RENTREE CE
{ À partir de ce moment, nous ne vécumes plus que de la vie végétative coloniale, et nous n'existâmes que pour le Old England. Nous passâmes à l’état de satellite de la grosse planète anglaise “John Bull” et gravitîmes péniblement autour de cet astre en compagnie de nos sœurs coloniales, plus British que nous et acceptant cette situation froidement, s'estimant heureuses de contribuer à la gloire de l’Empire, par leur effacement à son profit !
De ce jour nous passâmes par la filière. Même pour le service de propreté, il fallait adresser un placet à la Commission Royale anglaise, la priant de vouloir bien demander à la direction française un ordre de sortie, pour enlever les ordures de notre section et les porter au dehors du palais, vu que rien n’en sortait sans permis. Nous ne manquâmes plus de niches alors.
Cette farouche jalousie s'étendit jusqu'aux invitations officielles. Les ambassades, l’ Elysée, les hôtels des préfectures, les ministères, etc., avaient ouvert leurs salons ; les étrangers étaient inscrits en tête des listes d'invitations. L'Angleterre arrêta, quant à ses colonies, ce système bon tout au plus pour des hommes libres. La Commission Anglaise envoyait une liste contenant des noms choisis entre les purs, où se faisait expédier un paquet d'invitations en blanc, que les commis de sir Cunlitte- Owen, le secrétaire royal, remplissaient avec les noms des colonists dont la conduite avait été exemplaire,
M. Gordon Brown, alors directeur politique du Globe de Toronto, mon collègue à la Commission Canadienne, fut nommé quelque temps après commissaire délégué du Canada au Congrès International Postal,
siégeant à Paris, afin de faire incorporer le Dominion dans l’“ Union Postale ”.
M. Cochery, ministre des Postes et Télégraphes de France, président du Congrès, reçut M. Brown avec affabilité et lui conseilla de se hâter de faire apostiller les lettres de créances qu'il tenait du gouvernement ‘anadien, par son ambassadeur à Paris, afin de prendre part aux débats.
M. Brown prévoyant de nouvelles difficultés, pria sir Cunliffe-Owen, secrétaire de la Commission royale, de l'accompagner chez Son Excellence Lord Lyons pour l'appuyer au besoin. L'ambassadeur demanda à M. Brown, si l'Angleterre n'était pas déjà représentée à ce Congrès, Notre délégué répondit affirmativement. “ Eh bien,” répliqua Lord Lyons, “ ne croyez-vous pas qu'un commissaire jugé digne de représenter les intérêts de la Grande-Bretagne, puisse en même temps s'occuper des affaires d'une de nos coionies ” ? et il refusa.
Au sortir de cette audience, M. Gordon Brown qui avait été à même d'apprécier en maintes occasions la différence des traitements et des égards accordés à un citoyen anglais sur un colon anglais, me disait : “aussi “ longtemps que je dirigerai le Globe, aussi longtemps “ que je tiendrai une plume, je m'efforcerai d'empêcher “ le Canada d'accepter à l'avenir, une invitation, soit à “ une exposition internationale, soit à un congrès où “ l'Angleterre sera aussi représentée par une commis- “ sion, à moins que le Canada ne soit invité personnel- “ lement, et que nos représentants ne soient assurés “ d’être admis comme délégués d’un grand pays.”
VE A 1 7 rh A ER an BE
DE Nes UE
)ominion
aphes de own avec apostiller ernement e prendre
£s, pria Sir royale, de yons pour nda à M.
sentée à ce ativement. roy eZ-VOUS ‘ésener les ême temps es”? et il Brown qui ccasions la ordés à un ait : ‘aussi longtemps d'empêcher ation, soit à congrès Où ne commis- £ personneljent assurés
1 pays