‹ Au cœur de l'AuvergneChapitre 5 sur 38 · III

III

Par les grands steppes nus de la Castille plate, Ils allaient, sans jamais regarder l’Occident, Même à l’heure sublime où le soleil ardent S’y noie, en une mer de pourpre et d’écarlate.

Car ce n’est pas là-bas qu’est la terre Auvergnate, C’est vers le nord; là-haut, l’Auvergne les attend: L’Auvergne!... A leur regard avide et persistant Le vert frais et riant du doux pays éclate.

Eh! que leur font Madrid, Burgos, Valladolid? Ils y passent, sans même y coucher dans un lit Et chevauchent, des jours entiers, sans voir un arbre,

Sous un soleil de feu,--des montagnes de marbre Où l’aigle plane au fond d’un ciel d’azur et d’or Et toujours leur regard se tourne vers le Nord.