‹ Zootechnie; mouton, chèvre, porcChapitre 75 sur 168 · MÉRINOS PRÉCOCE · texte numérisé non relu

MÉRINOS PRÉCOCE

ment par la régularité de sa conformation, mais encore par sa précocité. Les essais de perfectionnement ont donné des résultats sensibles, surtout dans le Soissonnais et le Chûtillonnais. En réalité, ces sujets gardent les signes dislinclifs quidiffé-

Fig. 55. — Métinos pri-cocc.

renciaient les variétés entres elles, le Mérinos précoce de Brie est plus j^rand (|ue ses con^^énéros, relui du vSoissonnais garde les (jualilés de sa laine, niais les Mérinos piécoces présentent tous la réduction caractérisli(|ue de la longueur et du volume des membres, la légèreté de la tète, la disparition des plis de la peau, le développement des lombes,

MOUTONS. — RAGB MÉKhNOS

«le la {toilrino v{ cnliii r<''V()lulion iapi<l»' du système denlaire.

Pai* suite de i'amplilu alion prise par le Ironc, la loison des Mérinos pré( oces est plus {)esante que celle des Méi inos ordinaires. Tout en maintenant ses qualités particulières et en accroissant la longueur des brins, la linesse reste la même, le diamètre du brin dépendant en effet de la constitution anatomiijue de la peau et aussi de la rapidité du développement.

La présence de cornes étant actuellement recherchée, les >Iérin«)s précoces piésenteni ces a|>pei)dices, bieu qu'il soit l'acile (le sélectionnei" dans le sens inverse.

Les >!erirn)s (ii^!>armé< semblent cependant perdre au bout de deux, trois, (juaUe générations une grande partie de leur aptitude prolifique.

En résumé, les Mérinos précoces praduisent, dans le même tenoips et avecla môme alimentation, autant de viande que les bishley et les Southdown, selon qu*ik appartiennent aux variétés de grande taille ou de taille moyenne ; cette viande est de qualité supérieure à celle des Dishley et au moins aussi bonne que celle des Southdown (Sanson); on obtient enfin un poids plus élevé de laine d'une valeui' supérit;ure ;lig. 55).

Variété de Mauchamp.

Cette variété a joui un certain temps d'une faveur passa^rère justiOée par la qualité de sa laine soyeuse; il n'en reste plus actuellement aucun représentant.

Gréée en 1827 dans la ferme de Mauchamp, près Berry-au- Bac, appartenant k M. Graux, par consanguinité et sélection à Taide d'un bélier né accidentellement avec une toison soyeuse, cotte population uvinesecompusail desujetsde taille moyenne, et d'ossalure lorte, la tète était dépourvue de cornes.

La toison très caractérisllcjue <Hail consliluée par des mèclirs pointues et tombantes ibrmécs de brins faiblement ondulés mais à éclat soyeux. La laine soyeuse n'ayant pas tmuvé d'usage industriel spécial, on pensa utiliser ces béliers pour Tamélioration de la laine des brebis communes; les essais tentés avec les Rambouillet ne furent sanctionnés d'aucun résultat intéressant.

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VARIÉTÉS &TRAiNGÈRBS

Le troupeau de Mauchainp acquis par l État l'ut successivement transféré à Lahayevaux (Vosges), à Grevrolles(C<jte-d'Or), à Chambois (Haute-Saùne) avant sa disparition complète.

Variétés étrangères.

Allemagne, — La i)opulation mérine d* Allemagne se rattache à trois types distincts. La variété Électorale habite la

Saxe, la Silésie, lo duché de Posen, la Roliéme ; la variété Neijretti est répandue en Mecklenil)()Uix, Poméranie; on dénomme enfin sous le nom «,'énériciue de variété Hambouillet les Mérinos importés du nord de la France, quelle qu'en soit Torigine et qui peuplent les régions fertiles du Mecklembourg, de la Si^e.

Les deux premières variétés introduites d'Espagne sont les plus anciennement connues, c'est seulement à Fépoque où par suite de la concurrence coloniale on entrevit la nécessité d*élever des moutons de poids plus considérable et à toison à jfnèches moins courtes que les Mérinos français jouirent en Allemagne d'une lépfitiine laveur.

La variété Électorale ou d'Escurial est de taille réduite (0"\ U) à 0"',r»0 , la téte esl peu foi'le mais munie de coi nes volumineuses, même chez la majorité des brebis. La contormulion laisse à désirer, comme l'attestent le cou allongé, la poitrine étroite, la croupe courte et oblique; les plis de la peau sont cependant peu nombreux. La toison, très onctueuse et pesant 2 à 3 kilogrammes, s'étend peu sur la face et les membres ; elle est très homogène, fortement tassée, en mèches courtes de 2 à 4 centimètres, le brin à ondulations régulières ayant de 0"",0(M à 0"",023 de diamètre.

Les moutons pèsent environ 2.") à M) kilogrammes, liMir exploitation est en voie de dépression et les Uambouilhd ou les métis Sonlhdown leur sont graduellement substitués.

La variété de Negretti i lig. iiô) ou Infanlado est cai'actérisée à première vue par les plis nombreux de la peau ; le ('oi j)s est plus court, plus trapu, plus pivs de terre, la téte est plus forte que chez les Électoraux. La toison plus étendue couvre la face et atteint les onglons, elle est également peu ouverte

MOUTONS. — RACE MÉHliNÛS.

mais les mèches sont plus longues, les brins moins fins.

Les Negreiti pèsent environ 35 à 40 kilogrammes, la toison parvient au jx/ids de 4 kilogrammes, mais elle perd beaucoup

au lavapo, sa nuance noirâtre est due à la sécrétion d'un suint ^Hnant loildiient eoloré. I)('j)uis la dépréciation dt's laiix's comles (iilo cxlra-lincs on supeilinrs, les Ne^'retli sonl [>hi> estimés (HIC les Klecloraux «■( des essais de croiscnienl entre les deux Nai irlés onl été réalisés.

Les Mérinos fiamhouiHct aUeviaudf> proviennent de nos meilleurs troui>eau\ du Soissonnais, CbAtillonnais, Champagne, Beauce, Brie, etc.; on les croise en Poméranie et en Mecklembourg avec les Negreiti ; en Silésie on unit les Mérinos avec les Southdown.

La population ovine de TAllemagne comptait .en iS.'îO environ 40 millions de têtes ; dès 1860, sous rinfluence d« l'ai)aisscnHMil (h's i)ri.\ i>ar suite de la concniiMMice des laines de l'Austiali»'. du ('ap, di* la Plala 1 , ce n(nn])re descendait à !.*> unllions de (('(('>, soil une diminution de 'J-> millions.

C'est pour développer parallèlement la production de la viande et celle de la laine que les éleveurs allemands connu encèrent à exporter dès 1863 des Mérinos Rambouillet dont ils avaient pu apprécier la valeur à l'Exposition de Hambourg.

Les croisements réalisés avec les brebis allemandes à laine fine et les béliers Rambouillet d*une conformation plus étoffée furent suivis de plein succès.

Les éleveurs allemands se sont d'ailleurs montrés adroits Comm('r(;anls et ont spécialisé' leur production vers les diverses calé/^oi ies exi^M'es par les indusli'ies lainières.

Le (•()n( oui > (les hèles o\ines de la race Mt-rinos (}ui se lient <'lia<|ue année sous les auspices de la Société centrale d'Agricultui'e, établit les classitications suivantes:

. A. Laines cuui te> à carde puur lu fabrication Laines > du drap, fines et extra-fines, à carde. ï B. Laines à carde extra-fines de moyenne ' longueur.

{Il Le> piix. <iui ^ ^• lalJll.•^>;lit'nl en ISiJI) sur la lu'isc de 3iMI lianes par quintal (le liiino lavée à dus, s'abai>saient successivement à 180 et ItiO francs.

MOUTONS. — RACK MÉttLNOS.

Ces laines de moyenne longueur ont con- . scrvé le caractère de laines à carde bien

Laines \ <|u'elIos proviennent de croisements *i«i"^fr^ 11 i entre béliers à laine pour la carde et de (ntoiiwolle). I brebis à laine propre au peignage (^u

récipHiqueinont.

Lain«'s ^ A. Laine pour i)('i;i,'ne du type allemand, ù, peigne. ( B. Laine pour peigne du type français.

Dans cha({ue calégorieoii distingue trois classes: laine line, moyenne ou grossière.

L'évolution de l elevaf,'e du Mérinos en Allemagne peut, en résumé, se caractériser ainsi. Dans le premier tiers du siècle dernier, le type Éleetoral prédomine. L*éleveur s'attache à produire une laine courte extra-fine sans se préoccuper du poids des toisons. Dans le second tiers du siècle dernier, le ty[)e Negretli prend Tavantage, la laine fournie est courte et line. A partir de 1863, sous Tinfluence des modifications survenues diiiis l'industrie textile, Tr-levai^e s'oriente vers la production de la laine propre au peigne, les llainhouillt'l sont impoités en Allemagne et les t'deveurs s'elloirent de donner une certaine importance à la production de la viande.

Autriche-Hongrie. — La variété Xegretti se retrouve également en Autriche, en Hongrie et Russie méridionale, où on la considère comme plus rustique et plus vigoureuse que la variété électorale, sa laine étant d'ailleurs de qualité plus commerciale; les Mérinos hongrois et russes concourent à l'approvisionnement du marché de la Viflette.

Dans la région montaf^iieuse de TAutriche à culture très divisf'c, rélevage du mouton ne joue (111*1111 i"ùle secondaire, la l'ace du |)ays a [)i'es(iue complètement disparu, reinplacée lentement ])ar des ovidés im|)orlés il Allemagne ou des métis mérinos à laine commune ou de longueur moyenne (Tyix)l, Varalbeig, Salzbourg, Styrie).

La Carinthie présente cependant une variété indigène dite race de Bleibourg, très rustique, bonne laitière et estimée pour sa viande. Il y aurait grand intérêt à développer cette spécula* tion zootechniipie et à tenter les variétés du pays avec les ovidés du Larzac, d'une aptitude laitière développée el d*un engrais-

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