‹ Bécassine mobiliséeChapitre 6 sur 61 · 6

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Les jours qui ont suivi, on a préparé le déménagement de l’appartement de Paris. Il y en a eu de l’ouvrage ! Pensez donc, plus de dix ans que Madame habitait là !

Ce qu’il a fallu faire de malles et remplir de paniers ! Et puis les meubles fragiles à empaqueter pour qu’ils ne soient pas abîmés dans le voyage. Moi surtout, je mettais au moindres chaises…

… des chiffons, et de l’ouate, et des papiers, parce que je n’ai pas beaucoup de confiance dans les déménageurs. Ces gens-là, ça ne connaît pas ce qui est beau, et ça n’a de respect pour rien.

Ça me désolait de voir comme ils faisaient valser le mobilier de ma maîtresse, un mobilier artistique, et même on peut dire historique, où y a des choses qui datent… je ne sais pas, moi : peut-être du temps de Jeanna d’Arc, ou de Clodion le Chevelu.

On a employé la semaine à ce travail. Quand ça a été terminé, Madame, un soir, nous a appelées, Maria et moi, dans son petit salon. C’était triste à pleurer de voir comme ça, toute nue et en désordre, cette pièce qu’on avait connue si jolie et si soignée.

Madame nous a dit qu’elle allait coucher à Versailles, à l’hôtel ; elle nous a recommandé de veiller le lendemain matin, au chargement des voitures et, dès que ce serait fait, quand les déménageurs se mettraient en route, de venir la rejoindre.

Tout en parlant, elle passait son manteau, fermait son nécessaire de nuit, et elle allait sortir, quand heureusement Maria, qui a de la tête, lui a demandé où on la retrouverait : « Dans le parc, qu’a répondu Madame, près de bassin de Cérès ;…

« … vous savez, à la place où je me mets toujours. — Oui, je sais, Madame. » Faut dire que Maria a accompagné souvent Madame à Versailles quand elle allait voir le travail des tapissiers dans le nouveau logement. Et quand il leur restait du temps, elles se promenaient ensemble.

Alors elle est au courant. Moi, ça m’a bien un peu étonnée d’entendre parler de parc, de bassin et de cette Cérès, mais je n’ai pas fait grande attention sur le moment, parce que j’étais occupée d’un déménageur qui maniait des potiches de Chine avec pas plus de respect…

… que si ça avait été de la batterie de cuisine. J’ai eu bien juste le temps de les lui prendre des mains pour qu’il n’arrive pas un malheur. Même que je l’ai traité de vandale et qu’on a eu des mots ensemble. J’avais, tort, mais de voir un sans-soin pareil, ça le tournait les sangs.

Le lendemain, tout s’est passé comme c’était convenu. Vers dix heures, nous avons pris notre train, Maria et moi, aux Invalides. Entre parenthèses, c’était bondé de militaires. Ça m’a surprise, et je j’ai dit au contrôleur pendant qu’il faisant un trou dans mon billet.

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