Chapitre 28 Maurice Darville à Angéline de Montbrun
Mon amie,
Je suis encore tout souffrant, tout brisé, de cet effort terrible qu’il m’a fallu pour m’arracher d’auprès de vous. Une fois dans la voiture j’éclatai en sanglots, et maintenant encore, par moments, je suis faible comme un enfant.
Pourtant j’essaie de vivre sans vous voir. Mais vous oublier un instant, je n’en suis pas plus maître que d’empêcher mon cœur de battre ou mon sang de circuler. Ah ! si je pouvais vous dire l’excès de ma misère. Tout me fait mal, tout m’est insupportable. Angéline, voici l’instant du départ. Je m’en vais mettre l’océan entre nous. Que Dieu ait pitié de moi ! et qu’il vous garde et vous bénisse, ma fiancée chère et sacrée, mon immortelle bien-aimée !
Embrassez votre père pour moi. Ô ma vie ! ô ma beauté ! je donnerais mon sang pour savoir que vous me pleurez.
Maurice
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