Vi'M rlU' a gagne la Belgique, la IloUanch', les foi-èls de la ( ici inanit^ ; son ex[)ansion vers le nonl a embrassé les Iles l>rilaiini(|iies, la Suède, la Norvège, ele. ; l llalie se[>lentrionale ctcenU*ale offre eniin des spécimens de ce type. D après Cornevin, la race porcine à oreilles pendantes serait originaire d'Asie et la race européenne autochtone serait le type ibérique à oreilles dressées. En réalité, on rencontre côte à côte les types à oreilles pendantes et à oreilles dressées dans la plupart des pays occidentaux : en Angleterre, en Suède, en Daneniark, en Portugal, en Belgique, Bretafme. En r<''SU!né, l'aire géogiaphi(|ne acluelie de la race celliqiic conipi'end une hiimie drlei re dont le 4H'' degré de latitude ti'ace la diiection généiale. Elle jiai t de la Russie, passe par TAllemagne, les provinces rhénanes, la Suisse du Nord, remonte en Danemark et en Suède, se retrouve en Hollande, en Belgifjue, quelque peu en Grande-Bretagne, englobe le tiers nord de la France, descend dans le sud-ouest et vers le Portugal, les Açores etFItalie du Nord; sur une grande partie de ces régions le type pur a subi Tinfluence de divers croisements, notamment en Angleterre, peuplée aclnellenient de métis.
Variété Craonnaise. — flette variété porcine tire son nom de la ville de ('raon anondissement de C.liàleau-Gonthier, Mayenne), aux environs de laquelle son élevage a été Tobjel de soins attentifs; elle peuple actuellement les départements voisins (Maine-et-Loire, Loire-Inférieure, Vendée, Charente- Inférieure, Vienne, etc.). Ën raison de leur haute valeur, des sujets craonnais ont été importés dans les diverses régions du Centre et du Sud-Est ; à Tétranger, son exploitation est également active et elle s>st notamment implantée en Suisse depuis (juelques années (tig. 78, 79, 80).
On désigne encore les variétés dérivées de ce type sous les noms de lace mancelle, angevine, poitevine, (int/oiinioise, et<\
Le porc Craonnais se distingue par Tampleuret la longueur du corps, ainsi que la brièveté des membres et la réduction de la tête. Certaines truies mesurent plus de 2 mètres du groin à la naissance de la queue, la taille à Tépaule n*étant que 0^,91. La poitrine est haute, les membres courts, la tète moyenne,
VARIÉTÉ CRAONNAISE.
avec un ^'roin large ; l'oreille, toujours développée, doit être bien cassée, pas trop épaisse et plaquée latéralement de façon à laisser l'œil libre. La ligne du dos est droite, la queue relativement longue mais presque toujours déroulée avec un fort boufjuet de soies ternes ; les extrémités sont larges, les onglons
(Plioto^T. Cil. Bodmeré)
Fig. 78. — Truie Craonnaisc.
forts, les soies épaisses, longues, droites ou faiblement ondulées sur le dos, la peau est rosée (lig. 78).
Indépendamment de sa conformation parfaite, le porcCraonnais a gagné beaucoup en précocité bien que la variété soit en général bonne marcbeuse. On obtient beaucoup de chair proportionnellement au lard et la viande est de goût très lin. Bien nourris, les porcs Craonnais pèsent 70 kilogrammes à six mois et 150 à 250 kilogrammes vers douze à quinze mois ; certains sujets adultes dépassent 300 kilogrammes. Sur les marchés, les porcs de cette variété sont recherchés et payés Ofr. 10 de plus que les autres variétés.
Lesvariétés mancelle, poitevine, angoumoise, présententles
mêmes caraclères et les mêmes apliludes que les Craonnais, la conformation est moins parfaite, la précocité moins manifeste selon les milieux. Des traces de croisement avec les su-
jets anglais sont parfois visibles, mais dans Tensemble ces populations porcines se rattachent nettement au type craonnais.
Dans la région de (îraon, Fengraissement et l'élevage sont également prati(iués^ mais la production des porcelets augmente sensiblement d'importance.
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VAEIÏTË CRAONNAISB
Au début du siècle dernier les gorets naissaient à des époques déterminées ; les truies étaient conduites au verrat en décembre, janvier ou février, les naissances avaient lieu en
mars, avril ou mai; dès la Saint-Jean (24 juin) les porcelets «''(ai»'ii( rans sur le niaich»' ; arliiellement et par suite île la il»'rnan<le de plus t'ii plus consith'rable, les naissances s'échelonnent toute Tannée avec une légère accalmie cependant en été.
Les foires du printemps qui se iiennenttous les quinze joui^ à Craon, présentent un nombre élevé de porcelets qu'on peut évaluer en totalité à 3000 environ ; ces jeunes animaux sont rapidement vendus et expédiés en Anjou, Bretagne, Poitou, Charentes et même en Lorraine, en Suisse, en Espagne, en Italie, en Tunisie.
Les portées étant nonibi-euses, Téleveui' a ainsi une grande facilité pour t'xercer une judicieuse sélection.
F*our les \errats on recherche les sujets à téle petile. au menton iin, à cuu réduit, caractères indiquant la légèreté de de l'ossature. Les épaules seront larges et bien pleiîjes, le dos recliligne, la côte ronde, le flanc court, la poitrine développée, le corps cylindrique ; les testicules seront apparents et bien conformés (fig. 80, p. 370).
Les truies présenteront dans leur ensemble ces mêmes caractères, on y ajoutera la présence de mamelles nombreuses Tolumineuses, régulièrement es|)acées et le développement de l'abdomen e( du bassin. Les porcclcls non «Icslinés à la reproduction sont castrés de la (pialrième à lahuiticine semaine et sevrés entre sept à huit semaines ; ils pèsent alors de 24 à 25 kilogrammes ; à neuf semaines ils atteignent 35 à 36 kilo* grammes.
Les jeunes verrats commencent la monte à cinq ou six mois ; pour les sujets de choix on attend Tâge de huit mois et on espace les saillies.
L'alimentation des mâles est abondante et riche, en évitant toutefois de pousser à l'engraissement; durant la monte on ajoutt' aux rations de l'avoine concassée, du sarrasin, <lu petit blé, du pain et en outre de la farine d'orge, de la pomme de terre additionnée de petit-lait.
Les ven*ats sont d'autant plus prolifiques qu'ils sont jeunes ;
370 PORCS. — RACE CliLTlQUE.
on les réforme en général vers deux ans ; à cet âg^e d'ailleurs ils deviennent lourds el méchants. Les saillies dun bon reproducteur se paient 2 fr. îiO en moyenne et parfois 4 à r> francs.
Afin d'enlever à la chair des verrats réformés le goût particulier qui la caractérise, quelques éleveurs ont recours à la
JMiologr. Cl>. Bodmer.)
Fig. 8U. — Verrat Craonnais.
castration précédant de ([uehpies mois l'engraissement général ; les verrats ainsi réformés ])èsent 300 à 350 kilogrammes Les truies sont conduites au verrat à sept ou huit mois, la nourriture distribuée doit permettre leur croissance et le développement <lu fœtus. La durée de la gestation est de cent dix à cent vingt jours ; dès la délivrance les petits sont successivement enlevés, et placés à un trayon après avoir eu le iiombi il soigneusement lavé, de préférence aux antiseptiques. On a soin de donner les trayons antérieurs, d'une sécrétion toujours plus abondante, aux plus faibles porcelets, chaque sujet garde le trayon qu'il a pris au début (L. Danguy).
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