VARIÉTÉ SOUTHDOWN
gigfots, Tossature était fine, la précocité accusée. L'habile éleveur avait également porté ses soins à l'amélioration de la laine, les toisons étaient assez lourdes, la laine ferme, de bonne qualité, les brebis donnaient en moyenne 2''k'",500 de laine lavée à dos et les béliers 4 kilogrammes. J. Webb réfor-
Fig. 20. — Bélier Soulhdown.
niait les animaux dont la première toison, l'agneau n'ayant pas été tondu, ne pesait pas 7 livres.
Le sang de Brabakam a toujours été considéré comme le plus pur et le plus recherché; c'est à ce troupeau que le comte de Douillé puisa ses reproducteurs lorsqu'il créa l'élevage de Villars près Nevers.
i'J.ù MOUTONS. — HAGK DES DUNES.
Los b'oulhdow 11 iir<'siMi(('nl jiiijoiiid liui un (l'onc aiiipli', (raj>ii, pi«'s Icri'.^; I ' dos rsl dioil rt luiiro, la crouix' dioito, l»'s miMiihrcs rouris et lins, 1 ossature très réduile, la tèle line, le cou court.
La raro aperdii sonsiblement do la taillo sous rinfhionce de cette évolution. Les t'emelles ont de 0»,55 à 0*",60, les mâles 0'*,65, mais les poids virs s élèvent à 80 ou 100 kilogrammes chez les mâles dès Tâge de douze à quinze mois, et 60 ou 70 kilogrammes chez les femelles ; les rendements en viande nette ne sont jamais inférieurs à 60 p. iOO, la viande alleiut ios prix les plus élevos sur les marchés <Ip Londres.
La laine, coinpos»'»*» d(» bcins do 0""',02 d épaisseur on nioyonno, osl si'cIh', cas^anto <«( do peu de valeur; le poids de la toison altoinl 2 à 3 kilo«;ranuni'S.
Bion qu ayant perdu un peu de sa rusticité d'autrefois, la variété Soutlidown peut encore s^accommoder des situations médiocres ; elle est sujette au coryza.
Les Southdown se sont répandus en Allemagne, en France où cet élevage se pratique dans les conditions les plus favorables.
Variété de Suffolk.
L aiicicn lypi' du inmilon du Ntulnlk, du ('.anîl)rid«:e, du SufFolk était i ii-liqno et fort ; it's drnx sexes présentaient des cornos; le <nrp.s ample, volumineux, à meml^es lon.v's et vigoureux, était convoi l de toison tassée, à brins de moyenne longueur, la viande était très appréciée.
La variété de Norfolk a été lentement repoussée vers les régions élevées et remplacée par la race locale dite de Suffolk qui paraît résulter du croisement de bi*ebis Norfolk armées de cornes avec des béliers Southdown améliorés.
A. Young vante, en 1797, les (jualités de la laine et de la viande <les montons exploités et ajoute : u (lommetes plus fameux troupeaux élaionl aiiloiirdo nury-vSainl-lCdnninds, c'est avi'c raison qu'on a dési<:né ces animaux sous le nom de race de Su/folk >>.
Lo typo ainsi constitué présentait la roi roi lion et rampleur «les iormes du Soutluiowu alliées à la rusticité et la saveur de viande du Norfolk.
VARIÉTÉ DE SUFFOL&.
Li\N croisemeiils furent vi aiseml>lal)l<'menl t'niropris de INOO à 1850 et le lype est ai'luellement parrailement fixé. I.es avantages quecesovidés préscnleraienl sur les 2>.outhdowD seraient la plus grande largeur (1/3 en plus) et longueur du corps, une plus grande fécondité, une constitution robuste et uoe viande sans égale (1), peu garnie de graisse. Il faut observer cependant que les Suffolk sont plus batits sur jambes que les Southdown, rossature est moins fine.
La couleur des membres devient noire de jais sur les côtes du Suffolk <jui semblent être leur terre de prédilection.
Dès 1886 était inslituée une société spéciale iSulFoIk Sheep Society), deslinée à niaintenii- la supérioi i'é de l'élevage et à publier un Hoock-iioolL qui comprend aclueliemeut 2000 inscriptions.
La « Sulï'olk Sheop Society » applique dans ses concours la métbode des points dont nous avons déjà vanté les avantages. L'établissement de ces cotes nous permettra de distinguer nettement les caractères typiques du SuiTolk.
Points.
Tête : Sans cornes. Face noire et lonpjue, bouche assez fine, surtout chez les brebis (une petite (piantilt' de laine d'un blanc pur sur le front Ji'esl i>as une incorrertionk ( Wcilles
d<? moyenne lun^'ueur, noin's, de texture di-llralc Yeux
grands, clairs et brillant;^ 2li
Cou : Bien attaché, de longueur moyenne 5
Épêule : Large, inclinée S
Poitrine : Ample et profonde 5
Dos et reins : Longs, plats, bien couverts de muscles. Queue
Iar^?e, attachée haut, cuisse épaisse bien descendue .... 20 xJambos et pieds : Droits et noirs avec un scjuclultc mince
et fin, couverts de laine au niveau du ji^cfiou et du jarret.
Jambes de devant bien écartées. Jambes de derrière bien
remplies de viande 20
Veatre {et scrotum chez les béliers) : Bien couvert de laine. 5 Toison : Serrée à brins fins, de moyenne longueur, brillants,
sans tendance à s'emmêler ensemble etàse feutrer en nattes. 10 Peau : Fine et souple 5
Total 100 (2)
(1) Lettre de M. le marquis de Bristol, à Ickworth Parle, Bury- Si-Edmnnds (1891).
(2) Nous avons tenu k donner en détail cette échelle de points
LesSulTolk ont «Hé importés t'ii Aiiti iclH', Allemagne, Suisse, 1 rance, Amérique du ?iord et du Sud, dans les colonies an«rlaises, clr.
L'exploit al ion dans la plupart des fermes du SufTolk, du Norfolk et au C4ambridge comprend à la fois la reproduction, rélevage et Tengraissement.
On peut remarquer une certaine tendance à allier aux Suffolk black-faced (à téte noire) des types Gotswold. Le modie de reproduction suivi s*appuie à la fois sur la sélection et le croisement. La sélection s*opère en choisissant les plus beaux béliers et en engraissant toutes les brebis qui paraissent défectueuses. Le croisement se poursuit parfois d'une faron originale : on emploie jtarfois des béliers |)ro\('nant d'un croisement Gotswold el Sutlolk, de sorte (jue les produits sont des métis 14 Cotswold et 3 4 SulFolk. L'époque fixée pour la vente à Newmarket oblige à vendre les agneaux (in février ou courant de mars; la lutte commence donc en octobre et dure cinq semaines. A cette époque le troupeau est au pâturage sur les chaumes, les jeunes trèfles et les turneps ; on lâche au milieu des brebis 4 à 5 béliers qui sont remplacés tous les deux à trois jours;. la monte se fait donc en liberté et on a coutume de peindre le poitrail du bélier en bleu ou en rouge suivant que c'est un SufTolk ou un (Gotswold ; on se rend compte ainsi, gi àce aux marques laissées surl'arrière-train ih'< bicbis, des types unis et du nombre de saillies efTectuées pal- cliaijue mùle : mais pour assurer des sailli«'S fécondes on laisse les brebis en troupeau, de sorte qu'il en résulte, en dehors de l'épuisement des màb's, une certaine incertitude au sujet des alliances des brebis présentant à la fois les marques bleue et rouge.
Durant la gestation les brebis suivent le régime général ; les parturitions doubles sont très fréquentes et un troupeau de 200 brebis donne en général 300 agneaux; les éleveurs attribuent ce résultat à remploi de l'avoine consommée au moment de la lutte.
parmi tant d'autres employées en Angleterre, pour bien marquer avec quel soin attentif et raisonné les éleveurs insulaires poursuivent l'amélioration de leur bétail ovin.
VARIÉTÉ SnaOPSHIREDOWN.
Pendant les huit premiers jours les agneaux seront placés dans les prés avec leurs mères qui reçoivent comme supplément de ration du tourteau de lin ; on les met ensuite dans les
champs de fuurragos verts en commenrant par les ray-gi'ass. L'amputation de la <}ueiie et rémasculalion sont })iati((uéos à l'âge de trois semaines. Irès h'wn nourries, les brebis allaitent parfois leurs deux agneaux; le sevrage a lieu tin juillet, le lait des mères tarit et les jeunes s'accoutument graduellement au régime végétal ; conduits sur les fourrages disponibles, ils sont ensuite vendus à Newmarket au prix de 30 à 45 francs.
Les sijgets conservés suivent le régime général des moutons, mais en restent séparés jusqu'à Fâge de dix-huit mois.
Le régime du troupeau comprend Fexistence aux champs nuit et jour toute Tannée, la rusticité naturelle du type permet ces conditions d'existence ; les haies d'aubépine et d'églantiers seules les protègent du vent et des pluies.
L'alimentation (•onij)rend des fourrages verts l'été, des turneps et des rulabagasi hiver ; les animaux à l'engrais reçoivent des tourteaux.
La laine est lavée à dos dans la dernière quinzaine de mai et la tonte a lieu quinze à vingt jours après ; le poids moyen d'une toison est de 2^^,i^ (L. Dubois).
Les Suffolk alimentent les marchés de Falkenham , Norwich, Ipawich, Newmarket, Saint- Yves, ainsi que le « Caledonian- Boad-Market » de Londres, leur viande estimée trouve toujoui's ; acquéreur à des prix élevés.
Actuellement les éleveurs anglais tendent à am^diliei' la confoi nialion du Suilolk et à ohtt'nir des sujets très gros et très lourds; par des croisements avec le Shropshire on essaie d'augmenter la toison sur la tète. La viande est abondante surtout aux cuisses, le dos est moins hon; la variété est en résumé d'une exploitation avantageuse pour la boucherie, à la condition de l'alimenter largement.
Variété Sbropsbiredown.
Les ovidés Shropshire sont de plus grande taille et de conformation plus massi\e (jue les ^oullidown, qualifiés parfois
ironiquement par les Anglais eux-mêmes do «< arislocratique type »), (le « fashionnable race ».
Un dit encore couramment : le Southdown est le mou-
Fig. 30. — Mouton Sliropsliirodown.
ton du lord », le Shrop est « le mouton du jiaysan ».
Le type originaire des Sluopshiro paraît provenir des ov idés des comtés de Slirops, Sti alloid. (lannock Chase dans le SlraU'ordsliire était le séjour d'une variété de moutons amples et lourds d'où descendaient les meilleurs troupeaux actuels, améliorés pai' s«''lerlion attentive; c'est ainsi que le défaut d'une légère faildesse en arrière de l'épaule a été complètement
corrigé. La renommée de ce type s'établit dès 1850, après son exposition dans le Royal Skow Ya^d dé Gloucester; c'est seule- ' ment en 1859 que la Royal AgriculiuralSaciely d'Angleterre attribua une catégorie spéciale aux Sbrop qui représentent actuellement la populalion ovIik; la plus considérabhMrAngleterre: Les moutons Shropshiiv senihlent jouir actuellement d'une certaine faveur dans les réirions à culture intensive et à climat variable où d abondantes ressources fourragères sont disponibles.
La toison est fine et compacte ; le corps long, profond et large; la viande de bonne qualité; l engraissement facile et la précocité assurée; les brebis sont prolifiques et la variété dans son ensemble est rustique et résistante ; le type est actuelle-^ ment fixé et parfaitement homogène.
Le bélier Shrop doit présenter une téte bien développée avec un cou musculeux, un corps ample et régulièrement conformé ; la peuu doit être de couleur « cerise » ; le museau et les pieds « noirs » et non « couleur <le suie » ou <' l ouille brune » sans taclies blanches, la lèle est garnie de laine. On écarte de la reproduction les sujets à laine noire ou à peau brune. La toison est de bonne qualité (lig. 30 et 31).
La variété est rustique et proli(i<{ue ; on obtient en moyenne 150 à 175 agneaux pour 100 brebis, Tallaitement se poursuit aisément. Les Shrop sont précoces et les moutons sont prêts pour la boucherie dès dix ou douze mois après engraissement facile et économique, la viande est estimée. La taille des béliers est de 70 centimètres, celle des brebis 65 centimètres; le poids vif des sujets engraissés atteint 120 à 130 kilogrammes à quinze nmis [tour les béliers et 80 à 100 kilogrammes pour les brebis; la toison pèstî de à i kilogrammes.
La facilité avec laquelle ce mouton s adapte aux sols et aux climats les plus divers, a aidé son exterision dans les comtés dunord,dusud, de lest^de l'ouest, sur les montagnes d'Écosse, sous le climat humide de Tlrlande, dans le pays de Galles.
Exportés dans le Kent, le Surrey, le Norfolk, dans des conditions de milieu différentes de celles du Shropshire, * ces ovidés ont donné d'excellents résultats.
Les béliers Shrop sont parfois croisés avec les brebis
VARIÉTÉ HâMPSHIREDOWN.
Dishiey afin d'obtenir des premiers métis aussi pesants que les purs Leicester, s'engraissant plus vite que les Shiops et donnant 1 livre i/2 ou 2 livres de laine en plus pai- toison; les bouchers de Londres recherchent ces moutons (moutons « au i)ied noir »\ la chair maigre du Shrop corrigeanl le dos parfois trop gras du Dishiey.
Les croisements Shropshire-Mérinos donnent des sujets bien bâtis, couverts d'une fine toison, précoces et robustes.
On va rarement dans les métissages au delà du premier croisement (croisement industriel) ; cependant M. Meire, un des plus célèbres améliorateurs de Shrops, a d'abord utilisé le Dishiey pour donner aux Shrop le dos gras, puis le Southdown pour brunir la face.
Les Slu-op ont été importés aux Étals-Unis, au (lanacki, dans l'Amérique du Sud, la Hé])ubli(|ue Arj^^enline, dans les colonies australiennes, au Cap, à la Jamaïque, etc.
Les éleveurs anglais recherchent actuellement des toisons s'étendant jusque sur la téte et en laissant simplement le cercle des yeux et le museau noirs, répondant en cela à la demande des Américains et des Australiens. Les animaux, sauf les agneaux, ne reçoivent aucune alimentation en dehors du pâturage ; les brebis sont poussées à un état d'engraissement assez marqué et se maintiennent ainsi en Australie malgré la pauvreté relative des herbages et la chaleur. Dans le comté de Salop on élève un type plus fin et plus noble qu à Tamworth, et dans le Warwickshire i Droderman).
La variété Shrop est en définitive une des variétés anglaises les plus en vogue actuellement.
Variété Hampshiredown,
La variété Hampshiredown appelée également autrefois (( West Gouniry down », peuple les terrains à formations
crayeuses des comtés de Berk, Kant, Wilt, Dorset; on la rencontre aussi dans le Sussex, le Surrey.
Ces populations ovines améliorées résullent vrais(Mn])Iablement du croisement de Tancienne variété à cornes développées et à face blanche du llampshire et du Wiltshii e a\ ec le type DiFFLOTH. — Zootechnie, III- — 8
MOUTONS. — HACE; des OUiNES.
Soutlidown. Au début do cette période de perfectionnement du type ovin, roi ienlation de l'élevage était mal définie et cha(|ue agriculU'ur améliorait à un point do vue particulier, les uns la (pialité de la laine, les autres le développement du corps, la pi'écocité, etc.
De 1815 à lë3>, les ovidés de cette variété ])résontaient des types peu homogènes; les moutons du Wiltshire étaient plus largement charpentés, moins nettement marqués à la face et aux membres que les moutons du nord, du comté de Hamp.
Vers 1845 les éleveurs unirent leurs efforts en vue d^affirmer la finesse, rharmonie des formes, la précocité et l'aptitude à ron^M'aissomont des ovidés de cette vaiiété. llunipluoy, de Oakasli pirs Newbury, oui lo preniioi- la ^Hoiro de réaliser le type parfait du mouton du Uampshirt', {^^ràco à do judicieux croisements avec les sujets les plus forts et les plus trapys^dix, ti'oupoau de .1. Wobb.
Compai'é au Soutlidown, le Hampshiredown prost^ite une plus grande taille, un développement plus considérable, une constitution robuste.
La tête de nuance foncée est volumineuse, Tossature plus lourde et plus grossière, les jambes plus longues et plus fortes, la laine forme des toisons d'un poids moyen de 2 kilogrammes lavées à dos.
L'ancien type, (Taspect indolent et inosthéti([uo, s'est transformé {HMi à i»( Il «Ml un mouton à conformation plus con o(He avec une tèto plus lé^^j^ére, des oreilles moins longues non tombantes, les tofsons colorées ont été soigneusement éliminées.
On distribue aux brebis portières, en dehors des fourrages, 500 grammes de grains ou d'aliments concentrés ; les agneaux naissent en janvier-février, un mois avant les Oxford et deux mois avant les Shrop. Le mouton Hampshire à forme ramassée est excellent pour la boucherie, mais la production d*une trop jzrande quantité de viande musculaire paraît cependant coiUouso Broclorman).
Dans lo comté do Hamp les brebis ro<;oivont lo bélier en août t't vivent ordinairement sur rotrain do trèfle ou sur sainfoin ; juTidanf la nuit on los pai'«|ue sur colza et turnops. Lorsque ces dernières racines fourragères viennent à man-
VAUIÊTÉ OXFOaOSUIRSDOWN
qiieronles rt'ni[)lac(' pai* les i iiUihaf^Ms tlrpuis <>cl()])i'e jusqu'à Tépoque de Tagnelaf^M' (lévriei';. Di'S (luairivenl les temps pluvieux et les ^^elées, on distribue aux animaux des racines avec du foin et de la paille hachés ensemble en égale partie.
Après Tagnelage les brebis reçoivent des betteraves avec du foin haché durant une dizaine de jours; les mères des agneaux mâles ou des jumeaux ont parfois une ration supplémentaii*e de 450 grammes de tourteau. Passé ce délai, brebis et agneaux vont sur les turneps jusqu'au 20 mars, pour passer ensuite aux prairies, ray-grass, seigle, etc. ; les agneaux sont sevrés en mai.
Lesagneaux casli'és sont vendus en août, leur poids moyen est de <)0 kilograinines, le prix moyen est de 40 à 'M) francs par lèle, les moutons engraissés peuvent atteindre des poids considérables.
Le comté d Essex parait ne pas convenir aux Hampshiredown, mais les habitants des comtés de Devon, de Gomwall élèvent ces moutons purs ou croisés avec succès. Dans le Warwickshire on croise fréquemment les brebis de Dishley avec le bélier de Hampshiredown ; les agneaux obtenus pèsent parfois 20 livres le quartier en avril.
Variété Oxfordshiredown.
La création de cette variété ovine est due aux efforls deséle* veurs Druce de Eynsham, Gillett de Southleigh, Blacke de Stanton Harcourt, et Twynham de Hamsphire qui résolurent de réaliser un type ovin unissant au poids des moutons à longue laine les qualités des ce down ».
Ces alliances étaient pratiquées depuis longtemps par les fermiers de ces réglons, mais le ma n (pie d'orientation dans ces tentatives tendait à produire des métis sans harmonie et sans homoirénéilé de type. La variété ( )xlordshired(n\ n résulterait de croisements poui'suivis entre le héliei- ('.(>t>\\ old et les brebis Hampshiredown ; (inehfues auteurs pi-étendent (|u'un peu de Sussexdown, ancêtre direct des ^outhdown, aurait été introduit dans ces unions.
Jusqu'en 1B50 les métis créés s'appelèrent des « down
Colswold », on les dénomma Oxfordshiredown ou Oxforddown dès que le faciès général put être fixé; c'est en 1862, au concours de Battersea, qu'une classification spéciale fut créée pour la première fois, bien que le jury objectât le manque d'uniformité du type. Les années suivantes, l'amélioration de l'élevage permit de constituer une variété nettement
BCLICR OXrORO-OOWS
Fig. 32. — Bélier Oxfordshirodown.
définie et qui peut se caractériser ainsi (fig. 32 et 33).
La tète, de couleur foncée, est couverte de laine et le front orné d'un toupet ; le corps, largement développé, est soutenu pai" des jaml)es fortes, relativement courtes, de couleur foncée.
Ces ovidés sont très robustes et très précoces; soumis dès leui" naissance à un bon rè^^ime, ils pèsent à un an 80 kilogiainmes environ et fournissent une viande eslimée.
La laine est de bonne qualité et forme de lourdes toisons assez fermées, du poids moyen de 7 livres.
Les brebis sont vigoureuseset prolifiques (iOO brebis donnent en générai 130 à 150 agneaux). On peut reprocher à ce type quelque variabilité de caractères zootechniques ; on s'efforce de fixer la coloration brun-gris de la tète et des membres, la miaiicc rhocolat est tolérée; on se «;ar<it' avec soin des tètes noires et des poils noirs sur les autres [>artii's du rorps.
I.a laine est plutôt raidc (jue bi'illante, peut-être lro[) ouverte et |)ar suite subissant i'aclion de la pluie, du soleil ; le poids de 3'^b',500 est considéré comme normal pour les toisons.
L'ossature est encore un peu forte, le cou grêle, les cuisses insufGsamment développées (Briiderman) ; cependant le dos est large et plein. La pleine maturité des Oxford ne s'obtient qu'au prix d'une alimentation abondante dans les parcs; on réalise aussi des sujets appréciés notamment pour les croisements industriels, par alliance avec des brebis de variétés peu améliorées.
î.a ^rrosseur et le poids des Oxfurd varient d ailleurs suivant les troupeaux.
La variété Uxlorddown est particulièrement adaptée plein air et supporte bien le parc ; le troupeau est entretenu la plupart du temps sur les terres arables. Les moutons consomment : en janvier, février : chou-raves, rutabagas, turneps; — betteraves en mars; — en avril : betteraves, avoine d'hiver, seigle, trèfle ; — en mai : trèfles et vesces ; — en juin : vesces ; — en juillet et août : vesces, trèfle et choux ; — en septembre : choux et colza; — en octobre : colza, turneps inéroce. moutarde; — en novembre : turneps, et cliou-i avc : — eu dérrmbre : rbou-ravc. i utabai:as.
Les sailies ont lieu eu août: les biebis sont alors classées par lots correspondant à chacun des béliers utilisés. Elles parcourent ensuite les chaumes et sont parquées le soir sur colza ou sur choux ; on regarde comme dangereuse la coutume de donner beaucoup de turneps avant Tagnelage.
Avant la mise bas, les brebis sont emmenées dans les cours où elles reçoivent du foin, du tourteau de coton et une petite quantité de racines (Léouzon).
VABlÉTâ BLACK-FAGBD
Variété Blaok'iaoed.
Les moutons Black-faced, littéralement : à tète noire, dénommés encore « Scotch beat sheep », habitent les contrées les plus froides et les plus rudes de TÉcosse, jusqu'aux Iles Arran, Isley, Jura, etc.
La partie montajrncuse du Northumberlaiid a été proj?ressivement peuplée de Hlack-faced, ainsi cjue le Wesimoreland, le Cuniberland, le Lancashire (|ui poss^'de une variété spéciale, le Merionetshire où on les croise avec les variétés indij;ènes.
La tèle et les membres sont noirs ou presque noirs, le chanfrein busqué, les comes très développées enroulées en volutes lâches ; la conformation régulière avec la poitrine profonde, la côte est parfois un peu plate.
Les agneaux naissent toujours avec les extrémités noires, ce n*est qu^avec Tàge i[ue le fond noir se mélange de taches blanches.
La laine di'ini-louijue est assez j^rossière, peu fournie et rude au toucliei* et ne vaut p:uère que la moitié du prix de la laine des Clieviots qui peuplent également rKcos^c. Les hwsons pèsent 2 à 3 kilogrammes en suint et i'Sîi(U) lavée à dos.
Le poids moyen des moutons est de 30 à 40 kilogrammes dans les conditions ordinaii'es et sous le régime pénible des Highlands ; bien nourris, ces moulons peuvent peser 60 à SO kilogrammes, la chair est fine, délicate, d'un fumet particulier.
Les croisements réalisés avec les divers types ont rarement donné des résultats ; non seulement les variétés améliorées, mais les CJieviols s allient mal avec les lUack-taced. (ùes métis sont de conlornuiUon incoi iccle, sans rusticité ni piécocité. Les lilack-laced devront donc être améliorés par sélection pure.
U est dit'iicile au.\ m ontagnards écossais (Uighlanders) de se livrer à Télevage ; le climat rigoureux nuit aux brebis portières et aux agneaux de lait ; la rapide croissance des herbages au printemps ne permet pas leur rationnelle utilisation par les brebis affamées par un long jeûne d^hiver.
Les pasteurs de la montagne vont donc acheter des an tenais dans les comtés du sud de TÉcosse, notamment le Lanarkshire dont les agriculteurs des vallées (Lowlanders) se spécialisent nettement dans Télevage et ne gardent chaque année que le nombre de brebis nécessaires au remplacement des forestières réformées.
Les éleveurs des hautes terres i Highianders) gardent ces moutons deux à d ois ans et les vendent à des en^rraisseurs des Lowlands. i. a division du travail (|ui donne en zootechnie de si féconds résultats.est donc appliquée ici avec un esprit des plus judicieux.
Dans les comtés du sud de TÉcosse où Télevage est Tunique spéculation, le régime général est celui du pâturage ; les parcours sont afléctés, selon leur nature, aux brebis, aux agneaux sevrés; des cultures arables sont jointes à chaque ferme non pour les récoltes des céréales toujours compromises par les froids rigoureux, mais pour assurer des ressources en iurneps et en fourrages secs.
Les 0 vidés en pâture sont protégés par des abris réalisés par un mur circulaire de 2 mèires d'élévation entouré d'une ceinture d'arbres résineux destinés à briser les vents ; dans les terres humides on emploie le sapin de Norvège (spi uce fir), dans les sols maigres et légcis le pin d'Ëcosse, sur les rochers et les ravins le pin Laricîo; le foin, les silos de racines sont placés à proximité de cet abri ; ces précautions sont indispensables ; rhiver, des tourmentes de neige peuvent assaiUir à rimproviste le troupeau.
Les antenais achetés dans les régions du sud sont soumis au dur régime du plein air dans des conditions d*existence des plus pénibles, ralimenlation étant souvent précaire ; les turneps sont rait'ineiil cultivés, et parfois on doit utiliser les brandies des pins d Kcosse.
Les plus riclies éle\eui's mettent leurs moutons en pension durant les deux mois d hiver chez les Lowlanders, au tarif de 1 fr. 80 à 2 fr. 40 par tète. Afin de protéger les ovins contre le froid et l'humidité, on enduit les toisons d'un mélange de beurre et de goudron ; la toison est cependant dépréciée par ces pratiques qui obligent à la réserver aux étoffes de couleur ;
VARIÉTÉ BLAGK-FAGED
on emploie également un mélan^^ede résine, saindoux, beurre et huile de Gallipoliqui laisse la laine blanche après leiavage ; quelques éleveurs ont enfin tenté d' « habiller » les moutons de manteaux de laine grossière trempée dans le coaltar.
Sur le sol tourbeux des Highlands ne poussent que des bruyères et des heii)es grossières;. les conditions climatériques pénibles associées à cette alimentation précaire assurent diffîcilement la précocité des sujets entretenus ; en fait, on ne livre guère les lUark-faced avant trois ans, mais la valeur de la viande compense légèrement ce manque de précocité; le goût particulier de leur chair, rappelant la saveur de la venaison, ne se développe pas avant dix-huit mois à deux ans.
La castration se pratique à des époques différentes selon la destination des agneaux ; si Tanimal est destiné à la boucherie, on ne castre pas avant hui t ou dix semaines, afin d'éviter que les cornes ne se retournant trop brusquement ne rentrent dans les yeux (F. de Gualta) ; d'ailleurs un cornage bien développé atteste Torigine du sujet et est regardé comme un excellent indice par les bouchers. Si les pâturages sont fertiles, on peut cependant engraisser le sujet plus hâtivement et castrer les agneaux plus tnt.
Les croisements réalisés avec les variétés voisines ont donné jusqu'ici peu de résultats satisfaisants.
Les formes défectueuses et le manque de rusticité des métis proviennent surtout de rinsuClisance de Talimentation des brebis portières durant iliiver et des conditions précaires de Falimentation des agneaux que leur origine rend plus exigeants. La faible quanlité de lait que donne la brebis Blackfaced est encore réduite par la traite partielle que pratiquent les bergers pour leur aliim iilalion propre, ou la préparation du beui're utilisée à enduire les toisons.
Prati(|iiés dans d«*s conditions plus rationnelles, les croisements peuvent, en réalité, réussir avec le Dishley, mais il importe de surveiller plus attentivement la production de ces métis moins rustiques et plus exigeants. On recherchera pour ces alliances des brebis en bonne condition ; les agneaux provenant des Dishley éprouvent les mères bien plus que ceux
de race pure^ ils sont plus lourds et demandent plus de lait après le part (Wilson). Les béliers Dishley utilisés à ces croîsenienls doivent ého de bonne faille, couverts d'une toison line et assez lassée, leur \iLriieur et leur activité doit leur permettre de suivre les brebis sur les inontatjnes.
La tète des reproducteurs mâles sera lon^jne, étroite et nette alin de prévenir les dil'iicuités au moment delà parlurilion ; on changera le bélier tous les ans, les agneaux la deuxième année ressembleraient davantage au type Blackfaced qu*au type Dishley.
De Tavis des éleveurs autorisés, il serait possible d*arriver à une rapide amélioration des ovidés filack-faced, sous un climat plus doux ; il naît chaque année parmi le troupeau des sujets à toison plus fine et plus sei iée que b's berjrers livrent immédiatement à la consommation, crai^'nant une diniiruition de la l uslicité ; sous un l é^^iine ])lns temj)éi*é ces ovidés pourraient être avanta.i:eu>enient conservés et utilisés pour améliorer les qualités de la toison. La précocité pourrait également se manifester avec une alimentation moins grossière.
Un essai d'acclimatement des Black-faced en Bretagne a été réalisé en 1866 par M>*« la princesse Baciocchi, dans son domaine de Korn-er-Ilouêt (Bretagne) ; Télevage de la race pure ne fut suivi d'aucun succès. Les croisements avec les Southdown et les Bretons donnèrent des résultats apparemment plus satislaisants (T.
Dans les îles Ib'brides. les ( In ades, les Sbetland on rencuiili-e un l\ pe d ovidé très rusliijue vivant |»resque à l'étal sauvaLM' pai mi b»s tempêtes et les orages; insultisamment alimentés sur les maigres pâturages, ils descendent parfois sur les grèves brouter du vaœch et passent pour se noumr môme de poisson desséché ; la peau est couverte d'un poil rude auquel se mélc une grande quantité de laine qui tombe au début de Tété pour former aux animaux dès Thiver une précieuse fourrure que les insulaires arrachent au moment où elle va tomber pour en faire des bas et de la flanelle.
(i) Rapport de M. Lefèvrc de Sainte-Marie, 18G6.