‹ Zootechnie; mouton, chèvre, porcChapitre 53 sur 168 · MOUTONS. — RAGB DES PAYS-BAS · texte numérisé non relu

MOUTONS. — RAGB DES PAYS-BAS

Variétés Hollandaises.

Il existe deux variétés hollandaises; la première peuple Tile deTexel et quelques rr^nons de la Hollande septentrionale; la seconde habite les pàliirages des digues de la Zélande où il n'est pas rare d'en rencontrer de nombreux troupeaux.

La taille <le ces sujets est moyenne, le squelette est grossier et la conformation manque souvent de correction, les gigots sont plats. Peu précoces, les moutons hollandais pèsent en moyenne 70 à 80 kilogrammes quand ils sont gras, la viande ést de médiocre qualité. La toison, longue et grossière, composée de brins d*un diamètre élevé, ne présente qu*uhe faible valeur.

(Ms Aries hibemica.

Caractères zootechniques. — La hrachycéphalie est très nette, le Iront large et plat avec des arcades orbilaires saillantes. Les chevilles osseuses ont une base lar|,^e, en triangle équilatéral, et se contournent en spires rapprochées/Les os du nez, à peine arqués vers leur partie moyenne, sont étroits et unis en voûte plein-ceintre ; la face est courte, triangulaire, à base large. La taille est comprise entre 0"*,60 et 0"^,70. La race dans son ensemble étant améliorée à divers degrés, le squelette est fin, les membres courts, le corps ample avec des gigots bien formés, la précocité est manifeste. La tète est fine avec des oreilles petites ordinairement dressées.

Un caractère des plus remar<i(ial)les est constitué par la pigmentation de la peau, soit unil'ornicment, soit par taches suivant des nuances noires ou ardoisées ou cuivrées. La tète et les membres sont toijyours teintés.

La toison s'étend jusque sur le front et les joues, elle couvi*e le ventre et descend jusqu'aux genoux et aux jarrets. La laine, formée de brins irrégulièrement frisés d'un diamètre de 0'"^,02 environ, appartient à la catégorie des laines courtes, sa nuance est blanc-gris, les toisons brunes sont réputées comme peu résistantes.

Pouvant s'accommoder des pâtures en sols maigres, cetterace supporte mal Thumidité, son aptitude à rengraissement, ses rendements élevés, la qualité de sa chair la placent au premier rang parmi les animaux de boucherie.

Aire géographique. — De tout temps les moutons paissant sur les pâturages des dunes calcaires du sud de TÂngleterre et de rirlande étaient renommés et connus sous la dénomination de race des Dunes {Down^ en anglais). Partie de ce centre originel, cette population ovine à gagné les sols de composition analogue dans les comtés de Surrey, Oxford, Worcester, Shrop, et même jusqu'au pays de Galles. l'Irlande

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occidentale et les hautes terres de TÉcosse. Son aire géographique en Angleterre s'étend nettement^ la race des Dunes refoule vers Test et le nord-est la variété du Kent et finira probablement par s'emparer de toutes les terres assainies du centre de PAngleterre, chassant devant elle la variété Oishley.

Des importations successives ont réussi à créer en Europe des lioupeaux assez nombreux mais disséminés.

Variété Souihdown.

La dénomination de Southdown (Dunes du Sud) indique l'habitat de cette variété qui peuple les collines calcaires s'étendant au sud de l'Angleterre sur une longueur de 80 à i 00 kilomètres et une largeur de 6 à 8 kilomètres dans les comtés de Sussex, llamp, Dorset, etc.. Parmi les exploitations agricoles situées au pied de ces dunes on élève de 800000 à 900000 moutons, entretenus l*hîvei* dans les bergeries et [)aissant Tété les lierbes fines et saNoureuses des dunes calcaiies.

t.e ly[>e priniilif était de ]»ellte taille, d un ]M)ids peu élevé voisin de 2") à 30 kilogianinies et à toison IVéquemnient îioii-e ; les mâles portaient de lorles cornes, le cou était lonj; et mince, la poitrine étroite, la croupe courte et avalée, les membres relativement hauts; les moutons passaient pour très rustiques et ti^s sobres mais peu précoces, Tengraissement ne pouvant avoir lieu avant trois ou quatre ans.

La toison fpeu tassée, en mèches courtes, pesait à peine i^B'^^OO à 2 kilogrammes ; la viande de ces sujets était réputée pour son goât fîn.

Les Southdo>Mi l'ui'ent tout d'abord l'objet d'un élevage attentif et l alionnel dans le Sussex, leur pays oriijinaire : errâce ^u\ ellorls (le John l^liniann de dl ynd(\ ces ovidés piésentéi'ent sous une taille réduite une correction de formes déjà remar- ■quable. \a véritable créateur du « type Southdown » fut sans conti edil .lonas Webb. J. Webb naquit le 10 novembre 1796 à Oreat Turlôw dans le comté de SulTolk, sur les contins du Cambridgeshire ; c*est seulement en 1822 que cet habile éleveur commença sa carrière agricole en devenant acquéreur de la ferme de Brabakam, à 15 kilomètres de Cambridge. La race ovine

VARIÉTÉ SOUTpDOWiN.

e.\i»loit*'e dans la région était rancienne race de Norfolk. Jonas Webl) avait acrjuis, par des essais déjà réalisés par son père, la conviction que les moutons Soutlidown étaient seuls capables, sur une terre médiocrement fertile, de produire par hectare la quantité maximum de viande et de laine; à l'aide de reproducteurs achetés parmi les meilleui*s troupeaux de

Fig. 28. — Bélier Soulhdown.

Sussex, il constitua ainsi un petit troupeau de Southdo>vn (|ui servit de hase à son élevage.

L'amélioration se poursuivit d'après h'S règles de la sélection la plus rigoureuse, aidée de la consanguinité et d'une alimentation intensive.

Afin d'éviter les inconvénients d une consanguinité trop élioite, J. Wehh avait eu soin d'acheter les reproducteurs du

MOUTONS. -7 RAGB DBS DUNES

Sussex parmi cinq familles différeDtes, et il s'efforça de toujours délimiter dans son troupeau cette distinction en cinq sangs différents.

11 faut noter également une curieuse pratique « d'appareillement » des mâles et des femelles, unis dans le but de corriger

les défauts réciproques. Les brel)is étaient réunies en jilusieurs lots, cluique gioupe présentant des caractères semblables de conformation, de précocité, etc.; on choisissait pour chaque lot le bélier possédant les qualités qui manquaient aux brebis (iig. 28).

La réussite de ces efforts fut d'ailleurs aidée par l'habileté de J. Webb, sa puissance d'observation et ses qualités exceptionnelles d*adresse et de persévérance.

C'est seulement en 1840, après dix-huit années de travail continu, que J. Webb montra ses moutons en public et put commencer la série de ses succès de concours. En 1856, à Texposition universelle de Paris les Southdown attirèrent rattention irénérale et .1. Webb fU cadeau à Napoléon 111 de son bélier primé dont il avait refusé Unu guinées (13 125 francs).

L'élevage de Brabakam comprenait un troupeaude 700 brebis mères et d'un même nombre de jeunes agnelles; on comptait environ 400 béliers de difFérents âges parmi lesquels étaient choisis les sujets que J. Webb louait chaque année aux enchères au mois de juillet, quelques jours avant le concours de la Société Royale d*agricuUure. Ces enchères étaient prétexte à des réceptions où J. Webb pratiquait Thospitalité la plus large et la plus généreuse; tout adjudicataire d\in bélier pouvait, en doublant le prix de location, devenir propriétaire de l'animal. Les prix moyens de location étaient de 050 à G90 francs par téte ; certains béhers de choix se louèrent jusqu'à 4 UOO francs.

En 1800 J. Webb prit la résolution de vendre tout son troupeau; les 9G7 moutons produisirent la somme de 270677 francs, soit près de 300 francs par tète.

Le Southdown amélioré par J. Webb présentait une confort mation irréprochable ; Tancien type des Dunes du Sussex s^était développé, amplifié (fig. 29), le devant était plus large, plus profond, le quartier de derrière bien rempli avec de forts

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