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ses talons, paraît l'examiner avec attention avant de se décider à le frapper. F.... prompt comme la poudre, croise la bayonnette et lui hurle plutôt qu'il ne crie un “Qui vive!” à donner la chair de poule.—1IT attend tout fiévreux, une réponse qui ne vient pas, IT répète encore deux fois sa sommation et ajoute à la troisième, selon la théorie, (à! est très fort sur la théorie) ‘“ si vous ne répondez pas, je fais feu.” Un silence de mort succéda à ces paroles du zouave. L'on croit qu'ici, pénétré de l'importance de l'acte qu'il allait accomplir, et pensant qu'il avait le bonheur de tirer le premier coup de feu, tiré par un Canadien, il invoqua son patron, celui des chasseurs, épaula son arme, ferma les yeux et fit feu.
A cette détonation, le poste mis en émoi, fut de suite sur pied et l'on vint reconnaître immédiatement la cause de ce coup de carabine. Notre zouave tout glorieux et complètement réveillé, donna l'explication de sa conduite au sergent de garde, et lui montra la place où gisait celui qu'il avait cru devoir frapper. L'on fut relever le cadavre et, oh douleur ! notre chevalier S'aperçut qu'il avait été le héros d’une cruelle méprise. Un rayon de lune se jouant à travers la colonnade sur une borne en marbre, plongée, quand au reste, dans l'obscurité, son imagination lui avait trouvé des formes humaines et il avait cru devoir prendre l'offensive. IT obtint que sa prouesse ne figurerait pas dans le rapport du lendemain, et en fut quitte pour le cauchemar pendant la dernière ptrtie de sa première qarde.
Rome, le 8 juin 1868.
(Cercle Canadien),
Je reprends le fil quelque peu décousu de ma correspondance pour vous dire encore un mot de notre cercle, Les étrangers qui nous ont fait l'honneur de venir le visiter, le trouvent très convenuble et nous complimentent sur la bonne intention qui a présidée à sa fondation, Nous étions les seuls, jusqu'à présent, qui comme nationalité, n'avions pas de lieu de réunion à la hauteur de notre position, Les Français, les Hollandais, les Belges, les Allemands, les Anglais, etc., ont tous chacun leur cercle et sont logés princièrement, Dans presque tous ces cercles ils ont même des avantages matériels plus palpables que nous, en ce sens que les comités nationaux, distribuent à chaque zouave une petite quantité de tabac toutes les semaines, et de plus déposent aux cercles, une certaine quantité de cette plante, à l'usage des consommateurs et des visiteurs. Je ne fais pas cette réflexion pour donner un int au comité canadien, loin de moi cette pensée, je la donne à titre de renseignement voilà tout.
J'ai l'honneur d'être commandé par M. le baron George de Fabry, qui ma déjà entretenu de l'amitié qu'il portait à notre frère d'armes et ami Testard de Montigny, pendant son service aux zouaves. Il m'a parlé en termes très élogieux du premier Canadien qui était accouru à la défense du Saint-Siége et m'a montré ses photographies qu il conserve encore religieusement.
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