‹ Bécassine chez les TurcsChapitre 59 sur 61 · 59

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Un soir, nous campions dans un pays de montagnes. Il commençait à faire froid, nous nous chauffions autour d’un grand feu ; le cœur nous battait parce que de temps en temps, nous entendions gronder le canon, qui nous annonçait le voisinage des nôtres. « Je parie qu’on va revoir notre protecteur, dit tout à coup Zidore. — Pari gagné ! » répondit la voix d’Ernest-Pacha.

Il s’assit à côté de nous, près du feu, et rapidement nous donna des nouvelles : les boches étaient battus, bien battus, mais eux et leurs alliés pouvaient tarder encore à demander la paix ; alors, mieux valait tenter de nous enfuir.

Nous en aurions l’occasion le lendemain, notre voyage devant se continuer en caravane. « Comme dans toute caravane qui se respecte, dit Ernest, il y aura un chameau. J’ai donné des ordres pour qu’on vous l’attribue. C’est un…

« … chameau de course un animal extraordinaire, qui part comme une flèche quand on fait près de lui un certain sifflement, tenez, comme ceci. » Il fit le sifflement, nous invita à le répéter. Nors avons tous essayé, et seul M. Proey-Minans…

… réussit. « C’est parfait, dit Ernest. Quand vous jugerez le moment favorable, montez tous sur le chameau, sifflez, et bonne chance !!!… » À la pointe du jour, la caravane s’organisa. On nous amena Soliman, notre chameau, qui était bien la bête la plus laide et la plus quinteuse que j’aie jamais vue.

On se mit en marche. M. Proey-Minans suivait, S’accrochant à la queue de l’animal quand les montées étaient trop rudes. Pour ne pas oublier le sifflement que lui avait appris Ernest, il le répétait entre ses dents, tout bas. Sans s’en rendre compte, il le fit de plus en plus haut. Soliman…

… inquiet, dressait la tête, piaffait. Brusquement, sur un sifflement plus fort, il démarra en vitesse. Et voici ce qu’on vit à l’avant.

Et voici ce qu’on vit à l’arrière.

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