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… dans les ventes d’objets d’art, où se pressent les belles dames et les amateurs élégants. Il semble pénétré de gratitude pour qui lui donne une enchère, et quand il prononce le mot : « adjugé », il l’accompagne d’un sourire ému et reconnaissant à l’adresse de l’acquéreur.
Par hasard, de ces sourires était tombé sur Carmencita, un jour que, par désœuvrement, elle était entrée à la salle des ventes et y avait acheté quelqu’un de ces bijoux de pacotille dont elle raffolait. Elle avait été aussitôt conquise. Comme à ce moment,…
… la circulaire ministérielle n 4.885 venait de prescrire qu’il y aurait vente, tous les quinze jours, des autos reconnues décidément inutilisables, la colonelle avait exigé d’Agénor que les adjudications se fissent par le ministère de M. Dumarteau.
C’est ainsi que celui-ci était devenu le commissaire-priseur de la Ralep.
Peu après le départ de l’homme au sourire, Maubec reparut sur l’avenue. Il était porteur de deux grandes affiches et de l’attirail nécessaire pour les coller.
Aidé de Bécassine, il les placarda bien en vue sur le mur du bâtiment. Il y eut une petite discussion entre les deux colleurs parce que Bécassine, distraite par la première affiche, qu’elle s’efforçait de lire, plaça la seconde la tête en bas.
Mais Maubec répara rapidement cette erreur. Bécassine se mêla alors aux passants qui s’étaient arrêtés ; avec eux, elle lut que la vente serait faite aux enchères, le lendemain, à deux heures de relevée, par M. Dumarteau. Elle se promit de ne pas manquer cette occasion de revoir le si sympathique commissaire-priseur. S’accordant quelques minutes encore de récréation, elle regarda le petit groupe qui, peu à peu, s’était formé devant les affiches. Au premier rang, elle remarqua un ferrailleur, nommé Charrigou, qu’elle connaissait…
… parce qu’au temps où elle était employée de tramway, elle passait matin et soir devant son magasin et causait parfois avec lui. Elle lui demanda s’il avait l’intention de faire des achats à la vente du lendemain. « Pochible que oui, mademoigelle Bécachine…
« … répondit Charrigou, avec le plus pur accent de Saint-Flour… Cha dépendra chi Fouillade ne me pouche pas les prix. » Fouillade était son compatriote, son concurrent et son voisin ; de boutique à boutique, les deux hommes se chamaillaient une bonne partie de la journée.
« Il est malin, Fouillade, reprit Charrigou ; mais je ne chuis pas chot. J’ai une combinaijon que j’échepliquerai demain au commichaire-prigeur. Vous verrez cha ! » Il éclata d’un bon gros rire, et Bécassine sentit redoubler son envie d’assister à la vente, où elle pressentait que des incidents curieux se produiraient.