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L’embarquement du restant du groupe s’opéra sans difficulté. Le soleil, haut sur l’horizon, eut vite fait de sécher les naufragés, Bécassine ayant trouvé dans sa vaste poche un petit peigne et un fragment de glace,
… ils réparèrent à tour de rôle le désordre de leur toilette, « se refirent une beauté », suivant l’expression de Zidore. Puis deux heures passèrent, et l’ennui vint.
Stentor, pensant qu’un peu de bonne musique distrairait ses compagnons, entonna la chanson du Petit Navire. Mais quand il en fut au passage où l’on tire à la courte paille pour savoir qui sera mangé,…
… Zidore déclara que dans les naufrages bien administrés, on ne tire pas à la courte paille : on commence toujours par manger les plus gras. Il regardait avec insistance Bécassine. Celle-ci frissonna,…
… demanda à Stentor de ne plus chanter des choses aussi tristes, rabroua Zidore pour sa plaisanterie. Puis, décidément de mauvaise humeur, elle se plaignit que le commandant Bourlingue les abandonnât. Ce n’était pas juste ; le commandant avait quitté son bord le dernier,…
… peu d’instants avant que le navire sombrât. Ignorant le retard causé par M. Proey-Minans, il croyait le groupe 5 avec la flottille qui emmenait passagers et équipages. Il rejoignit celle-ci ; tous furent recueillis le soir même…
… par un croiseur français. Combien eût été grande l’anxiété de ce pauvre groupe n 5, s’il s’était su livré ainsi à lui-même ! Déjà sa gaîté tombait, les plaisanteries de Zidore, les chansons de Stentor…
… ne trouvaient plus d’échos. Soudain Hindenburg se dressa, sauta sur le banc d’avant, gronda. « Une voile, là-bas ! » fit Bécassine étendant le bras. Joyeux, ses compagnons répétèrent : « Une voile ! »
Mais Hindenburg, les crocs découverts en un rictus féroce, aboyait à plein gosier. M. Proey-Minans dit : « Cet animal a un flair merveilleux : ceux qui viennent doivent être boches ou amis des boches. »
La voile se rapprochait rapidement.