‹ Aimée Villard, fille de FranceChapitre 23 sur 32 · XXII

XXII

On éleva le petit de Brunette avec beaucoup de peine. Trois fois par jour, Aimée fit chauffer du lait qu’il venait laper en jetant de menus abois. Quelque temps, il chercha sa mère, et fureta, son bout de nez à terre, reniflant et soufflant, tout tremblant sur de grosses pattes. Bientôt, il suivit les vaches au champ, affairé et trottinant, poussant des jappements aigus. Fansat connut qu’il serait bon de garde. Dans l’herbe rase, il se lançait de toutes ses forces contre les bêtes qui balançaient leurs fronts pesants. Parfois, il se précipitait et son museau butait contre une motte de terre et le faisait rouler sur la tête; mais il repartait, ouvrant sa petite gueule rose et jappait, jusqu’à ce que Nonot le prît dans ses bras et le berçât comme un poupon.