‹ Bécassine chez les AlliésChapitre 10 sur 61 · 10

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« En temps de guerre, ça n’est pas simple de faire des emplettes. Dans tous les magasins il y a une foule !… Et pas assez d’employés. Il faut faire la queue quasiment comme chez Potin pour le sucre.

« J’avais couru du Bon Marché au Printemps, de là au Louvre, et je n’avais pas acheté la moitié des choses écrites sur ma liste, quand j’ai vu une horloge qui marquait 4 h. 1⁄/2. Et M Thérèse qui m’attendait avant cinq heures ! J’ai tiré une belle révérence à la demoiselle qui me servait…

« … et j’ai galopé au Ministère. J’allais y entrer quand il me revient que madame m’avait dit :

« — Nous aurons besoin de votre portrait. Passez à la photographie Rapid ; j’ai prévenu ; en un quart d’heure ce sera fait. » J’avais tout à fait oublié.

« Heureusement, une idée me pousse. Je saute dans un taxi. (Encore une chance d’en avoir trouvé un disposé à travailler.)

« Je rentre chez nous, je grimpe quatre à quatre dans ma chambre…

« … j’y prends le grand portrait qu’a fait de moi mon filleul Boudou, comme je vous ai raconté dans mon livre Bécassine pendant la guerre.

« Je l’enveloppe…

« … Aussi vite que j’étais montée, je redescends.

« Je saute dans mon taxi, et me revoilà au Ministère.

« Il faut être futée comme une Parisienne pour se reconnaître dans ces endroits-là. C’est des kilomètres de couloirs, des tas de portes, et on ne voit personne. Après dix minutes de promenade au hasard, j’arrive devant une pièce où il y avait écrit :

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