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comestibili et tous les spaccii de Rome, où l'on trouve de quoi faire la soupe et le Rata; la troisième corvée, qui est de soupe, consiste à aller porter à 5 heures à. m., le afé aux zouaves de sa compagnie, qui sont de faction dans un poste éloigné ; à 9 h. a. m. à porter aux mêmes, la gamelle de soupe, et à 5 h. p.m, à leur porter encore la gamelle remplie de ce que nous appelons le Æata ; ces trois corvées sont assez bien vues de messieurs les zouaves ; mais gure à la corvée de cuisine, à la corvée de quartier et à d'autres corvées aussi attrayantes.
La corvée de cuisine, promet plus de taches que de plaisir à celui à qui elle échoit en partage. Elle consiste à passer la journée à emplir des marmites à gueules béantes, à vider ces marmites, à remplir les gamelles, à faire le feu, à entrer de l'eau dans l’antre des cordons bleus de la compagnie, à trancher la viande et le pain, puis les distribuer également dans chaque gamelle, et à d'autres petits soins qui m'en font lécher les doigts, au souvenir, Il arrive souvent que l'on s'y fait plus de taches de suie que de graisse, et pour cause. La corvée de quartier est une corvée de propreté fort malpropre à faire. Elle est d'ailleurs réservée aux hommes punis.
Voilà une partie des Jouissances que l'on a ménagées à nos frères d'armes, dès le lendemain de leur arrivée. Ils ont répondu avec honneur à leurs engagements, et se sont acquittés de leurs devoirs comme de vrais soldats chrétiens, Aujourd'hui, ils sont tous réjouis d'avoir, pour la plupart, déjà fait quelque chose pour la bonne cause, Comme nous disons en faisant des parties de
plaisir de ce genre ; nous leur recommandons de prendre
les choses plus froidement et de garder un peu de leur ardeur pour l'avenir et ses conséquences.
Peut-être ne savez-vous pas trop en Canada où en sont au juste vos enfants aujourd’hui, Les uns nous envoient former la première compagnie du quatrième bataillon de zouaves, qui n'existe que dans leur cerveau. Un autre, nous envoie au fort St-Ange, un autre dans les montagnes à chasser les Banditti, ou dans un bataillon de guerre, ete. Il n’y a pas eu d’autres mutations dans notre petit corps franco-canadien que celles que je vous mentionnais dans ma dernière correspondance, et aucun de nous n'a encore quitté Rome où nous cuisons à petit feu en attendant mieux,
[est vrai que les rumeurs et les cancans sont en grand honneur dans nos casernements et qu'un haussement d'épaules d'un officier, un regard d'un des secrétaires du colonel où un froncement de sourcil de ce dernier, nous font partir de suite pour toutes les directions du patrimoine de St-Pierre et en font plier d'avance sous le poids de leurs sacs. IT est en effet grandement question d'en détacher un certain nombre, dont l'instruction est terminée, pour compléter les cadres de certaines compagnies de guerre, et d'envoyer les autres soit à Monte Rotondo soit à Mentana. Mais je n'ose à présent me prononcer sur l’époque de res changements, ‘ar comme l'on dit à la Bourse :
Change et vent Changent souvent ;
et surtout dans l’armée, où les changements que le pioupiou désire souvent, se changent ordinairement en vent.
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La première compagnie de dépôt à laquelle appartiennent les vingt-quatre derniers arrivés devait partir hier pour Monte Rotondo, et y remplacer en partie le troisième bataillon de guerre qui rentre à Rome, Mais par une raison que vous trouverez peut-être assez curieuse, l'ordre à été contremandé et le départ retardé au 15 courant. En concordance avec l'ultimatum du pro-ministre des armes, ayant rapport à ce sujet, quatre cents zouaves all grown up men se sont fait vacciner il y à quelques jours, par le chirurgien major, qui craignant qu'une longue marche, sac au dos, n'occasionnât plus d'enflammation que n'en requiert la faculté en pareil as, s'est opposé à leur départ au nom de la science. Et les autorités militaires se sont rendues à ses représentations.
Comme dit le brave Murray, avec l'accent que vous lui connaissez, “Il y a des choses bien drôles dans l'administration.” C'est ainsi qu'en vertu du vieil axiome anglais “ one ounce of prevention is better than a pound of cure” on a vacciné toute l’armée pontificale. même les vieux picotés. Notre excellent camarade Forget eut beau dire à son caporal d'escouade, # mais regardez “moi donc, on m'appelle “ moule à plomb ” tant je “suis marqué de la petite vérole. Dispensez-moi je “ vous prie de cette petite opération ” ...... “ O dre Supérior ” répondit le caporal, et Forget fut obligé de retrousser sa manche et de recevoir sur son bras grêlé, une nouvelle inoculation de vaccin romain. “ La Fé6ôrme, voyez-vous,
Tout le détachement jouit d’une santé à faire crever de dépit, les disciples qu'Esculape a en Italie. La
gaieté règne dans toutes les chambrées du Janicolo. Souvent les bouttées.. d'harmonie qui s'échappent de la caserne de nos amis, doivent troubler dans son sommeil, le chantre de la Jérusalem délivrée, qui dort à trois pas d'eux.
Contre nos prévisions et à l'appui de ce que je vous disais plus haut, la quatrième compagnie de dépot, à laquelle j'ai l'honneur d'appartenir, et qui devait aller occuper les vastes dortoirs des bons Hiéronymites. à St-Onuphrio, est aujourd'hui casernée dans le Couvent des Augustins, Via della Scrofa. d'où nous partons tous les matins à + heures, pour aller faire résonner les rives fleuries du Tibre, de la poësie de nos tête oîte ! tête auche ! prenez. ouche ! déchirez, ouche ! (cartouche) et de refrains aussi mélodieux. Nous avons déjà pris l'habitude de ne penser à la longueur de la distance parcourue, qu'en recevant le commandement, “en place repos |” Nous marchons souvent des heures entières, sans songer à la halte. Aïnsi nous faisons allègrement deux à trois lieues avant de déjeuner, avec soixante livres sur le dos, sans que rien n'y paraisse et en peu de temps encore. Ilest vrai que notre marche est bien allégée par les fanfares de nos vigoureux clairons. Les jeunes en rapportent souvent des ampoules aux pieds, mais les vieux grognards de sergots les consolent, en leur prédisant que ça se cornifiera avec le temps ! ”
En ce moment nous avons des binettes dignes d'être croquées (au crayon bien entendu) avec nos cheveux courts, qui poussent droits comme des clous. Nous ne nous soucions guère du qu'en dira-t-on. Nous courons les rues, le nez au vent, le képi sur l'oreille, et
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