‹ Bécassine chez les AlliésChapitre 50 sur 61 · 50

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La mission dont est chargé Bertrand de Grand-Air sera de courte durée. Il a prévenu Bécassine qu’on repartirait dans peu de jours. « Je vous donne congé tous les après-midi, a ajouté M de Grand-Air ; profitez-en pour visiter Londres. » Bécassine a remercié et, en compagnie…

… de Zidore et d’Émile, elle parcourt infatigablement l’immense ville, admirant et s’étonnant sans cesse. La vieille Tour et la tenue pittoresque de ses gardiens l’ont particulièrement émerveillée. « Je croyais, a-t-elle remarqué, que tous les officiers et soldats anglais étaient en kaki. »

« — Oui, tous, à expliqué Zidore, toujours enclin aux mystifications, tous, excepté les seigneurs de la Cour. Ceux-là, ce sont des seigneurs de la Cour. » Et Bécassine a fait aux gardiens une révérence dont, malgré le flegme britannique, ils ont paru fort surpris.

Au cours de ces promenades, la brave fille lit avec beaucoup de soin les inscriptions des magasins et est enchantée quand elle y rencontre des mots qu’elle connaît, comme Tramway, Five-o’clock, revolver. « Je commence à comprendre l’anglais », dit-elle.

Émile se rengorge : « C’est pas étonnant, assure-t-il, quand on a un bon professeur. » Il continue, en effet, à lui donner chaque jour une leçon. Le maître et l’élève rivalisent de zèle, sans arriver, quoi qu’ils pensent, à de bien brillants résultats.

Or un soir, au cours de la leçon, ayant besoin d’un papier pour prendre une note, Bécassine se mit à explorer sa poche. Elle en tira une enveloppe, la regarda, et aussitôt sa physionomie prit une expression désolée.

« — Ah ! mon Dieu, s’écria-t-elle, c’est la lettre et la petite fleur que le major Tacy-Turn m’a chargée de porter à Miss Grace, sa fiancée. J’avais oublié. — Il faut y aller demain, dit Émile. — Et, ajouta Zidore, il faut écrire tout de suite à la miss, pour être sûre de la trouver chez elle. »

Bécassine jugea fort judicieux ce double conseil. Sous la dictée et la surveillance d’Émile, elle confectionna une lettre en anglais qu’elle s’empressa d’aller jeter à la poste. Ce lendemain, à l’heure dite, guidée par ses deux amis…

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