MOUTONS. — BACE DE SYRIE
Au sud-ouest de TArabie habite la variété de Vïémen, dont la laine fine sert à la fabrication des tapi^ de Perse, dits de haute-laine. Rassemblés en troupeaux nombreux, ces ovidés parcourent TArabie, guidés par les tribus nomades.
Variété de KarakouL
La variété ovine de Karakoul liabitt», en Boukhaiie, les basses vallées de l'Anïou-Dai^a de Kerki à la mer d'Aral, et s'est épandii(> dans les pleines de Karakoul, Yacatout, Boukhara, Karchi, Khiva.
La taîUe est grande (0*^,60 à 0»,70), le corps allongé avec la poitrine étroite, le ventre gros et Tencolure longue.
La tête forte, à chanfrein très busqué, présente chez le bélier des cornes puissantes, aplaties à la base, descendant en anière des oreilles, qui sont longues et pendante?, pour lemonler ensuite veis les veux en <lé(•^i^ant une lartre spire ; les hre])is n'ont en généial pas (ie cornes.
L'airièi e-ti ain est plus élevé (pie l'avant-train, les membres hauts; la queue grosse se compose de deux lobes latéraux renflés à leur base, séparés par une rainure longitudinale, qui se prolonge par un queuton mince, souvent tirebouchonné à son point d'insertion (fionafé); la queue, presque plate au printemps, emmagasine, pendant la belle saison, des réserves adipeuses, que Fanimal utilisera Thiver.
La toison est noire, à boucles serrées, fortement tassée; elle constitue, prise sur le jeune animal sacrilié quelcpics heures api'ès la naissance, alin d'éviter le déliement des boucles, la Ibvu'rure dite « ai^trahan ».
Lorsque l'a^nieau ^^landit. les boucles se délient et après la tonte, la laine repousse à peine bouclée; au bout de plusieurs tontes, la mèche n'est plus que légèrement ondulée et tend, vers l'âge de cinq ans, à prendre une direction rectiligne.
Le front, la partie inférieur des membres qui étaient couverts de laine chez Fagneau, ne présentent plus chez Tadulte que des poils durs, bouclés, abondants surtout au front et à la partie postérieure des jambes de derrière.
Vers trois ans, la robe grisonne et se présente uniformément
VARIÉTÉ OË KAHAICOUL
blaiK! saU' à l àge descpl ans, saut les extrémités : tète, jambes et (jm'uc où la teinte foncée persiste.
A mesure que les boudes se délient, vers trois ans, la peau moins protégée laisse apparaître, entre les mèches un duvet lin et court.
La race très rustique et supportant des alternatives de + 60 degrés à — 20 degrés, est très sobre et très féconde.
L^exploitation ovine est entre les mains des petits cultivateurs qui possèdent des troupeaux de 200 à 300 tètes ; quelques riches propriétaires seuls Munissent 1000, 2000 et même r> (H)0 moutons, mais dans ce cas le trou|)eau est divisé en lots de ijOO tètes placés chacun sous la sauvegarde d'un berger, l'n aide-berger assure l'assistance nécessaire; les \ ivres sont transportés à dos de chameau, un âne sert de monture pour le berger, quelques chiens pour la défense contre les pillards ; des chèvres qui, plus résistantes, jouent en été le rôle d'entraîneurs, complètent l'effectif du troupeau et lui donnent son caractère particulier.
Le berger prend possession des animaux en présence du juge sarle (Kagé) et en devient désormais pécuniairement et même « corporellement » responsable ; son salaire comporte ia redevance de 300 à 000 tengas (117 à 234 francs), Thabillemen! et la nourriture.
\eis le 15 septembre, les béliers sont lâchés dans le troupeau, à ce moment largement alimenté sur la plaine ; les animaux se déplacent, cherchant la pâture quotidienne jusqu'à Tapparition des froids, où leur ration se réduit aux feuilles de maigres arbustes; la pluie, la neige, les froids occasionnent parmi les moutons, à peine abrités par des tas de branchage, une mortalité élevée (10 à 20 p. iOO).
Au mois de février, le troupeau émigré vers les régions fertiles, comprises entre Karakoul et Karchi sur une longueur de 200 liilomètres. La caravane part, le berger en avant, les membres de sa famille installés sur les chanieaux.
Le lieu de l'élevage clioisi, les primiti\e> tenles «'onsti'uitcs, on surveille les naissances des agneaux; séparé de sa mère, le jeune animal est tué dès le deuxième ou le troisième jour; on ne garde que les sujets de choix destinés à la reproduction.
MOUTONS. — RACB DE SYRIB
Deux fois par jour les femmes traient les brebis, le lait est consommé en nature ou transformé en fromage. Les peaux des agneaux sont séchées à Fombre et salées.
Durant tout le printemps le troupeau trouve sur les plaines sableuses une p&iure sufRsante ; dès Tété, le troupeau se met en marche sur le steppe et s*achemine au mois d'août vers les quartiers d'hiver.
On l'ait, (Ml général, deux tontes par an, \ers le 15 avril et dans le mois d'août.
La brebis mené cette vie errante pendant Iniit ou neut ans; les portées doubles étant la règle générale, on obtient ainsi sept à huit agneaux dans la carrière d'une mère ; on ne réforme pas les vieilles brebis, la valeur de la peau de l'agneau étant toi:jours au moins égale à sa propre valeur. Lorsque la brebis meurt avant le terme, Tagneau est soigneusement retiré de son sein, la fourrure se vend alors un prix élevé (13 à 20 roubles). On vend ces peaux d*astrakan par pa(iuets de dix à des commissionnaires, allemands |>our la plupart ; le prix est d'environ 7 roubles 'M).
Un troupeau de oOO lètes donne comme revenu annuel :
Laine : 100 pounds à 4 r. 30 4£Û roubles.
Fourrures : 400 à 7 r. 5 3.000 —
Total 3.420 roubles.
Le bénéfice net peut être évalué à 855 roubles pour un capital de (500 X "7 r* 3750 roubles. L'entreprise laisse donc des bénéfices très appréciables, malgré les conditions parfois précaires de cette exploitation.
Dans TAfghanislan existe un type d'ovin à robe blanche irace de Merv) qui donne avec le bélier noir Karakoul, des agneaux gris cendré, dont la lourrure vaut de 20 à 30 roubles.
L'influence du milieu sur les conditions mêmes de la piXH duction semble; indéniable : les brebis afghanes amenées sur le sol de Karakoul donnent dès la troisième année des sijyets complètement noirs. Ces faits tendent problématiques les essais d^acclimatement du Karakoul dans des régions éloignées de son aire géographique.
VARIÉTÉS OË RUSSIE.
Variétés de l'Asie Mineure et de la Grèce.
L23 moutons de la Syrie, de l'Arniénie, de rAnalolie, de la province de Brousse, de la Grèce, rappellent par leur conformation ceux de la Perse.
. Les ovidés d'Anatoiie ont cependant la toison moins grossière et les masses adipeuses du train postérieur, bien moins volumineuses, disparaissent totalement dans la variété dite CMrdjiek (mouton à queue mince). Dans TArménie, au contraire, la queue est tellement développée, que l'anîmal la porto avec peine (fig. 58). Les peaux des agneaux de certaines y ariélôs II vi ent l(?s fourrures dites « astrakhan ».
En Anatolie, dans TÉpire, la spéculation zootechnique ])rédominante est la production des agneaux, consommés surtout à Pâques et celle des fromages de brebis.
Certains troupeaux comptent jusqu'à 800 brebis laitières et le régime général est celui du parcours; on obtient 7 à 8 kilogrammes de fromage par tète et par an ; les toisons, tondues deux fois par an, en avril et août, donnent à peine 2 kilogrammes de laine.
En Asie Mineure, ces ovîdés, désignés sous le nom de races d'Andiim>[)le, de Philippople, servent à la consommation locale ; la taille est réduite, le pelage est noir, les cornes petites, la laine longue.
Variétés de Russie,
On trouve dans toute la Russie méridionale, dans le Caucase et sur les steppes des moutons du type syrien; les masses adipeuses diminuent graduellement à mesure qu*on s*avance vers rOccident. La toison, de nuance grisâtre, est surtout utilisée pour confectionner les pelisses des paysans. En Russie, les animaux valent sur place 2 ii . 50 à 0 francs et arrivent à peser 30 kilogrammes.
Les laines de Sibérie el Russie oifrenl peu d'intérêt à cause de leur qualité inléi ieure. Un enlève la laine deux lois par an ; au printemps la laine se détacbe presque seule, elle DipPLOTH. — Zootechnie, III. — 15
MOUTOiNS. — RAGB DE SYRIE.
est longur ('( rude; en viv, on tond les moutons qui donnent une laine plus courte et plus fine, estimée 6 à 7 roubles la pièce (15 Ir. 90 à 18 Ir. 55).
Les peaux d'agneaux et iespetitespeaux de moutonsdonnent lieu à un certain commerce, le prix en esl de 40 à 50 copecks pièce (1 fr. 06 à 1 fr. 33) ; on les expédie à Tétranger par les ports de Revel, Pétersbourg et Libau. fin automne, les peaux des animaux tués à cette époque sont Tendues 2 francs à 2 fr. 95 aux industriels de FOural, ({ui en confectionnent des vêtements fourrés et des pelisses. Les peaux d'agneaux mortnés, «< merloncka », de couleur rouge qui se vendent à Petropavlosk, vi*'iin«Mit de l'Asie cenlrale ; la peaud'asrneau mort-né dite « astrakhan > vient également de TAsie centrale (Tackend, Tolmak, Karakoul).
Le nombre des moutons et des chèvres existant en Russie était, dès 1900, de 70,647,000, soit 45 p. 100 de la population animale du pays, et cela malgré la diminution considérable qui est résultée de la baisse du prix de la laine et des mauvaises récoltes des dix dernières années.
La densité de la population ovine, par rapport à la population humaine, décroit du Sud au Nord; la plus forte se trouve dans la Nouvelle-Unssie, le gouvernement d'Astrakhan, le tenitniic de la Koulian et au Caucase; la moindre s observe dans les gouvernements du Nord-Ouest et de TOuest.
II y a en Russie deux [)i'incii>ales races ovines. Celle à laine line ou Mérinos (environ 15 millions de tètes) habite le sud, le nord du Caucase, le territoire du Don et la région de la Vistule. Les Negrettieths Segretti-Êlecloram sont en diminution constante et supplantés par des Bambouillel^ des Infantado. Les varhétés à grosse laine et de la race de Syrie, présentent beaucoup de variétés. On les trouve en Bessarabie, dans la Tauride, le territoire du Don, la Transcaucasie et dans l'Asie crnlrale russe. Ces vari»''lés se distinguent les unes par la (jua- Ii(é «le la toison <'t par la foni i ure as(rakhan\ et les autres, parla production laitière d la qualité de la viande.
L'exportation des moutons est peu importante : environ 83,000 tètes par an, dont 58 p. 100 sont expédiés en France et 32 p. 100 en Turquie.