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« … j’ai sauté sur lui, je lui ai arraché son poignard…
« … j’ai roulé l’homme par terre…
« … et j’ai mis le pied sur son dos comme j’ai vu une fois un dompteur faire à un tigre méchant.
« Il m’a semblé que le marchand de café m’attrapait encore et recommençait à parler de film perdu ; mais l’Empereur lui a crié : « Tourne ta manivelle et tais-toi… C’est excellent, ça aura un succès fou. » Moi, j’étais si émue et énervée que j’ai fondu en larmes.
« Ils ont été bien gentils ; ils m’ont entourée, consolée, remerciée. Et puis, ils ont été remettre leurs vêtements civils, et on est repartis à la station. Ce qui a été le plus grand de mes étonnements, c’est que Joffre marchait à côté de cet affreux traître qui avait cherché à l’assassiner, et il l’appelait « Mon bon vieux ».
« À la station, ils ont été stupéfaits de la quantité de légumes que j’avais achetés. Bien sûr je n’aurais pas pu les porter toute seule ; ils m’ont aidée, non seulement là, mais à A… où ils ont eu la bonté…
« … de m’accompagner jusqu’à la maison et de me donner un coup de main pour ranger les légumes dans la cuisine ; il y en avait partout, par terre, sur les tables ; ça ressemblait à un étalage de marchande.
« En me quittant, l’Empereur m’a dit : « Mademoiselle, en remerciement de ce que vous avez fait, voici des places réservées pour la représentation de demain au Grand Cinéma national. C’est une première qui vous intéressera ; ne manquez pas de venir. »
« Je suis restée toute bête, les billets à la main, me demandant si je n’avais pas rêvé, et ce qu’il pouvait y avoir de commun entre le cinéma, l’Empereur et tous ces grands chefs.