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Dehors, le temps est merveilleux. En ce début de septembre 1914, il faisait une chaleur de canicule. Après quelques minutes de marche, Zidore, chargé de lourds bagages, engoncé dans ses lainages, et accrochant ses éperons, déclare qu’il n’en peut plus.
« Faut prendre un fiacre, » dit Bécassine. Il en passait un à ce moment, un pauvre vieux fiacre sonnant la ferraille et traîné par une maigre rosse. Bécassine l’arrête et donne au cocher l’adresse du quartier d’artillerie, derrière l’École militaire.
Le cocher prit la direction de la Bastille. « C’est pas par là », cria Bécassine. Le cocher tourna son cheval et s’en alla vers l’Étoile. « C’est pas par là, » cria Zidore. Docile, le cocher tourna encore et s’achemina vers Montmartre. « C’est pas par là », crièrent-ils ensemble.
Alors, l’homme dit avec un bon rire : « Alleye, sais-tu, Mademoiselle, je suis réfugié belge ; j’ignore Paris. Ça serait plus commode pour une fois si tu voudrais conduire. » Bécassine et Zidore grimpèrent sur le siège, tandis que le cocher s’installait dans la voiture.
Quatre heures sonnaient quand on arriva à la porte du quartier. Les adieux furent forcément rapides, mais ils furent émouvants. Puis, en se tamponnant les yeux, Bécassine revint vers le fiacre, demanda ce qu’elle devait.
Le cocher regarda le compteur : il marquait 97 fr. 35.
« Ouyouyouye, dit l’homme, ça est trop, pour une fois. J’oublie toujours le manœuvrage du drapeau. Tu donneras ce que tu veux, Mademoiselle ! » Bécassine donna quarante sous. Le brave belge fut si content qu’il voulait la reconduire gratis chez elle, mais elle refusa.