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« … ils m’ont présentée à l’Empereur, et Cadorna lui a dit : « Bonne tête, hein ? Sympathique… Plairait au public. Si on la mettait dans un tableau ? » Il a répondu : « C’est à examiner ; je vais y penser. On ne risque toujours rien de la faire venir. »
« Avec le casse-croûte et toutes ces conversations, le temps avait filé… le tramway aussi. Il s’est arrêté ; j’ai entendu le nom de ma station, et je me suis précipitée vers la porte en disant, bien à regret, adieu à mes compagnons.
« Mais ils ont dit que c’était là qu’ils allaient eux aussi. Les généraux, les soldats, tout le monde est descendu ; ça a fait une belle bousculade.
« Moi, je tirais bien poliment ma révérence à chacun, en disant : « Au revoir, mon général… au revoir, mon Empereur… bien le bonjour, M’sieu le marchand de café. »
« Il n’y a que le rouquin que je n’ai pas salué : décidément, sa tête ne me revenait pas. Il a essayé de me faire un sourire aimable, mais ça le rendait encore plus laid.
« Comme j’allais partir, mon ami Joffre — il me semble que je peux l’appeler comme ça sans manquer de respect — m’a demandé si je serais occupée longtemps au village. J’ai répondu que j’en avais à peine pour une petite heure, le temps d’acheter des légumes.
« Eh bien, qu’il a repris, quand vous aurez terminé vos achats, venez donc nous rejoindre aux baraques que vous apercevez là-bas. C’est notre quartier général, vous y verrez des choses intéressantes. »
« J’ai remercié, bien contente de l’invitation, et je les ai regardés s’en aller en chantant…
« … tous ensemble bras dessus bras dessous, les généraux, les soldats, l’Empereur et le marchand de café. C’est encore une chose qui m’a étonnée de voir des gens si haut placés et du si petit monde compères et compagnons comme ça.