‹ Zouaviana, étape de vingt-cinq ans, 1868-1893 [microforme]Chapitre 17 sur 108 · PASS PET · texte numérisé non relu

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la main sur la garde du sabre-bayonnette, cherchant partout des ennemis qui, se sont tous convertis, je crois, et ont fait leur paix avec le bon Dieu. Nous ne voyons rien de rien. C'est à s'engendrer querelle pour s'entretenir la main.

Un jeune zouave écrivait à sa maman que l'on ne pouvait sortir le soir dans les rues de Rome sans être accompagné d'un ami, de crainte d'être assassiné. C'est à faire lever les épaules de venir afticher de pareilles blagues. Ies rues de Rome sont plus sûres à toute heure Gu jour et de la nuit que maint quartier de grandes villes jouissant d'une profonde paix à l'intérieur, et même que certaines parties de Montréal (et cela sans reproche). On n'a jamais défendu, ni même conseillé de ne pas sortir le soir et la preuve c'est que tous, tant que nous sommes, nous avons, quand nous la méritons, la permission de dix heures, du théâtre ou de la nuit. Le correspondant timoré a dû en profiter luimême plus d'une fois. La seule crainte que les mauvais citoyens aient à appréhender, est de tomber dans les tilets d'une patrouille de gendarmes et de zouaves qui parcourent la ville en tous sens, après le couvre-feu.

J'ai, moi comme les autres, fait souvent la patrouille, de 10 heures du soir à trois heures du matin, l'arme au bras et l'œil au guet ; mais nous n'avons pas eu de chance, —pas un coquin à empoigner, Les ennemis de l'Eglise, qui sur ces données, attaquent l’administration municipale de la ville Eternelle, sont dans l'erreur la plus grossière et n’ont qu'à consulter les régistres, écrous et statistiques de Rome pour s'assurer qu'il n'y à pas eu de crime important de commis

depuis que nous y sommes. Au contraire, pas même d'incendie.

Les Romains paraissent aimer et aiment con furore leur Pontite-Roï. Ils pavoisent, tapissent de fleurs et de sable fin les rues par lesquelles le St-Père passe journellement pour faire sa promenade, avec une petite escorte de huit à dix gardes noblesseulement, A voir le peuple

tomain se jeter à genoux d'aussi loin qu'il aperçoit venir le piqueur de son Souverain, à entendre ses acclamations venant du cœur: Ævviva Pio nono! Evviva Papa Nostro,et recevoir le front courbé dans la poussière la bénédiction du grand Pontife, on ne croirait pas qu'à quelques kilomètres de là, il y ait des gens pervers parlant la même langue et ayant les mêmes besoins du secours de sa charité, qui puissent désirer un instant sa ruine.

Nous avons été victimes d’accusations aussi Tâches qu'abominubles, de la part de la presse anti-religieuse. L'on a accusé les zouaves canadiens de déserter le drapeau pour la défense duquel ils ont quitté parents, amis et tout ce qui leur était ‘her, au delà des mers. Une pareille accusation nous à afligés profondément d'abord, mais son absurdité absolue nous la fit mépriser comme elle le méritait.

Le poste de la porte St-Pancrace fut mis en émoi, il y à quelques temps, vers deux heures du matin, par un de nos Canadiens qui y était de faction. Nous avions eu l'avant veille une séance de Théorie sur le service de Place. Ce soir-là notre camarade s'était bien promis de mettre en pratique, ce que le «sergent de semaine lui avait recommandé. Or, entendant des

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