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Le lendemain de leur voyage mouvementé, Bécassine et Zidore firent la grasse matinée. Vers midi, ils comparurent devant M de Grand-Air et lui racontèrent leurs aventures.
Ce même jour, à quatre heures, Zidore devait rejoindre son régiment. La Marquise reçut ses adieux, puis remit de l’argent à en lui disant qu’accompagner le jeune soldat et de compléter son équipement.
Voici nos deux amis à la porte d’un grand magasin de nouveautés. Zidore assure qu’il a tout ce qu’il lui faut, et que mieux vaut lui donner l’argent. Bécassine hausse les épaules :
« C’est-y un gamin qui en remontrera à une fille qu’a d’l’expérience ? » dit-elle. Et elle l’entraîne à la bonneterie. Les chaussettes, gilets de flanelle, caleçons et tricots s’empilent dans la valise et la musette du conscrit.
Rayon des chaussures, maintenant. « Pas la peine, assure Zidore : j’vais toucher des brodequins neufs au régiment — T’auras pas trop de deux paires, affirme gravement Bécassine. Napoléon il a dit : c’est avec les godillots de mes soldats que j’gagne mes victoires. »
Comme la valise et la musette sont pleines, Bécassine décide que Zidore portera les brodequins autour du cou, attachés par les lacets. C’est ainsi qu’elle faisait, toute petite, pour ménager ses chaussures.
Il faut encore une ceinture de flanelle : rien n’est dangereux comme le froid au ventre. Bécassine choisit la ceinture la plus longue, et, non sans peine, aide Zidore à la rouler par dessus sa veste.
Un passe-montagne lui sera indispensable cet hiver. Toujours par suite du manque de place dans les sacs, Zidore est contraint de se coiffer de l’épais tricot. Puis, c’est lui qui, à son tour, réclame une acquisition.
Il doit être versé dans l’artillerie, et brûle d’arborer les insignes du cavalier : il veut des éperons. Bécassine, avec sa grande expérience, lui fait observer que « ça ne se porte pas avec des espadrilles. » Il insiste et elle cède.