‹ Bécassine chez les TurcsChapitre 19 sur 61 · 19

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Un taxi-auto passait. Il daigna s’arrêter ; mais le chauffeur fit des difficultés, dit qu’il n’aimait pas le quartier de la gare de Lyon, qu’il ne marcherait pas.

Alors l’artilleur posa la main sur son épaule et lui tint ce discours : « Si tu fais le méchant, je te jette en bas de ton siège en te prenant par la peau du dos… do, sol, si, la. » La main et le creux étant également formidables…

… le chauffeur devint doux comme un agneau. Il s’était arrêté presque en face de l’hôtel de Bécassine. Celle-ci monta à sa chambre, tassa ses effets en un gros paquet.

Les trois voyageurs montèrent dans l’auto qui démarra en vitesse.

Tandis que la voiture tournait le coin de la rue, Bécassine aperçut, la durée d’un éclair, Ben Kaddour, qui, en voyant partir son fétiche protecteur, levait au ciel des bras désespérés.

Mais il y a un moyen connu de ne pas se laisser distancer par les autos les plus rapides, et le musulman l’employa.

« Plus que trois minutes ! » dit Zidore au moment où l’on arrivait à la gare.

Ce fut une course folle.

Des employés voulurent arrêter nos trois personnages ; la main vigoureuse de Stentor triompha de tous les obstacles.

Juste comme le train se mettait en marche, Bécassine, Zidore et Stentor sautèrent dans le fourgon de queue. Chose étrange : une boîte à ordures, qui se mouvait avec une vélocité singulière, bondit dans le wagon à leur suite.

Au bout d’un instant, de la boîte sortit une voix qui disait : « Y a bon Médème Cassine ; si ti aller bout du monde, Ben Kaddour ti suivre. »

Et, riant de toutes ses dents, Ben Kaddour apparut aux yeux de Bécassine stupéfiée.

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