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On repartit, mais, la route étant encombrée, on roulait lentement. Il était déjà tard lorsque à une dizaine de kilomètres de Paris, l’auto fut arrêtée par un poste de soldats. Leur chef, un sergent, demanda à voir le permis de circuler des voyageurs.
« Donnez le permis, Bécassine, dit M. Proey-Minans. — J’lons pas, M’sieu, cria Bécassine d’une voix lamentable. M’sieu m’a dit de le serrer avec soin ; j’lons fermé dans l’armoire du bureau. — Alors, vous ne passerez pas, » déclara le sergent.
Bécassine eut beau supplier, le sergent fut inflexible. Comme il se tenait près de la voiture, M. Proey-Minans étendit le bras, lui tâta le crâne un instant, et déclara :
« Inutile que nous insistions, ce militaire a la bosse de l’entêtement… Mes enfants, M de Grand-Air vous attend. Partez, rejoignez Paris comme vous pourrez. Je restera avec Vieux-Serviteur. »
Bécassine et Zidore marchèrent longtemps. Ils voulurent prendre un raccourci et s’égarèrent. Fourbus, ils allaient se résigner à coucher dans un fossé, quand passa un maraîcher qui eut pitié d’eux. Il leur permit de se jucher sur sa charrette.
Bécassine se sentait fière de faire son entrée dans Paris si haut perchée. Au moment où ils franchissaient les fortifications, le rayon d’un projecteur électrique troua la nuit et les illumina :
« J’dois avoir l’air d’une reine ! » dit Bécassine.