‹ Bécassine pendant la guerreChapitre 11 sur 61 · 11

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Quand elle y arrive, le train est signalé. Il n’y en aura pas d’autre avant huit jours : foule compacte, employés affolés. « Enfin, vous voilà ! » lui crie M de Grand-Air : puis, remarquant son étrange bagage :

« Quelle idée, ma pauvre fille, de vous être encombrée ainsi ! Nous aurons déjà bien du mal à nous caser nous-mêmes. » Heureusement, le chef de gare, complaisant, offre de garder les vases jusqu’au retour de leur propriétaire.

Le train entre en gare. Non sans peine, M de Grand-Air et Yvonne s’installent dans un compartiment. Zidore et Bécassine doivent rester debout dans le couloir… On part après un court arrêt.

« Ouf ! ça va être bon de se reposer, dit Bécassine ; j’ons eu chaud ave mes potiches et mes chats. » Brusquement, ces mots lui rappellent qu’elle a oublié les pauvres bêtes dans le vase ; ils y mourront si elle ne va les délivrer.

« Zidore, crie-t-elle, faut empêcher un grand malheur… Arrête le train ! » Machinalement, Zidore tire la sonnette d’alarme : sans doute ne fonctionne-t-elle pas, car le train roule de plus en plus vite…

Et soudain, les voyageurs poussent un cri d’épouvante. Bécassine a ouvert la portière, a sauté, entraînant dans sa chute Zidore qui cherche à la retenir.

« Les malheureux ! murmure M de Grand-Air au comble de l’épouvante, je ne les reverrai pas vivants ! »

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