‹ Bécassine chez les AlliésChapitre 16 sur 61 · 16

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Encore au camp d’aviation. Le major Tacy-Turn s’accorde un petit quart d’heure de repos. Se balançant doucement dans un rocking-chair qu’il a installé au soleil, il savoure sa solitude, son silence, sa pipe, et commence à somnoler.

… quand le bruit d’un teuf-teuf l’éveille en sursaut. Apparaît un motocycliste militaire qui fait une entrée en trombe, décrit une courbe savante, saute lestement de sa machine et tend à l’officier un paquet assez volumineux et une enveloppe.

Le paquet contient un en appareil de photographie à grande distance, nouvellement inventé. Dans l’enveloppe, il y a un ordre enjoignant au major d’essayer immédiatement l’appareil en allant au-dessus des lignes allemandes prendre des photographies des tranchées.

Pour la première fois de sa vie, le Major regrette d’être seul ; il ne peut à la fois conduire un aéro et prendre des photographies. Perplexité. Il demande au cycliste s’il peut monter avec lui. Non, le cycliste ne peut pas ; il a d’autres ordres à porter.

… il reviendra dans trois heures chercher les photos. Et, réenfourchant sa machine, il repart aussi vite qu’il est venu.

« Compliqué ! » dit le major.

Après avoir mis sous clef l’appareil et l’ordre, il bourre une nouvelle pipe, prend son stick et sort du camp.

PERSONNAGES

Le major marche rapidement. C’est ce qu’il fait toujours quand il a à résoudre un problème qui l’embarrasse : la marche lui donne des idées. Il presse le pas pour rejoindre une femme qui suit la route en avant de lui, et dont il se demande où il l’a vue déjà. Au moment où il va l’atteindre…

… elle se retourne.

Le Major. — Aôh ! la bavarde !

Bécassine. — L’officier qui a l’air si méchant !

Effrayée, elle se met à courir.

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