‹ Zootechnie; mouton, chèvre, porcChapitre 88 sur 168 · ZIO · texte numérisé non relu

ZIO

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Thurttovie

Gomme termes comparatifs nous pouvons placer en regard reffectif des populations caprines des diverses nations européennes.

En 1890.

En 1890.

En 1900.

Allemagne (toLalilé

Autriche

Diyilizea by CjOOgle

GHÈVRËS.

Fonctions économiques. — Les r]î«''vres peuvent produire (lu lait, delà viande et de la laine. En Europe TexplciUlion la plus usitée consiste dans la traite des femelles, le lait étant consommé en nature ou servant à la confection de fromaues de chèvres; deux variétés asiatiques, celles d Angora et de Cachemire, donnent des produits utilisés par Tinduslrie textile.

La production de la viande est jusqu'à présentpeu développée, on se contente ordinairement de vendre les chevreaux, à Texception de quelques localités des Alpes et des Pyrénées où on châtre les niàk's avant de les ('n<;i aisser. 11 y a quelcjue prévention dans le dédain nianileslé vis-à-vis do la viande de rlu'vre : les Aialx's de (juehines tribus enj^M uissent les femelles laitières avec des lèves et obtiennent une viande plus savoureuse que celle du mouton.

Dans nos régions la chèvre, exploitée uniquement pour la production du lait, est nourrie peu abondamment et reste toujours maigre; on garde Fanimal aussi longtemps qu*il peut donner du lait ; la chair de la chèvre âgée ne présente plus aucune tendreté, de plus, un second motif d*éloignement réside dans le pai lum {uu ticulier, rodeur« hircine » présentée par les clièvres, odeur qui aifecte même la viande des animaux tués.

On pourrait remédier à ces inconvénients évidemment fâcheux par la castration et par un soin plus atttentif du troupeau, des conditions d'hygiène et d'alimentation rationnelles.

L'odeur particulière aux chèvres ne se manifeste que vers Tftge de six mois, et la castration pratiquée après quelques années de services permettrait d'obtenir une viande saine, agréable et nutritive. Au lieu de livrer à la consommation les chevreaux âgés de six semaines à deux mois et ne donnant qu'une viande légère mais fade et peu laite, on pouriait les engraisser après castration et les vendre à six mois, en obtenant ainsi une chair plus mûre, plus savoureuse; la plusvalue acquise ainsi par la production de la viande des caprins en France pourrait s'évaluer à 12000000 francs (i)

(1) En comptant 3400000 chèvres, soit 2 000000 de chevreaux par an, on livrerait à la boucherie 1 600000 chevreaux donnant six mois 10 kilogrammes de viande nette au lieu de 3kff,700 par téte

FOiNGTIOIjS ÉCOiNOMIQUES. . 273

(Huart du Plar^sis) dont prontoraiL largement la petite culture qui détient en particulier cet élevage.

La chèvre d'Angora se distingue par ses qualités parliculiL rcs de viande de boucherie et son fumet agréable (1). Signalons enfin les gigots fumés des chèvres valaisiennées, autrefois très estimés.

Les peaux des agneaux alimentent les mégisseries et la peau de chèvre est utilisée soit comme vêtement, soit dans les

industries du cuir ou pour fabriquer des outres; le véritable niaro<iuin ou saflian est un cuir de clu'vre travaillé avec soin dans le pays d'Âsafi (Maroc;. L'importation des peaux de chèvres a pris une grande extension ces dernières années aux États-Unis d'Amérique. Sa valeur annuelle, qui était de 4 millions de dollars en 1885, est actuellement de 25 millions de dollars. La majeure partie des peaux de chèvres importées vient de llnde, de Chine, de l'Arabie et delà Russie du Sud-Est. Cette augmentation est surtout due à la faveur croissante dont sont Tobjet les chaussures et gants fabriqués de certaines sortes de chevreau.

La valeur de Timportation a été la suivante dans les plus remarquables des vingt dernières années :

1885 4.197.376 dollars.

Aux États-Unis, Télevage des chèvres et la production des peauxde chèvre n*ont pas encore pris Fessor qui leur permettrait

de satisfaire tout au moins une partie des besoins. La toison des chèvres angora sert à confectionner les lus-

en viande de clievreau. Vendus à 6 mois les jeunes animaux vaudraient 12 à 15 francs pièce, au lieu de 5 francs, prix moyen d'un

chevreau.

(1) Chevet fut char!^'»' par la Société d'acclimatati(»n de décider de la valeur « culinaire » des chèvres Angora, et son jugement fut des plus favorables.

CHÈVRES

li iiK^s, les camelots et les filets turcs; le duvet de la chôvi c de Cuclieinire fournit le châle de (Cachemire. Le lait des chèvres est consommé nature ou sert à la fabrication de fromages estimés portant des noms variables. Le suif de bouc, $ebum hirei^ a été de tout temps employé en pharmacie.

Le fumier de chèvre est un engrais chaud qui convient parfaitement aux sols argileux, lourds et froids ; son action est plus durable, néanmoins, que celle du fumier de cheval.

Une chèvre bien nourrie pendant six mois dliiver k Vétable et six mois au pàturav'e donnera de 500 à 000 kilop^rammes de fumier estimé 5 francs les 100 kilogrammes, soit un revenu annuel de 25 francs.

Méthodes d'exploitation. — En règle générale on unit dans une même opération les divers stades de la production : production et vente de jeunes capridés, élevage de sujets depuis le sevrage jusqu'à Tutilisation des produits et produc^ tion des diverses utilités zootechniques. F^rmi les sijgets nés chaque année on eh vendun certain nombrecomme chevreaux, le reste augmente l'effectif du troupeau, remplace les brebis réformées; quelques sujets de choix sont vendus comme chèvres laitières.

il. - PRODUCTION 0£S J£Ulf£S CUIPRIDÊS.

Nous avons élabli l'état de dégénérescence dans lequel se trouvent la plupart des populations caprines françaises; par incurie ou indifférence, Féleveur a laissé s*abâtardir les races et les sujets obtenus ne présentent aucun sigpe de perfectionnement.

On peut se demander devant cette situation précaiic de notre élevao^e, quelles méthodes seraient susceptibles d'améliorer rapidement cette production zooteclini<iuo.

A première vue le croisement semble devoir réunir tous les suffrages; il existe à l'étranger des races perfectionnées dont les mérites pourraient ainsi se conférer héréditairement avec rapidité, et l'emploi des reproducteurs des belles races suisses, Saanen, Valaisienne, Toggenburg, etc., pourrait être couronné de succès.

Nous inclinons à penser que le croisement est une méthode zootechnique peu recommandable, même dans les cas aussi particuliers que celui de la clièvre. On connaît trop peu Tatfinité des races croisées, le jeu des lois héréditaires en conllit, la fréquence des coups en arrière, pour baser sur le croisement et les métissages qui en sont la conséquence nécessaire un mode de perfectionnement logique et rationnel.

Le plan d'amélioration devrait être, à notre sens, établi d'après les lignes suivantes.

Sll s'agit d'une race simplement dégénérée manifestant, malgré les conditions précaires de son éleva^^e, quelques traces de ses anciennes vertus, il sera possible par une séleclion attentive et continue de ramener celte population ovine à son étatancien de perfectionnement; la malléabilité évidente de la chèvre, la fréquence de ses portées, la modicité des dépenses à engager plaident en faveur de ces procédés de sélection peu coûteux, aucunement aléatoires et d'une réussite assurée.

Examinons le second cas; la population caprine est totalement abâtardie sans aucun symptôme de perfectionnement,

GBÈVRBS.

les produits en sont médiocres, la valeur incertaine ; il y aurait tout avantage à tonter une importation totale d'une race anlL'liorée, en choisissant cette dernière parmi les types capables de s'adapter aux conditions r&rtîculières de climct, de régime et d'alimentation.

La valeur des reproducteurs et des chèvres de races perfectionnées n'est pas si élevée que cette tentative ne grève l'entreprise de frais considérables; les variétés Suisses, Maltaises, Murrieniî^^s, par exemple, conviennent chacune à une situation particulière : altitude, ré<?ime de stabulation ou vagabondage sur les sites escarpés, etc. ; on trouverait aisément le type susceptible de convenir aux conditions de Tentreprise.

Sauf les cas particuliers où par suite de la proximité des aires géographiques, les types croisant et croisés sont analogues, les méthodes d'exploitation doivent se référer à l'un des deux procédés : sélection pure ou importation de sigets améliorés, élevés dans des situations semblables et des conditions analogues.

Pratiqué de la sélection.

Choix des reproducteurs. — La chèvre présentera une conformation régulière avec un bassin ample et développé, le dos sera droit, le corps allongé, les reins larges, le creux du flanc peu apparent, la croupe forte, garnie de masses musculaires développées.

Les cuisses seront larges et épaisses, les épaules charnues, les membres secs et forts, on observera soigneusement la largeur et la protondeur de la poitrine; chez les sujets élevés en stabulation la poitrine olire une tendance à se rétrécir (Julmy) ; Tencolure sera courte et bien musclée, la conformation opposée étant fréquente parmi les chèvres; on recherchera les sujets présentant une téte fine et petite avec un large front, un pelage soyeux et fin, une peau souple et fine.

Les chèvres à robe blanche, sans cornes, offrent ainsi des caractères de m féminisme » qui paraissent favorables à leurs 'fonctions génératrices; de plus, le pelage blanc est plus csLiuié; le pis sera enfin volumineux, à peau line, avec des

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