‹ Bécassine mobiliséeChapitre 7 sur 61 · 7

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Il m’a répondu : « C’est comme ça à tous les trains, dans les deux sens ; c’est à croire que, chaque jour, tous les soldats de Paris vont à Versailles, pendant que tous les soldats de Versailles viennent à Paris. » Et ça m’a surprise encore plus, mais je n’étais pas…

… au bout de mes étonnements. Nous arrivons, nous marchons dix minutes par des rues bien larges, bien droites, et avec de jolies boutiques.

Et puis je vois une belle grille, vraiment du travail soigné, et une maison de concierge tout ce qu’il y a d’élégant, qu’il y a bien des châteaux de mon pays qui paraîtrait des bicoques à côté. « L’entrée du parc, me dit Maria. — C’est cossu, que je lui réponds. »

Et l’étonnement que j’avais eu la veille en entendant parler de parc, me reprend en plus fort. Je n’en revenais pas que Madame, qui changeait de local pour se diminuer, puisse avoir un parc de cette importance. Tout ébaubie, je m’étais arrêtée devant un bassin…

… grand comme un étang, tout plein de bêtes et de gens en métal. « Venez donc, a bougonné Maria ; nous ne sommes pas en avance. Vous regarderez les estatues une autre fois. » Nous avons repris notre course. Je me raisonnais ; je me disais : « Peut-être que la maison est…

« … moins conséquente que le jardin ; peut-être qu’elle est toute petite. C’est des choses qui arrivent. » Et j’étais bien curieuse de la voir, cette maison. Après qu’on a eu retrouvé Madame et qu’elle a eu un peu causé avec Maria, elle a dit : « Montons jusqu’à l’Esplanade pour que Bécassine…

« … fasse connaissance avec notre nouvelle résidence. » Nous avons marché par une allée tournante, et tout d’un coup, je l’ai vue, la maison. Je vivrais cent ans que je n’oublierais pas ma stupéfaction devant cette façade, qui n’en finit pas…

… avec des centaines de fenêtres, et des colonnes, et des statues. J’ai pas pu me retenir ; j’ai crié : « Madame parle de se diminuer, et c’est ça qu’elle a loué ! Eh bien, avec tout le respect que je lui dois, Madame me permettra de lui dire que jamais Maria, à elle toute seule, ne pourra lui faire son service là dedans. — « Mais Bécassine, voyons, Bécassine, » disait Madame. Maria répétait : « Ça y est, elle devient folle. » Mais j’étais lancée ; j’ai continué : « Même à nous deux, même en prenant une femme de ménage de temps en temps, je ne sais pas si on suffirait. »

Je me suis arrêtée à bout de souffle. Alors Madame a pu parler ; elle m’a dit doucement : « Calmez-vous, ma bonne Bécassine ; ce que vous avez sous les yeux, ce n’est pas ma maison ; c’est le Palais de Versailles, le Palais du roi Louis XIV. »

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