V. — RACE DU DANEMARK
Ovis Aries ingevonesis.
Caractères Mootecbniques. — Cette race est la première des races dolichocéphales que nous allons désormais étudier. Le front est droit et bombé à sa partie supérieure avec les arcades orbitaires très saillantes. Les chevilles osseuse^ à
base elliptique peu épaisses sont contournées en un seul tour de spirale serrée, souvent absente chez le niàie et quelquetois pi"ésenles chez la femelle.
Les sus-naseaux fortement curvilignes sont unis en voûte ogivale et on peut observer une forte dépression à la racine du nez : la face est allonprée, elliptique.
De taille très élevée (Oi^fîO à Oi^fdO), ces ovidés présentent des membres longs soutenant un corps étroit à croupe courte et inclinée, épais, à masses musculaires moyennement développées. La tête volumineuse et les oreilles pendantes, le cou long et mince communiquent à ces moutons une apparence stupide, le squelette est fort.
La réduction de longutnii" de la (iiione (|ui se termine audessus du jai ret, les fait dénommer (hins les pays germaniques: Kurzchwanzige Scliaf (mouton à courte queue).
Constituée par des bi ins courts et grossiers (0™'",03 de diamètre), la toison, de nuance brune, grise ou blanche, ne couvre que la moitié supérieure du corps, laissant dégagée la plus grande partie du cou, la moitié inférieure de la poitrine, le ventre, les membres, la queue : ces parties du corps sont couvertes de poils plus ou moins grossiers ; la téte et les membres sont pigmentés de taches brunes.
Les brebis sont prolifiques et donnent ordinairement deux agneaux, le tempérament est robuste ets*adapte à toutes les situations, même sous les climats les plus humides. La viande est d une saveur peu délicate.
Aire géographique. — (hi lencontr»» dos variétés de ce type dans toutes les régions du nord . de 1 Europe : Russie,
Suède, Norvège, Islande, Danemark, Allemagne seplentrionale, Pays-Bas, Ëcosse, Irlande ; plusieurs variétés habitent la
rranr»', vn Flandre, Artois, Picardie, Poitou et ont été évidemment introduites lors de l'exode des Hollandais appelés par Sully an dessèchement des marais; son berceau semble être la Scandinavie.
Variéiéa des Landes du Nord.
Toutes les variétés peuplant TEurope septentrionale peuvent être réunies sous la dénomination de variétés des Landes du Nord. Dans les parties de Textréme-nord de ces régions les moutons vivent le plus souvent en pleine liberté, et on leur donne la chasse une fois par an pour les tondre; un peu plus bas, en Russie, Norvège, Suède, Ecosse, les animaux vivent à l'état demi-sauvage sur les landes el pàtis, exposés à toutes les intempéries. En Danemark la variété des landes du Nord rencontre les variétés de type batavique.
Dans la Priseorientale,r01denbourg, le Hanovre les troupeaux domestiques paissent sur les bruyères (variété dite « Heideschnucke n en Hanovre), leur exploitation est peu rémunératrice et la race disparaît à mesure que le progrès agricole pénètre lentement dans ces régions.
Le mouton des bruyères ra|)pelle par (juelques caractères les types sauvaires et notamment l'argali dont il a le cornage à spires, cependant plus i)etites el plus nombieuses.
La toison est courte à la téte et aux jambes, la nuance très variable peut être bi*une, noire, blanche, gris-bleu, rouge brun -fauve , tachetée, mouchetée, etc.
Suivant les conditions du milieu, les pratiques d'élevage, le type présente d*ailleurs des variations sensibles portant sur la taille, la conformation, la courbure du chanft*ein, la présence de cornes, etc.
Dans la province de Drenthe (Hollande), il n'est pas rai*e
de rencontrer des troupeaux de ces animaux comprenant jus(ju'à mille tètes et constituant la réunion des cheptels des habitants d'un même village. (]es o\ idés pâturent sur les landes sablonneuses, les bruyères, les tourbières. L'élevage
VARIÉTÉS DfiS LANDES DU MORD
o\[n a ^^cIkIc dans ces rvpions le jiiKoi-t'scjuo des coulumes (l'autif'fois ; le bei f^ei* li icoU; durant les repos et use pour Lutter contre Icsmaladies des animaux des inétliodesempiriques transmises fidèlement de génération en génération. A Tintérieur d'unecome ornéededousdivei^, le berger garde précieusement un onguent contre la gale dont la composition est souvent un secret de famille ; il en fait l'application à date fixe, suivant une règle immuable qui consiste à enduire de cet onguent la peau de Tanimal suivant deux directions se croisant à angle droit sur le sommet de Tépaule.
Chaque soir le troupeau est ramené au village et les animaux reconnaissent parlai tement d'eux-mêmes leurs bergeries respectives.
Ayant sous son autorité la piospérité du troupeau communal le berger, (jui est parfois météorologiste et rebouteux, emprunte à ces fonctions une autorité incontestable.
Le salaire reçu est pour tant minime et oi*dinairement payé en nature, soit qu*il ait le droit au parcage sur ses propres terres où qu'il prenne chez les agriculteurs un nombre de repas [)roportionnel au nombre des moutons possédés par chacun d'eux; quelques éleveurs ne connaissent même le chiffre de la population de leurs ovidés que par le nombre des repas que sollicite le berger. Quelques dons de tourbe, de seigle, etc. complètent ce salain».
La tonte des montons est lailo [>ar les piopriétaires euxmêmes et souvent maladroitement; la laine est envoyée à de petites fileries d'où elle retourne au cultivateur sous forme de tabliers, d'objets divers. Le fumier est porté, au printemps, des bergeries aux champs. Il va sans dire que ces procédés primitifs d'exploitation des ovidés tendent rapidement à disparaître à mesure que le progrès pénètre activement parmi les [>opulations agricoles; ces races peu perfectionnées sont d ailleui's refoulées par des types plus précoces.
En Ecosse, les ovidés de ce type occupent les hautes tei'res, \ivant à coté des Black- faced ; entiii on retrouve ci's variétés sur les friches de l'Irlande. Élevés dans des conditions piécaires sur des terres infertiles, ces ovidés ne sont l'objet d'aucune exploitation intensive, parfois le seul revenu qu'on en
152 MOUTONS. — RACfi DU ÛÂJSSMABK.
tire est la \enU* annuelle de iiOO à 700 j^^ranimes de laine iorle mélanfjée de jarre. Les animaux sont mal conformés au poinl de vue de la lioucluM'ie, mais livrent une viande savoui^use rappelant le goût du ^'ibier.
La taille est plutôt élevée, le corps peu épais ; les jambes longues indiquent une race bonne marcheuse, pouvant parcourir de longues étapes à travers les marécages ou les étendues couvertes de neige. La toison est le plus souvent de nuance gris bleuâtre et la téte et les membres gris-noir ou hoir, elle est composée de mèches longues et épaisses ; dans le noi'd de TEuiope on Tenduit d'un mélange de ^^laisse et d'huile de haleine, poui- préserver les animaux (ie> froids rigoureux et des intempéries. La rusticilé, Tenduraure, la sohr iélé de ces animaux sont des plus remar'([uables. (!elle variété disparait lenlenient à mesure que les améliorations agricoles permettent d'entretenir des variétés plus perfectionnées; elle a été refoulée en Silésie, Poméranie, Mecklembourg parla race Mérinos et rétrograde lentement en Danemark dans le Hanovre.
Il faut reconnaître que ces moutons sont précieux pour les pays arriérés et incultes, <|u'eux seuls peuvent mettre ainsi en valeur-.
Variété des Polders. — Sur- h's polders de la Hollande >('ptentii(»riale, «lariN 1rs Maiclics de l'Allemagne du .Nor'd la Irr lilité du soi a déler ruiné un accroissement notable de la taille et du poids des moutons, ces o\i(lés paissent les herbes délaissées par les bovidés. Vers le sud la variété des Polders entre en contact avec les moutons rhénans du type germanique. On constate aisément que ces derniers ovidés, aidés par les Mérinos, refoulent progressivement les moutons du type du Danemark, et occupent actuellement les landes de la Westphalie et du Hanovre.
LVx[)l()ilaliori des moulons ^ei'mani(|ues, par' suite de la toison plus fournie et des r endements plus éle\ es à la boucherie, otire une source plus abondante de revenus.
VARIÉTÉS FUHANDB, ARTÉSIENNE, PICARDE. 153
Variété Fiisonne,
La population ovine de Frise comprenait, en i883, 55861 individus, soit 17,8 par kilomètre carré, soit 260 moutons par 1000 individus. Les grands troupeaux sont rares, on él«'ve ces ovidés en petits groui^es cliez les ririies paysans ou les pet ils agriculteurs. On utilise couramment le lait des brebis qui passe pour contenir 53 à 86 p. 1000 de matière grasse.
Quelques moutons frisons ont été importés en 1871) en Hongrie, à Técole d'agriculture de Magyar-Ovar, et en Allemagne (Ëifel). En 1884 une importation plus considérable eut lieu à Gassovie, dans la ferme de l'Institut royal hongrois» afin de croiser ces ovidés avec les moutons des Karpathes dont le rendement en lait est de moitié plus faible.
La brebis frisonne donne dans son pays originaire 3 et même l\ litres de lait ; en Hongrie on peut, malgré la séciieresse de certaines années, obtenir 2 litres par tète et 200 lili es pour la saison ; le rendement en beurre est élevé et alluint paiiois 7*«8,3îi pour iOO litres de lait.
La race a gardé sa fécondité exceptionnelle, la portée est ordinairement de 2 agneaux, parfois 3 et même W ; ces portées nombreuses réussissent difficilement en Hongrie (Ë. de Rodickzy).
La laine est longue et très résistante, la viande estimée et délicate chez Tagneau.
On a réalisé des croisements industi iels avec les variétés
anglaises et les premiers métis obtenus sont remarquables comme précocité et rendement.
Variétés Flamande^ Artésienne^ Picarde.
Les populations ovines de la Flandre, TÂrtois, la Picardie se rattachent au type du Danemark et ne constituent que des variétés purement nominales. Les moutonsr flamands, cambraisiens, artésiens, picards, vermandois (environs de Saint-Quentin) présentent les mêmes caractères de conformation et des aptitudes semblables.