‹ Zootechnie; mouton, chèvre, porcChapitre 39 sur 168 · RÉCOLTE DE LA LAINE · texte numérisé non relu

RÉCOLTE DE LA LAINE

rations économiques font préférer une seule tonte annuelle»

les laines longues se vendant un prix plus élevé.

Il n'y a guère que les pays méridionaux où la toute se prati(|ue deux fois par an, pour que la toison ne puisse incommoder le mouton.

On clioisil, pour l'époque de la tonte, la lin du printemps, ou le début de l'été, en juin ordinaii^ment, alin que les animaux dépouillés de leur laine ne soient pas exposés aux refroidissements. Si des pluies prolongées surviennent ou des froids imprévus, le troupeau devra être maintenu à rétable.

Dans certaines régions, on lave les moutons avant de les tondre (Mérinos de la Bourgogne et de la Champagne), la laine lavée à dos se distingue ainsi de la laine en suint y récoltée par les j)rocédés ordinaires (Mérinos du Soissonnais, de Brie, (le licaure). Ce lavage nécessite la proximité d'un couis d'eau peu profond ou des installations paitirulières, il doit être, entrepris avec précaution, les animaux pouvant soullrir de refroidissements brusques et la laine étant parfois dépréciée par une dessiccation trop rapide.

Les laines lavées à dos sont payées ordinairement le double des laines en suint ; on estime que la perte de poids est de la moitié, mais ces règles, trop générales, sont défavorables aux éleveurs qui entretiennent des moutons en stabulation, car leurs laines ne perdent pas 50 p. 100 au lavage ; elles sont au contraire avantageuses pour les propriétaires de moutons allant paca<;or le long des routes, dans les broussailles, la perte de poids dépassant la moitié et atteignant 72 p. 100.

Le commerce s'exercerait sur des bases plus rationnelles, si les transactions portaient uniquement sur des laines lavées; comme la pratique du lavage à dos est subordonnée à la température et peut occasionner quelques cas de pneumonie, pleurésie, etc., il serait préférable de généraliser le lavage des laines après la tonte.

Le commerce des laines a manqué longtemps de règles pratiques et judicieuses. Les toisons coupées sont enroulées, l'extrémité libre en dedans et déposées en un endroit obscui'. Alin d'éviter l'attaque par les teignes, etc., l'éleveur s em-

6^ PRODUCTION DE LA LAINE

presse de traiter avec les intermédiaires qui parcourent les

campagnes et imposent leurs appréciations aux vendeurs peu au courant de la proportion des morceaux de diverses qualités.

U serait avantageux, pour le cultivateur, d'opérer lui-même le conditionnement des toisons. Le triage des bas morceaux ou déchets, des morceaux de diverses qualités permettrait d^apprécier à la balance le poids de chaque lot et les prix seraient ainsi établis en toute équité. L*éleveur trouverait également dans ces pratiques un contrôle sérieux et une aide sûre pour la sélection du troupeau au point de vue lainier.

L*établissement des marchés à laine à Dijon, Reims, Roubaix, etc., a d ailleuis permis le libre jeu des cours, par suite de la suppression des intermédiaires et des spéculateui*s.

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