MOUTONS. — RAGB DU DANEMARK
On distinguait autrefois un grand nombre de variétés locales'; le mouton Picard était de forte stature, d*une taille de 70 à 80 centimètres, avec une téte grosse, des oreilles longues, des membres fins, la laine très longue ne garnissait ni
la tête, ni les jambes, ni le ventre ; le inouton Vermandois, élevé sur un sol produrlif, était plus volumineux; le mouton de la Thicvache était taille réduite avec une téte grosse et courte.
Les moutons Flamands mesurent 70 à 80 centimètres au gaiTOt, la téte est longue, nue, un peu busquée, le corps long, la croupe et le rein larges, les membres élevés et gros. Sous le rapport de la laine, on différenciait les moutons à laine frUée^ h laine ondulée un peu plus longue et moins douce que la première, la laine longue était produite par le mouton de Dunkerque ; enfin les laines courtes et légèrement feutrées. Aujourd'hui ces distinctions locales ont dispara et le type ovin de ces régions peut se définir nettement.
La taille, qui varie suivant la fertilité des milieux, est toujours grande, les nienilMcs lon<rs, grossiei's souvent déviés, avec une poitrine éti'oite, des cotes ])eu arcjuées, uîi i^arrot élevé. La croupe et les cuisses sont assez bien musclées, mais le flanc est grand, le \ entre volumineux, la tète est grosse, avec des oreilles pendantes, le cou long et minée.
Peu précoces, ces sujets s*engraissent cependant aisément et les poids vifs obtenus varient de 60 à 90 kilogrammes. Le i*endement à la boucherie est d'environ 50 p. 100; la viande, à grain grossier, manque de saveur.
Les toisons n'ont qu'une faible valeur, leur laine grossière et rude (diamètre 0™™,036) ne peut servir qu'à la confection des matelas et dt's cliabines de collier. Les brebis de ces variétés sont trvs pi'oIiti(jues.
Les défauts de conformation énumérés plus haut, s'atténuent d'ailleurs dans les contrées où l'élevage est poui^uivi méthodiquement, notamment dans l'Artois; les infusions de sang anglais, principalement de sang Dishley ont également contribué à Tamélioration des formes.
On sait que déjà en 1774un éleveur des environs de Boulogne, M. Delporte, avait importé en France des moutons anglais de la variété de KenI ; depuis, ces croisements avec les variétés
VARIÈXÊS CAUCUOISËS.
anglaises ont éU' Jaigrincnt poursui\is vl toutes les pojmlations ovines du nord de la France sont iorlernent mélangées de sang Kent, Dishley, Shrop, elc.
Variétés Cauchoises.
Le pays de Oaux, région de la Haute-Normandie, compi*enaiit les arrondissements de Gaudebec, Yvetot, Saint-Valery-en- Caux, Bolbec, Arques, Dieppe, Eu, le Tréport, était autrefois peuplé de trois variétés ovines indigènes.
Le mouton Cauchois était le plus répandu ; le mouton du Vexin n'en ditîéraitque par la laine en mèches moins lonj^ues et moins souples; le fnmc Cauchois présentait des tètes et des pieds roux avec une toison blanche à laine ondulée et hne. On distinguait dans le pays des familles ovines à laine longue, < à laine courte, à laine grossière ou à laine soyeuse. L Indécision de CCS caractères permet de supposer que des croisements avec les types picards, berrichons ou avec les variétés anglaises avaient déjà détruit la pureté de sang.
Communément on rencontrait trois types du mouton cauchois, Tun de grande taille, au crâne étroit, au chanfrein busT^ué, à la tête volumineuse, aux oreilles longues et pendantes, rappelant le type du Danemark des variétés artésienne et [)icar(le.
Le second type était de taille plus réduite, se rattachant au mouton du Beri-y ; h; troisième type présentait le crâne large, le ctian frein droit, les oreilles courtes, le corps ample et près de terre, des montons du Kent.
Dans l'ensemble les anciennes variétés cauchoises étaient des races marcheuses à longues jambes, le corps était élevé, les gigots plats, la téte très busquée, les oreilles longues, la laine peu abondante mais de bonne qualité. La race était tardive, on ne vendait le mouton cauchois à la boucherie qu'à trois ou (juatre ans; cei tains animaux donnaient à cet âge 100 livres d<' \iande nette.
Sous rintlueuce de 1;l sélection, de laliuientation intensive et des croisements divers, h' type s'est affiné; les moutons cauchois présentent actuellement des membres plus courts.
MOUTOiNS. — RACE DU DAÎSEMARR
un corps plus ample, la tôle est moins longue, le cou l éduit; la laine, moins line, est plus abondante (fig. 34-35).
Les moutons vivent dehors et couchent au parc, d'avril à novembre; les brebis donnent généralement un seul agneau (20 à 25 p. 100 de gestations gémellaires), qui dès l'âge de
Fig. 34. — Bélier caucliois.
cinq mois fournit un rendement de 20 à 23 kilogrammes de viande de première qualité.
L'élevage se pratique presque partout en plaine; à làge de deux mois, vers avril, on soil les agneaux dans les jeunes trèfles, et dès tr*nis mois ils couchent complètement dehors. La basi» de l'ail inontation est le trèfle violet mangé sur pied ou le trèfle incarnat; ils parcourent également les guérets et les pâturages de colza, navette, etc. Lorsque Ton veut obtenir de très bons agneaux, on adjoint aux rations 200 à 300 grammes de maïs, orge ou avoine.
Variété Poitewiae.
Celte variété peuplant les départements des Deux-Sèvres, Vendée, Vienne, CJiarenle, (iharente-lnfé Heure, rejoint ainsi les variétés du type du Plateau contrai; elle gagne également le Maine-ct-Loirt' et la Loire-Inférieure.
N()usa\ons iap[)elé (jue son introduction dans ces régions était <ku' à l'ininiigration des Hollandais venus au xvii'' siècle pour dessécher les marais du Poitou (Sanson).
Dans cette région les troupeaux comprennent de 20 à 30 tètes et vont pâturer sur les chaumes herbeux de la Plaine et du Bocage. Dans les Charenies, avant Tlnvasion du phylloxéra, chaque ménage possédait déjà un ou deux de ces moutons qu'on menait paitre le long des routes. Depuis Porientationde la culture des Oharentes vers la production fourragèie, le nombre des ovidés s'est considérablement accru dans ces ct)nliées.
La variété ovine |>oilevin<' t'^l d'iiiir laillr élevée (0™,70 à 0»,7o} et peut atttMiidre même une élévation plus forte dans la Vendée. La poitrine est étroite» sanglée^ la côte est plate, les épaules parfois plaquées avec un garrot mince. La ligne du dos est droite, les lombes peu lai'ges mais longues. La croupe courte et avalée manque de développement ainsi que la cuisse. Le cou, très long, mince, à boi*d supérieur concave, supporte une tète toujours grosse, parfois tachetée de brun ou de roux. Les membres longs et foris révèlent Paptitude à la marche el Pagilité.
Le lem[»érument est robuste, vigoureux, les moutons sont loi ts mangeurs, mais d'un dévelojjpcment peu hâtif. Trèsproiili(|ues, h's })iebis font ordinairement deux agneaux.
La toison ne couvre ni le \ entre, ni toute ia hauteur des membres, elle s arrête à lapointedePépaule, la queue ne porte presque jamais de poils.
La laine est mélangée de jarro et les brins en sont frisés, secs, d'une faible élasticité, formant des mèches pointues et peu longues; le diamètrodubrin est de0'^'*,036 en moyenne et le poids de la toison est de 2 à 2^^,500.
VARlfiTÉ POITEVINE.
Engraissés, les moutons poitevins de grande taille et de forte ossature pèsent 50 à 70 kilogrammes, avec un rendement de $0 p. 100 à la boucherie. La viande est peu savoureuse ; cependant ces populations concourent largement à l appi-ovislonnement de Paris; les animaux parviennent à la Villette vei-sla lin H aulomiu», l<Miren«;raissenu'nt s rlaiil puiiisuivi sur les cliamnes des cc^iéalfs entre Tépoque de la récolte et ccUt; des premiers labours.
On distinguait aud rlois deux sous-variétés : la vai iét»'- do la Plaine qui peuplait les Deux-Sèvres du cùlé de Sainl-Maixent et de Melle et comprenait les moutons de Bauer canton de Melle et ceux de Romagne;
La seconde variété, dénommée race de GatitiSy triait un peu moins développée, la laine étant plus commune.
Dans une aire géographique aussi vaste, la variété poitevine n'a pas été sans subir l'influence de croisements, et des infusions de sauf: soutlulown, dishley, l'hanuois ont été réalisées avec des succès divers.