‹ Aux jours de MaisonneuveChapitre 32 sur 34 · Scène 4

Scène 4

Élisabeth, Anita

Élisabeth reste comme anéantie (sic). On entend la fusillade. Entre une sauvagesse.

Anita – Tu avais laissé la porte ouverte. (Elle tire les verrous, et s’avançant.)Je t’apporte des nouvelles. Les Iroquois avaient pris le moulin, mais ton mari les a chassés. Ah ! tu dois être heureuse, ton mari est un si grand guerrier.

Élisabeth, se ranime et saisit les mains de la huronne –Anita, toi qui viens d’être baptisée, remercie Dieu pour moi.

Anita – Ah, oui, je le remercie. Mais il faut te réchauffer. Tu as l’air d’une fleur gelée. (Elle étend des fourrures sur un banc et y place Élisabeth défaillante, va prendre un manteau accroché au mur, l’en couvre, s’assied par terre à ses pieds et la regarde.)Tu aurais donc bien de la peine si ton mari s’en allait au ciel. (Élisabeth ne répond pas.)Vois-tu, je ne comprends pas cela. Tu l’aimes, et il serait si bien en Paradis.

Élisabeth – Je ne le verrais plus.

Anita – Mais lui verrait Dieu. Depuis que j’ai reçu le baptême, – depuis que je suis l’enfant de Dieu, je sens en moi comme un désir de mourir pour voir mon Père, – et tout en marchant, tout en travaillant, je pense comme le ciel sera beau.

Élisabeth – C’est que tu as encore dans toute son énergie la grâce de ton baptême. Ah ! mon Dieu, j’entends des coups de fusil ! Anita, je le pleurerais jusqu’à ce que je meure.

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