VI. - RACE BRITANNIQUE
Ovis Aries britannica.
Caractères Mootecbniques. — La dolichocéphalie est peu accentuée; le front, élroit et incurvé dans les deux sens, est dépourvu de chevilles osseuses. Les sus-naseaux curvilignes
sont réunis en voûte oj^ivale el au< une (it pi ession n'existe à la racine du nez. La lare est allon^a'e, elliptique.
f.a taille est très t lcvre (0™,70 k0™,80i, avrc un squelette fort, bien musclé, les membres, solides, relativement courts, supportent un corps ample, voluntineux, uni à une téte forte à oreilles courtes, à museau large.
La toison, d*une couleur blanc mat, remarquable par son éclat, est composée de brins lisses, longs, doux au toucher, le diamètre est de O^^^yOS au moins, les mèches bouclées s*étendent jusque sous le ventre et sur le front, les membres sont nus.
Tout en ayant conservé un certain dejiré de iu>ticité, la race est précoce et améliorée; les rendements à la boucherie sont élevés et la viande appréciée; la laine possède une certaine valeur.
Aire géographique. — Partie du comté de Gloucester où son élevage se pratiquait depuis les temps les plus reculés, cette race s'est étendue sur les comtés de Uereford, Oxford, Worcester, Clamorgan, Sommerset, Buckingham et, plus à Test, sur les hauteurs du Norfolk. Au nord, sur les districts du Northumberlandet les monts Gheviot, on rencontre également des ovidés de celte race.
Variété Cotswold.
Cette variété repiésenle le type pur élevé sur les collines du comté de Gloucester, où Thiver des cabanes rustiques les protègent des intempéries. Ces cabanes formant en certains points des agglomérations caractéristiques ont fait attribuer à
Diyitizca by
MOUTONS. — AàG£ liRlTANMlQUË.
cette |M)pulalioii o\ine le nom de Cotswold : camp de cal>an»s.
Les iiiuiiLons du (ihmctîsler élaieiil réputés pour la blancheur et la Ihiesse de leur laine. La conformation s'est améliorée sous riniluence des méthodes d exploitation rationnelle. Lecou allongé, qui était un des caractères de la varîété primitive (Gainbden),a beaucoup diminué de longueur, la poitrine est ample et profonde, les épaules musclées, le garrot large et bas, la cùte ronde, la ligne dorsale un peu rolevée, les lombes larges, les hanches écartées.
La croupe est lon^nie mais pointue, les ^î^ots sont minces proportionnellement à la taille ^;énéi ah'iin'nt élevée.
Les sujets bien en«i;raissés atteignent 80 kilogramuK's ; des moulons de concours présentent des poids de Of) et même 100 kilogrammes, la viande est plus appréciée que celle des Dishiey. La toison pèse de 5 à 6 kilogrammes ( lig. 35).
D'après David Low et Youatt, les ('otswold auraient été mélangés avec les New-Leicester (Dishiey), qui gagnaient graduellement les comtés du Centre ; il en résulta une diminution dans le volume du corps, et dans le produit en laine ; la délicatesse des formes, la rectitude de la conformation se manifestèrent nettement. Comme la rusticité du type primitif s all'aiblissait, les éleveurs revinrent, après vingt à trente années données au croisement, à la souclie indigène et la sélection i)erinit de iH'consliluer le type (lots>\oId; a\ec une taille nu peu supérieure à celle des plus grands Dishiey, une laine plu^ la-^^ée, les sujets étaient rustiques et d'une excellente constitution, les femelles prolifiques et les agneaux entièrement couverts par une toison bien tassée. Un troupeau de Cotswold de 52 tètes fut importé en 1872 dans la Mayenne.
Les Cotswold ont été exportés en Auvergne, au Canada, en Suède, en Australie, en Islande.
1) aprèsdesexpériences réalisées par Lawes, de 1850 à I8;)3 ( 1 \ les ('otswold se ]dacaieiit à celle époque pai*mi les variétés les plus productives en laine et viande, les Dishiey occupaient
(1) Voy. L«jouzuii, A'jroHomea et eieveurSt lUOa.
VARIÉTÉ COTSWOLU
le second ran^, les Hamp8hiredown,Ies Sussexdown venaient
ensuite. Ce rlasseinent n'a évidemment qu'un in(»''rèt rétrospeclil, les conditions éronomi<[ues de la ])roduclion ayant totalement cfïangé depuis ces époques.
Le d'aisément Dishley et (lolswold, parfois tenté, n'a jamais donné de résultats remarquables, les métis obtenus sont sans caractère dans les formes avec une tendance aux lourdes épaules.
Les Gotswold présentent l'avantage de s'accommoder à diverses situations, et s*entretiennent également sur les sols pauvres du Gloucestershire ou les héritages plantureux et les climats humides du Buckinghamshire et du Leicester qui en
enjfraîssent tous les ans un certain nombre. Les ovidés à faœ noire jouissan! en An«;leleri*e d'une ^''ande faveur, les Cotswold sont fré(|uemment croisés avec les moutons du type des dunes peuplant l'ONfoidshii e et les comtés environnants.
Variété du Buckingbamshire. — La fertilité des herbages du comté de Buckingham a déterminé un accroissement notable des formes du Gotswold et favorisé la création de cette variété purement locale. 11 existe d'ailleurs un échange liermanent de siyets entre les comtés. Les agneaux nés dans le Gloucestershire prennent plus aisément un poids élevé sur les herbages du Buckinghamshire que les moutons indigènes; on arrive ainsi aux poids vifs de 100 à 120 kilogrammes.
Variété Cheviot. - La toison pai liculiéie de cette variété a fait sa léputation. Les moulons (Ju'viol peuplent les cliaines de monta«rnes du Northumherland, et les Monts Cheviol en Ecosse, où ils rencontrent les Black-faced. (les deux populations ovines se trouvent ainsi en contact avec la variété des Landes du nord occupant les bruyères de TÉcosse.
Le mouton Cheviot est de petite taille mais de conformation régulière, le corps est plus cylindrique que celui des Blackfaced. Le régime général comprend le pâturage sur les terres les moins infertiles d'Ëcosse; on obtient des moutons pesant 3^5 à 40 kilogrammes et donnant une viande d'une saveur agréable 37).
La laine sert à conl'e(*tîonnci* les étoiles pai ticulières dites ckevwUSf les toisons pèsent 1 kilogramme à i>^8,o00.
MOUTONS. — HACE BRITANNIQUE.
Les Dishley ont élé inh'oduils sur les liautes terres où les (iheviots élaient seuls exploités autrefois; les éleveurs du Lothian préfèrent élever les aj^neaux demi-sang que le type indigène; les béliers Dishley hauts sur jambes, ronds de corps, sont appréciées, leur toison ouverte corrigeant celle des Cheviot, souvent trop serrée. L'exploitation des demi-sang Cheviol et Dishley s'élend jusqu'à Teviotdale aux pieds des
Fig. 37. — Mouton Cheviot.
Cheviot et gagne la vaUée de Yarrow ainsi que le Dunifrieshirc. Les brebis Cheviot ulilisées à ce croisement industriel proviennent de la montagne, ef les agriculteurs de la plaine pratiquent seuls ces croisements.
Quelques éleveurs ont dans ce l)ut une ferme à pâturages et une montagne alin de maintenir les lypes croisés dans toute leur pureté.
Les brebis Cheviot sont bonnes laitières et agnèlent vei-s le milieu demai-s; les agneaux, châtrés et tondus, sont vendus à
VARIÉTÉ GOTSWOLD.
quatorze mois; ils aUeif^nent alors 18 à 10 livi'es pai- quai ticr, le poids moyen de leur laine est de 7 à 8 livres. On reclieiche les ovidés présentant de la laine sous le ventre alin de supporter le contact des terres humides ; si la lain(^ de la face et du cou de l'agneau est abondante, on est assuré (}ue la toison sera fournie sous le ventre ; les béliers qui offrent cette particularité passent pour se bien nourrir et donner des agneaux plus gras. On recherchera chez les reproducteurs mâles une ossature solide, une téte longue maigre sans teinte bleue, des oreilles larges et droites, un nez de couleur noisette ; les béliers Leicester croisés avec les Gheviots doivent avoir le haut de la jambe écarté pour suivre les brebis sur la montagne. Les brebis Cheviot sont engraissées après avoir donné 3 agneaux. '
vil. - RACE DU BA$8IN DE LA LOIRE.
Ovis Aties ligerienm.
Caractères zootechniques. — I.e crâne est nettenuMiL dolichocé])hale ; le Iront étroit, incurvé en tous sens, ne présente pas de clieviiles osseuses, les arcades orbitaii'es sont effacées. 11 existe une faible dépression à la racine du nez, les sus-naseaux sont faiblement curvilignes, étroits, unis en voûle ogivale. La face à base fine est étroite, tranchante, très allongée. La taille oscille entre 0">,40 et 0^,70 ; la conformation est correcte, le corps ample, les gigots bien dessinés ; la poitrine manque parfois d*ampleur, mais la côte est bien arrondie, les membres courts.
[.e cou osl long et mince, la tèle à oieilles peu dé\ elopi>ées el ol)li(|ues est pignieiilée ainsi (|ue les membres, ou i)lus ou moins gai nie de taches biunes ou rousses. La loison est à bdus courts frisés en mèches égales, absente »ur la tète, le ventre et les membres.
Les sujets de ce type s*engraissent aisément et la chair est fine, très tendre, d'une saveur délicate.
Aire géographique, — La race du bassin de la Loire occupe une aire géographique étendue.
On la rencontre sur la partie centrale du bassin de la Loire (Indre, Cher, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, Loiret, Allier, Nièvre. Saône-et-Loirt^), dans l'Est et le Jura lVan(:ai> ou suisse, dans h's Ardeiines IVanraises ou bel^res, vei's le nordouest dans le Perche et les Landes de lîretagne. Kn Angleterre elle peuple les montagnes du pays de Galles (Sanson).
Le nombie élevé de ces populations isolées témoigne d'un habitat très développé aux époques passées. Les moutons du bassin de la Loire ont dû en effet rétrograder sous la pression des Mérinos, ils se sont maintenus dans les régions où l'humidité ne permettait pas d'élever avec profit cette dernière race. 11 semble établi que les ovidés du type du bassin de la Loire peuplaient autrefois, indéjMîndanHnent des régions indiquées.