II. - PRODUCTION DES JEUNES SUIDÉS
Par suite de l'exploitation intensive des iioics nni(|uement en vue de la production de la viande, le maxinuim de profit dépendra de la rapidité avec laquelle on pourra livrer les sujets à l'abattoir. L'alimentation exerce donc dans ces faits une influence considérable, raction des phénomènes héréditaires doit être cependant examinée. La viande des porcs revêt des qualités différentes selon sa provenance, les sujets précoces provenant des variétés très améliorées ont une propension excessive à prendre de la graisse qui détermine la production d'une viande grasse de goût moins délirât, de lard mou, se salant mal, et se consei vant peu aisément; au conlraire, les variétés craonnais, mancelles, noi inandes, napolitaines, etc. livrent à la consommation une chair sapide et peu grasse, uu lard ferme et savoureux.
Ces considérations dirigent Téleveur dans le choix d'une méthode de reproduction. Si les débouches offerts sont tels que les consommateurs apprécient peu la chair grasse des va* riétés anglaises, ce serait une foute d'utiliser le croisement et d'accoupler les variétés indigènes avec les verrats anglais ; sans doute les métis obtenus s'engraisseraient aisément, mais les produits ne trouveraient pas un écoulement lémunérateur elles jeunes gorets élevés se vendraientdillicilcment; la production des jeunes étant la spéculation la plus rémunératrice, l'éleveui^ serait privé d'une source de bénéfices importants.
Au voisinage des grands centres, ou lorsque Fexploitation comporte Tengraissément des sujets élevés, on pourra utiliser les croisements avec les métis anglais, ou même exploiter les
variétés anglaises, bien qu'en réalité il existe des races françaises aussi précoces dont la viande de meilleure qualité se paie toujours un prix plus élevé. Dans la plupart des cas l'application des méthodes de sélection aux variétés indigènes donnera les résultats les plus sûrs et les plus profitables.
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Pratique de la sélection. — La <lestinalion unique des suidés à la boucherie tacilile 1 application de la sélection. On recherchera chez les reproducteur» la conformation assurant le maximum de rendement, c'est-à-dire un corps allongé et large.
Fig. 72. — Type de bonne conformai ion.
cylindriiiue dans toulo son élciidne, des membres très courU», un cou réduit, une lèle peu ^ oluniineuse (fii:. 72).
Le faible volume de la lôle enlrainant ^Généralement la finesse de rossalure^ la réduction du cou et des membres, ce caractère est important à examiner, et donne de plus une idée exacte de la précocité du sujet considéré.
Les soies fines et rares indiquent une aptitude à Fengraissèment facile, la présence de pigmentation est un caractère de race qui ne donne aucune indication.
L*exami'ii poilera également sur les organes repioduc-
ACCOUPLEMENT
leurs, avec d'autaut plus d'attention que les variétés précoces présentent parfois des signes d'anorchidie, de cryptorchidie» d'impuissance ou d'infériorité. Même avec deux testicules normaux, certains verrats améliorés manifestent une certaine
IVigidité; il conviendra donc de se rendre compte de leur ardeur au coït et de se .souvenir que l iiitécuudité est fréquente pai'mi les races trop affinées.
La tiuie doit être éjialeinent férondc et l)onne laitière; l«*s mamelles seront nombreuses et bien développées. Leur nombre dépend de la variété porcine considérée, mais dans tous les cas, plus une truie présente de mamelles, mieux sa fécondité est assurée. On réformera les mauvaises mères qui ne se laissent pas téter, étouffent leurs petits sous elles et vont parfois jusqu*à tenter de les dévorer à mesure quMls naissent.
Accouplement. — Les jeunes h uie-^ manifestent pour la premiri'e fois des instincts j^énoiques \rrs l ù^e de huit mois environ. Loi'sque l aliincnlation est ralioniicile. on peut les accoupler drs ce moment; la première poitée ne nuit pas au développement de l'animal, si des ressources nutritives suftisantës sont mises à sa disposition.
Les chaleurs de la truie sont faciles à percevoir : la béte grogne, s*agite, mange peu ; les lèvres de la vulve sont tumé* fiées et rouges. Cet état dure en moyenne deux à trois jours, pour cesser et se renouveler tous les dix-huit à vingt joui*s.
Les mâles peuvent être également accouplés vers l'âge de huit mois, lors(ju'ils sont bien nourris : on peut leur faire etTectuer pendant (juebjues mois .{ saillies par joui" ; ce nombie s'élève et atteint 5 saillies pour un verrat de dix-huit mois; un mâle sufût pour 40 à 45 truies.
Ordinairement on réunit les deux sujets à accoupler dans la loge du verrat ou dans une petite cour annexe.
Le coït est prolongé et dure une dizaine de minutes; il importe de ne pas déranger les animaux et de ne pas les séparer trop tôt.
Les truies et verrats étant difficiles à conduire et à diriger, on peut se servir a\ antageuscment d'un petit « travail » dont le lecteur con«;uil facilement Tagencement : la truie est
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attachée en avant par la patte à un anneau, une barre basse à
rarrière l'empèclie de reculor, le verrat parvient aisément à connaUi'e l endioil et s'y dirij^e seul ; ce dispositif permet de plus de soutenir à l aide de sanj,des passées sous le ventre, les jeunes truies incapables de supporter le mâle. On peut encore creuser ou exhausser le sol en arrière du travail pour faciliter les saillies.
L'époque de Taccouplement est choisie de façon à pouvoir vendre les gorets sevrés à Tépoque où les cours sont présumés être les plus élevés.
Gestation. — La durée de la gestation chez la truie est d'eux ii on quatic mois ou cent x ingl jours, le nombre rencontré le plus coiunRiiit'iuent est cent quatorze jours (trois mois, trois semaines, tn>is jours -, les variations présentent unécart d'une semaine ; ces femelles fournissent en général deux portées par an. Les races perfectionnées portent moins longtemps, le minimum de la durée de la gestation paridt être cent onze jours et le maximum cent vingt^huit jours. Cette durée augmente à mesure que la truie vieillit (Viborg). ' On constate rarement des avortements chez les truies, sauf chez les variétés très perfectionnées ; néanmoins on évitera les causes d'accidents, les heurts, coups, blessures, et les animaux seront placés dans des loges spacieuses, propres, garnies de litière IVaîclie,
• L'alimentation, abondante et saine, sera distribuée avec une grande propreté et ne comprendra aucune substance nuisible pouvant être toxique pour les fœtus; les moisissures, les aliments fermentés, sans action sur Torganisnie du porc adulte, peuvent exercer à ce point de vue une action néfaste.
Les rations constituées seront riches et peu volumineuses : eaux grasses associées au son de froment, farine d'orge, de seigle; maïs, orge, j)ommes de terre, débris des abattoirs cuits, etc., luzerne, trèfle xeil, glands, etc..
Pârturition. — Le moment de la délivi*ance inoche, la truie l'assemble la litière en un coin de sa loge qui sera, à cet etfet, pourvue de paille fraîche. L'éleveur laissera s'accomplir la pârturition qui s'elTectuele plus souvent normalement et n'exercera qu'une simple surveillance. Les cochonnets sont