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Après la séance de manivelle, Maubec et Bécassine restèrent à se promener sous les arbres de l’avenue. Notre héroïne se sentait presque aussi ankylosée que le jour où, sous la direction de M. Bile…
… elle avait fait ses débuts dans la culture physique. Tandis qu’elle se frictionnait les reins et exécutait quelques flexions pour rendre à ses bras et à ses jambes leur élasticité naturelle, elle vit venir…
… un homme, qui, du plus loin qu’il les aperçut, se mit à sourire à son compagnon et à elle, avec une expression de joie extrême. Il tendit vers eux des mains qui semblaient avides de serer les leurs.
« Salut, monsieur Dumarteau », fit Maubec. M. Dumarteau accentua encore son sourire, esquissa une révérence dont la grâce rappelait le Versailles de Louis XV, et pria Monsieur et Mademoiselle d’agréer ses humbles hommages.
Bécassine se sentit prise d’une soudaine sympathie pour cet homme si poli et de si belles manières. À sa révérence, elle répondit par une autre, moins gracieuse peut-être, mais plus profonde encore ; puis elle s’écarta un peu…
… afin de ne pas être indiscrète. Elle entendit que Maubec disait au nouveau venu : « Vous venez voir si nous avons de vieilles autos à vendre. Oui, il y en a une dizaine. » Tout en causant, les deux hommes entrèrent dans les bureaux de la Ralep.
Bécassine, retenue par son scrupule de discrétion, resta dans l’avenue ; elle s’approcha des vieilles autos et en considéra quelques-unes groupées à part, qui étaient plus lamentablement rouillées encore que les autres. Elle dit à mi-voix :
« Ça doit-être celles-là qu’on va vendre. — Justement celles-là ! » approuva M. Dumarteau, qui, à ce moment, sortait des bureaux. « Quelle perspicacité ! » ajouta-il ; et son sourire se fit extasié, comme si Bécassine avait proféré des paroles vraiment géniales.
Peu habituée à soulever des sentiments d’admiration, la brave fille rougit de plaisir ; elle répondit par un plongeon jusqu’à terre au salut d’adieu qui lui était adressé, et son cœur déborda de gratitude pour cet homme délicieux. Il est temps…
… que nous le présentions mieux à nos lectrices. M. Dumarteau exerce la profession de commissaire-priseur. Il est toujours gracieux, toujours souriant, toujours aimable ; il procède aux moindres inventaires avec des façons raffinées d’homme du monde. Il triomphe…