‹ Bécassine chez les AlliésChapitre 34 sur 61 · 34

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Au milieu de la nuit qui suivit la séance de cinéma, Bécassine fut réveillée en sursaut par M Ferluyr. « Descendez vite à la cave, lui criait la bonne dame au comble de l’agitation ; voilà les zeppelins ; c’est plein de zeppelins. »

Bécassine n’est pas peureuse. Malgré qu’on entendît de formidables détonations, elle s’enveloppa chaudement, sortit de la malle sa coiffe du dimanche, son stylo, le cahier contenant ses mémoires, une boîte en coquillages gagnée à une loterie…

… quelques autres bibelots auxquels elle porte une grande tendresse. Elle s’en chargea, descendit sans hâte l’escalier, y perdit beaucoup de temps parce qu’elle laissa tomber les objets qu’elle portait. Enfin, elle arriva à la cave.

Elle y trouva la jeune M de Grand-Air et les dames anglaises, pensionnaires de la maison. Elles avaient installé une petite table à jeu et faisaient un bridge. Leur calme contrastait avec l’agitation de la logeuse, qui, à demi-morte de peur…

… s’était effondrée sur un casier à bouteilles et répétait, dix fois par minute, son sempiternel : « Tristesse et calamité ! » Bécassine, toujours bonne, déboucha une bouteille, en fit boire, en guise de cordial, la moitié à M Ferluyr…

… et s’adjugea l’autre moitié, pour qu’elle ne fût pas perdue. À ce moment, retentit la sonnerie de fin d’alerte. On devait savoir, plus tard, qu’il n’était venu qu’un dirigeable, et qu’il avait fait plus de bruit que de mal. Chacune regagna son lit.

Vers huit heures du matin, Bécassine, qui réparait les fatigues de la mauvaise nuit, fut réveillée par une série de coups frappés au rez-de-chaussée si violemment qu’ils ébranlaient la maison. Tout engourdie de sommeil, elle se dressa sur son lit et dit : « Allons bon, voilà leur sale mécanique…

« … de zeppelin qui revient… Tant pis, je ne descends pas ; j’ai trop envie de dormir. » Et elle allait repiquer un somme, quand sa maîtresse parut dans sa chambre. « Eh bien ! Bécassine, dit-elle, vous n’entendez donc pas ? Depuis un quart d’heure, quelqu’un frappe à la porte. »

Bécassine se leva en hâte, fit une toilette sommaire, et se précipita. Nous devons avouer qu’encore somnolente, elle se sentait pleine de malveillance contre l’inconnu qui la dérangeait, et qui frappait en ce moment avec une vigueur redoublée. Elle ouvrit brusquement…

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