‹ Bécassine chez les TurcsChapitre 30 sur 61 · 30

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Sur le pont, il y avait branle-bas, mais pas d’affolement. Des matelots se rendaient tranquillement à leur poste. Ils riaient entre eux de la drôle de tournure que leur donnaient les ceintures de sauvetage…

… qu’on ajuste en cas d’alarme. Ils ont ri surtout en voyant arriver le chef cuisinier. C’est un bon gros tout réjoui. La ceinture, trop étroite pour lui, n’arrivait pas à se boucler.

Son gâte-sauce tirait de toutes ses forces sur les courroies ; le chef gémissait qu’il allait étouffer, qu’il préférait encore être noyé ; mais le petit répétait : « Faut qu’elle aille ; faut la mettre, c’est l’ordre. » Et, à la fin, les boucles ont bouclé.

Je remorquai Zidore et Stentor vers mon bon ami Bourlingue, que je voyais à sa place de commandement. Ah ! ils ne faisaient pas les fiers, et ils ne trouvaient plus leur

… farce si drôle. Du plus loin qu’il nous a aperçus, le commandant a crié : « Qu’ça signifie ? Pas de ceinture !… Désobéissance !… Conseil de guerre ! » Mais je me suis avancée, je lui ai dit : « Y en a pas besoin de ceinture, commandant, y a pas de danger ; c’est une erreur : ils vont vous expliquer. » Et j’ai poussé en avant…

… mes compagnons bien penauds. Les explications de mes deux farceurs ont été aussi embrouillées que si je les avais faites moi-même. Pendant qu’ils parlaient, je guignais le commandant et je me disais : « Gare là-dessous ! Il va piquer une de ces rages !… Il va éclater !… Bon, ça commence ! » Il s’est mis à rouler des yeux terribles, à crier :

« Grave, très grave, tout ça ! Pas réglementaire… Punitions effroyables : fusillade, pendaisong au grand mât ! » Mais moi qui le connais, il me semblait que sa colère était feinte, et en effet, tout d’un coup, il n’a pu pas s’empêcher de rire…

… comme il fait souvent, à en perdre la respiration. Tout en riant, il bousculait Zidore et Stentor, bien contents maintenant ; puis, son rire calmé, il leur a dit qu’il leur faisait grâce, parce qu’il aimait la gaieté et qu’ils l’avaient bien amusé.

Alors il a appelé son lieutenant, il lui a commandé de signaler la fin d’alerte. En un clin d’œil, chacun a retiré sa ceinture. C’est certain que c’est un vêtement utile, mais sauf pour les dames qui ont…

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