‹ Bécassine chez les AlliésChapitre 9 sur 61 · 9

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« Le lendemain, pendant que je rangeais dans le salon, M la Marquise et M Thérèse causaient dans la pièce à côté. Sans faire exprès, j’ai entendu que Madame disait : « Vous avez tort, ma chère Thérèse, elle ne sera pour vous qu’un embarras ; elle fera bêtise sur bêtise. » J’ai bien compris que c’était de moi qu’on parlait.

« M Thérèse répondait de sa jolie voix douce : « C’est possible, ma tante ; mais elle est si bonne et si dévouée ! » Et puis elles sont entrées et elles m’ont demandé si je consentirais à accompagner la jeune Madame, qui suivra elle-même, autant que ce sera possible, son mari, dans ses voyages.

« Moi, je voudrais que mes bons maîtres soient toujours ensemble, parce que je les aime tous, et que quitter l’un ou l’autre, ça me fend le cœur pareillement. Alors, je me suis mise à pleurer comme une grosse bête, et j’ai dit que je ferais tout ce qu’on voudrait.

« Eh bien, Bécassine, a repris M Thérèse, puisque ma tante y consent, vous venez avec nous. Il faut compléter votre garde-robe pour ces grands voyages. Allons regarder ensemble ce que vous aurez à acheter. » Nous sommes montées dans ma chambre.

« J’étais honteuse de lui faire prendre l’escalier de service ; mais toute comtesse qu’elle est, elle est bien simple et pas fière. Même elle jouait à faire la chasse aux toiles d’araignées, que cette paresseuse de concierge n’enlève jamais !… Ces jeunesses, ça s’amuse de rien !

« Nous avons sorti toutes mes nippes de ma malle et de ma commode. Quand elle a eu tout bien vu, M Thérèse a écrit ce que j’aurais à acheter. Ça faisait une liste qui n’en finissait pas. Elle m’a donné le papier, et de l’argent.

« Elle m’a dit qu’après mes emplettes, je vienne la rejoindre au ministère, où elle allait pour les sauf-conduits et tous les papiers nécessaires, de ne pas arriver plus tard que cinq heures. Il en était déjà deux ; fallait se presser. Je me suis si bien pressée que j’ai dégringolé sur le dos la moitié de l’escalier. »

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