‹ Bécassine chez les AlliésChapitre 49 sur 61 · 49

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« Alors, il a fait un grand geste avec son bras droit et il a dit : « Glass. »

« J’ai fait bien exactement le même geste et j’ai répété : « Glass. — Glass. — Glass. — Glass. »

« Après, ça a été un geste tout pareil, mais du bras gauche, en criant : « Fork. »

« Et puis, Émile a dit, et moi après lui : « Clock, clock, clock, » en levant les deux bras vers le mur.

« Ça m’amusait beaucoup, cette leçon. Je me suis mise à gesticuler, et à répéter je ne sais pas combien de fois : « Glass, fork, clock, » en criant tant que je pouvais, parce qu’il me semblait que de crier les mots ça me les mettait mieux dans la tête. Au moment où je criais le plus fort…

« Monsieur et Madame sont entrés ; ils ont demandé : « Que se passe-t-il donc ? Vous en faites un bruit ! On doit vous entendre dans la rue. » J’ai expliqué que je prenais une leçon d’anglais. Ils ont dit que c’était très bien à condition d’être moins bruyante : puis Émile est sorti avec le lieutenant.

« Il a fallu que je recommence pour Madame le récit de mes aventures. Quand j’ai eu fini, elle est revenue sur la leçon d’anglais. « Savez-vous déjà quelques mots, Bécassine ? — Oui, Madame, je sais glass, fork et clock. — Très bien, vous voilà savante… Et ça signifie ?… »

« — Madame le sait bien : glass, c’est remuer le bras droit ; fork, c’est remuer le bras gauche : et clock, c’est lever les deux bras. » Madame m’a regardée d’un air stupéfait, et puis elle a été prise d’un fou rire comme elle en a souvent. Elle est si jeune !

« J’étais toute penaude. Quand son rire a été calmé, Madame à montré successivement le verre, la fourchette et une horloge qui est sur le mur, en disant : « Ceci est glass, ceci est fork, ceci est clock. » Je n’avais pas du tout compris les gestes d’Émile.

« Maintenant, je me demande si je vais continuer mes leçons. Comme j’ai de la mémoire, je crois que j’arriverais à parler anglais ; mais ce que je crains, c’est de parler sans comprendre ce que je dirais. »

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