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VARIÉTÉS ALGÉRIENNES ET TUNISIENNES

vage sont répartis sur les contrôles de Bizerte (1/3 de l'effectif total), Tunis (1/4), Souk-el-Arba (1/7), Bcja (1/7), Le Kef (1/8).

La consommation de la viande de porc, nulle chez la population musulmane et juive, s'accroît à mesure que la popu-

iTIiolu^r. CI). Boduier.)

Fig. 83. — Porc Tunisien.

lation européenne de la Régence augmente, et toute crainte de surproduction doit être actuellement écartée.

L'exportation, dirigée principalement vers TAlgérie et Malte, pourrait se développer; de plus, les colons tunisiens par suite de Tenlrée en franchise (1 000 porcs tunisiens par année) trouveront sur les marchés l'ranrais un débouché avantageux le jour où ils présenteront des produits quelque

peu améliorés et dans un bon étal de graisse (P, llobinel) 1 1).

Les suidés de Tunisie appartiennent presque exclusivement à la race ibérique à oreilles horizontales pointées en avant, et proviennent d'importations dues aux Italiens, aux Maltais, aux Algériens, aux Français; par leur croisement ces variétés ont créé un iy[)e à peu près fixe constituant une race Tunisienne assez homogène caractérisée par une tète allongée, au front étroit déprimé, saillant vers son bord supérieur.

La face est ef'lilée, allon^^'-e, le profil réji^^ulièrenient concave, le irroin est petit, les oreilles étroites, demi-tombantes et dii ii:ées obliquement en avant. Le cou est court, le tronc allon^^é, la ligne du dos droite, les membres longs et grossiex'S, la peau est plus ou moins pigmentée, les soies sont grises, brunrouge ou noir.

Les sujets non améliorés, élevés au pâturage, présentent sur le dos, les épaules et le cou une sorte de crinière aux soies dures et grossières.

La race est vigoureuse, rustique, bonne marcheuse, mais

les masses musrulaires sont insuffisamment développées, la conl'oi malion peu régulière, (les porcs sont tardifs et ne pèsent guèi e à dix-huit mois (jue C;j à 80 kilogi animes, avec un rendement de 72 à 75 p. lUO en chaii' comestible.

Le régime général comporte la liberté complète, eu troupeaux surveillés par un gardien; pâturant, ces suidés se noui^ rissent de racines, de bulbes, champignons, glands, insectes, mollusques, etc., qu'ils trouvent en défonçant le soL Un règlement spécial détermine les conditions de la dépaissance en forêt, la redevance est fixée à 0 fr. 30 et la possibilité à 1 porc pour 10 hectares.

Saillies vers la tin de la première année, les truies donnent 2 porlé<>s de 7 à 8 petits clunpie année; Tallaitement dure de six semaines à deux mois; les poicelets nés au printemps ou à [ automne sont envoyés au pâturage à quinze ou vingt joui s, où ils trouvent eux-mêmes leur nourriture ; ce changement brusque de régime alimentaire compromet souvent le déve-

(1) P. Robinet, Journal de F Agriculture, 7 décembre 1901, p. 898 et 11 janvier 1902, p. 68.

VÂUIt;TËS DU LIMOUSIN ET DE LA BRESSE.

loppeinent des jeunes. Les mâles sont castrés à deux mois,

les femcllt's un [n'u plus lard.

Los porcs sont vendus à dix-huit luoiscl il n'est pas rare de voir les cliaicutieis .L,'arder ces animaux pour les en«:raisser avec les aliments <[u ils trouvent à bon compte dans les quartiers populeux ; le poids s'élève alors de 60 à 70 ou 80 kilogrammes.

L'exploitation des porcs en liberté, dont les résultats peuvent éti'e remarquables, demanderait cependant à subir les perfectionnements suivants.

L^époque des saillies devrait permettre exclusivement la naissance des porcelets en mars-avril et septembre-octobre ; les jeunes sujt'ts acipierraient ainsi une forre suftisantc |)our résisleraux rhaleurs estivales ou aux pluies do l liivei'; pnui' y parvenir les verrats devraient être séparés «lu troupeau. LU simple abri devrait être édilié pour les truies au moment de la mise-bas ; enfin on ne devrait conserver que 5 ou 6 porce» lets par portée afin de faire une utile sélection parmi les jeunes sujets, les truies nourrices recevraient un supplément de nourriture à leur retour du pâturage : déchets de céréales, orge, son, figues; après le sevrage les jeunes sujets devraient aussi être soutenus par une alimentation rationnelle; entln, au moment de la castration on ne conserverait comme repro- <lucteurs (|ue les sujets ]»'s mi»'ux réussis, (les uKidrs de sélection et «ralimenlation intensive itermetiroiil snils le perl'eclionneiiienl de la variété, les conditions mêmes de l'entreprise doivent l'aire rejeter toute tentative (réleva<:e de variétés améliorées moins rustiques ou même de croisement avec ces mêmes races.

Variétés du Limousin, de la Bresse et du Daupbiné,

Dans ces l'égions du centrée! du sud dt; la Krance, Télevai:*' du porc est larj^ement pratiqu»', et alimente non sciilomrnt la consommation locale, îiiais les ^M'ands centres, Pai'is nolaiiiiiient.

Ces porcs présentent une livrée blanche avec deux taches noires sur la tête et la croupe; la tache sur la tête peut aller jusqu'au.x épaules ou bien se réduire à une plaque entre les

394 POHC?. — RACE IBÉRIQUE.

deux oi'eilles,àraiilre<'\(n''mitélapigmenlalion|H'ul embrasser toute la croupe ou se localiser sur une fesse seulement ; dans le Limousin on s'attache à reproduire les deux pij^mentations ant»''rieure et postérieure. L'envahissement des colorations blanches tient aux croisements etfectués avec la race celtique

t'tiolo/r. Ch. Bodmer.)

Fig. 84. ~ Verrat Limousin.

dont les porcs du Poitou constituent les représentants les plus proches.

Les soies sont assez douces, peu abondantes, elles forment sur la ligne du dos, deux épis, Tun à la nuque qui peut constituer une collerette, l'autre sur lacroupe formant unerosace; dans le patois limousin on appelle reboulc le premier épi et virade le second.

Les deux grandes taches noires <le la tète et de la croupe sont les i'cufisnns; on remarque également des taches plus petites gris clair ou gris foncé dénommées truitures ; les poils des truitures sont blancs, tandis que les productions pileuses des écussons sont toujours pigmentées.

VARIÉTÉS DU LlMOUSliN ET DE LA BRESSE. 395

Les porcs limousins s'enj,'raissent facilement et pèsent ordinairement 150 kilogrammes. On obtient des sujets de 250 kilojL,'rammes; il se fait un commerce très actif de porcs à Saint-Yrieix (fig. 84 et 85).

Le porc limousin emprunte au type ibérique sa tète étroite,

iPholii^T. Ch. Bodmcr.)

Fig. 85. — Truie Limousine.

à chanfrein droit ou légèrement curviligne, les oreilles horizontales pointant en avant, de longueur moyenne, minces et étroites.

Pour maintenir dans leur pureté les cai'actères de race un livre généalogique a été créé en 1894. On exige la présence des écussoiis, des truitwcSj de la viracle, du reboulc. La tète doit être conique, le chanfrein droit, l'oreille mince, étroite, horizontale, les extrémités, nez, oreilles, tète, queue et pattes fines et minces, le rein dioit, les cotes très r-elevées.

L'amélioration du type se poursuit par sélection des repi oducteurs au moment du sevrage; on choisit les jeunes sujets mâles d'aspect vigoureux présentant une poitrine et une

croupe Itrges, un dos légèrement arqué, ce dernier signe étant considéré comme un synipiùme de force et de santé, le corps court, la ({iieue haute et bien vrillée; pour les truies on

recherclicia les sujets à poili ine et à hanches larges, à rein long a\pr les mamelles nombreuses et bien inaïquées.

Ces animaux <le rlioix sont isolés, bien nourris, sans éh e engraissés eependaut el ne aoiil livrés à la reproduction qu'à huit ou dix mois.

La viande du poic limousin, d'un beau rouge foncé tendre, sans infiltration de lard, est très estimée pour son goût et sa haute valeur nutritive.

Le lard est d'un blanc de marbre, ferme, homogène, fondant, sans trace de vaisseaux ni de sang. A Tinverse du lard anglab légèrement ambré, mou, grumeleux, il n'est jamais liti versé de rouelles de viande (pii fac ilitent l altération du ju'oduit. On fait s(Milement à celte viande le reproche d'éli'e facilement atteinte de ladierie, mais cette particularité parait plutôt tenir à une surveillance insuliisante, à Saint-Vriei.v les porcs étant langueyés publiquement sui' le marché par des opérateurs d'une compétence discutable et d'une loyauté douteuse (Dr Ëscorne) ; dans les régions avoisinantes du Limousin le languey$ige est même rejeté de la pratique courante, il serait intéressant de voir des règlements précis assurer à Télevage limousin la réputation que mérite la qualité indiscutable de ses porcs.

I.e race a gagné sensil)l<>menl en préoM-ité. Autrefois on engiaissait les jxmcs à trois ou (|uatreans, aujourd'hui on j>eut commencer à (juinzc ou ^ing^ mois; cette précocité pourrait d'ailh'urs saccroitre grâce à une alimentation plus substantielle des mères et des jeunes gorets à l'époque de la croissance, et grâce à la substitution des topinambours, des choux aux feuilles de betteraves et aux fraudes de fougère.

La variété Bressane présente des tiaces de croisements avec les variétés celli(iues, la tète est relativement forte, le dos un peu voussé, le coi jks légèrement aplati. Les membres longs et grossi ei's font de cette variété une population foi te marcheuse, rusli(|ue mais peu précoce; les truieî> îont fécondes et bonnes lailières.

VARIÉTÉ LORRAli^E. 397

Les [MUTs hressatis aniveiit au jmids vit de 100 à i:iO kilograniines, la chair est un peu grossière; le régime général esl celui de la pâture en liberté (Dombes) ou Fentretien à la porcherie. La Bresse et le Dauphiné sont les grands pourvoyeurs du marché de Lyon.

Variétés du Périgordy du Quercy et du Rouergue,

La i<»l»t» de ces porcs esl pie-noire, sans localisation spéciale dfs taches noires (|ui peuvent parfois se présenter sur le milieu du corps et sont recouvertes souvent d'un mélange de soies noires et grises. On rencontre des sujets entièrement gris et d'autres truités. D'après les conditions d'alimentation et le mode d'élevage, la taille et le poids varient. Les porcs du Périgord étaient autrefois utilisés à la recherche des truffes.

Variétés de la Bourgogne^ duCharolais,du Bourbonnais,

(-es suidés se difîérencient drs piécédents par une pij^nnentation moins étendue ([ui n est ([uelquet'ois représentée que par une petite tache à l'extrémité du groin, sur une oreille ou à la base de la queue; même lorsque les taches sont étendues, la pigmentation nlntéresse parfois que la peau, les soies sont blanches.

De nombreux croisements ont été effectués avec les races

anglaises, de sorte que ces populations porcines ne présentent pas l'homogénéité des Bressans, des Dauphinois ou des Limousins. L'Yorkshire esl piincipulement utilisé cotnme reproducteur et exagère encore la tendance à la disparition des taches noires.

Variété Lorraine.

En Lorraine, en Âlsace, en Belgique, dans le Luxembourg, en Allemagne, les races porcines de type ibérique se rencontrent avec les races de type celtique. Les variétés de race ibérique se présentent dans ces légions avec une livrée uniformément blanche, le corps est mince, les membres élevés.

La chair est estimée et son cKploilalion en faveur. DiPPLOTH. — Zootechnie. m* 23

398 POnCS. — RACE IBÉRIQUE.

Variétés de la Gasgogne, du Languedoc, du RoussUlon

et du Béarn,

La conformation, variable suivant les ressources agricoles des centres d'élevage, est dans Tensemble moins améliorée que celle des types précédents ; les populations porcines du Béarn sont cependant réputées et peuplent les départements des Hautes et Basses-Pyrénées. .

La robe est noire et blanche, le noir prédominant; les membres sont un peu longs, mais le corps cylindrique. Le régime du j»à(ui age à Tair libre indique une variété rustique, niais un jx'u tardive. Le lai d est [)eu t' pais, la chair savoureuse a contribué à étendre la réputation des jambons de Bayonne et d Orttiez.

Variétés Suisses.

Dans le canton de Fribourg, autour de la ville de Payerne, existe une variété porcine, dite race de Payerne, rappelant les romagnols par la couleur rougeâtre de la livrée. Ces porcs

sont largement utilisés à cunsomnier les résidus de la fabrication lioniagère; cette variété est destinée à être absorbée par croisement.

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