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Des têtes se montrèrent aux fenêtres : « Par ici, le vitrier !! » appela une voix. Ils montèrent, César remit un carreau qui lui fut payé un bon prix. Il était content : « Va bene, disait-il, zé revois la fourtoune. » Et ils repartirent.
Mais le châssis pesait lourd à ses épaules. Il posa son fardeau à terre et dit : « Zé souis oune zentilhomme, oune zentilhomme, il doit faire gagner l’arzent à son associée. Si zé porte, zé peux…
« … pas çanter. Si ze çante pa, ze fais pas gagner l’arzent. Étant oune zentilhomme, ze dis : Bécassine, faites le portefaix. — Si vous voulez, répliqua celle-ci. Mais c’était pas la peine de dire le contraire tout à l’heure. » Cette journée et les deux suivantes furent bonnes.
Ils posèrent une vingtaine de carreaux. Il y eut quelques légers incidents. Bécassine, en aidant son associé, laissa tomber une poignée de mastic sur la robe de la dame chez qui ils travaillaient. La dame se fâcha…
… réclama dix francs pour le dégraissage. « Zé discoute pas, fit César d’un air de grand seigneur. Zé paye. Ze souis oune zentilhomme. » Il donna les dix francs et nota la somme sur le carnet qui ne le quittait jamais.
Une autre fois, Bécassine s’engagea, de toute sa vitesse, dans un couloir trop étroit pour son châssis. Il y eut un grand fracas de verres brisés. « Ça en fait pour à peu près vingt-cinq francs, dit César. Va bene, il y en a d’autres chez le marchand. — C’qu’il est gentilhomme ! »…
… pensa Bécassine. Mais le prix des vitres augmentait tellement que les clients se firent rares. D’ailleurs, le bombardement et tes raids continuant, Paris se vidait. Un jour, après une longue tournée infructueuse, César dit « E finite ! La fortoune : elle nous éçappe. »
« … Nécessaire de liquider la société ; faisons les comptes. » Il tira son carnet, additionna les recettes, en dit le total et la part qui revenait à Bécassine.
« Tant que ça ! » s’exclama celle-ci enchantée. « — Minoute ! riposta le peintre, vous devez quelques petites çoses : dix francs pour le teintourier, vingt-cinq francs pour les verres cassés… et pouis… et pouis… » Il y avait tellement d’et puis, et si cher comptés, que, tout mis en balance, la brave fille se trouva débitrice de deux francs vingt-cinq.
« Zé vous les donne, fit César ; zé souis oune zentilhomme. Addio la Signorina. » Il s’éloigna.
Une fois de plus, Bécassine se trouva sans situation sociale. Tirant son porte-monnaie, elle constata que l’association, qui devait faire sa fortune, avait ébréché ses économies de façon inquiétante.