‹ Bécassine chez les TurcsChapitre 7 sur 61 · 7

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Pendant les journées précédentes, les bombes et les obus avaient fait de grands ravages dans Paris. La foule s’attroupait devant les maisons atteintes. Bécassine se joignit quelques instants aux curieux.

Puis elle se mit à errer au hasard, et bientôt elle remarqua que beaucoup de personnes collaient sur leurs vitres, pour les empêcher de se briser, des bandes de papier plus ou moins ornementées. « Voilà, se déclara à elle-même Bécassine, qui est gentil, qui est drôle…

… c’est comme un concours de fenêtres. Faut que je cherche la plus belle. » Elle se mit à errer, et soudain elle tomba en arrêt devant une vitrine de magasin, où s’accomplissait un travail qu’elle jugea réellement merveilleux.

Les papiers découpés formaient un véritable tableau. Il y avait au milieu une montagne en pain de sucre, d’où s’échappait une fumée abondante, et au-dessus de laquelle on lisait le Vésuve. À sa droite était un golfe avec d’innombrables bateaux.

Successivement, l’auteur, dont à travers la glace on ne distinguait que les mains, ajouta à son chef-d’œuvre des moissonneurs au travail. « Ça, remarqua Bécassine, qui n’ignore pas que le Vésuve est un volcan italien, ça doit être…

« … la récolte du macaroni. » Puis, parurent des soldats faisant l’exercice. Bécassine, enthousiasmée, cria : « Vive l’Italie ! » ce qui souleva le même cri de la part des quelques badauds qui l’entouraient.

Sans doute, l’artiste, qui travaillait de l’autre côté de la verrière, entendit, fut flatté : il se montra dans un espace de la glace laissé libre, et fit un geste de remerciement. Il sembla à Bécassine qu’elle le connaissait.

Un instant elle chercha où elle avait déjà vu cette figure… Soudain, la mémoire lui revint. Se frappant le front, elle dit : « J’y suis, c’est M. César, celui qui a fait l’année dernière de si belles peintures dans l’appartement de M de Grand-Air. »

Àce moment, la porte du magasin s’ouvrit, César vint droit à notre amie. Il demanda : « Zé né mé trompe pas ?… C’est bien la signorina Bécassine ? — Soi-même, monsieur César… »

Alors la joie la plus pure se peignit sur la figure de César. Il reprit : « Signorina, z’ai oune combinazione à vous proposer, oune soze magnifique, qué ça fera votre fortoune. »

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