‹ Bécassine pendant la guerreChapitre 20 sur 61 · 20

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Bécassine était toute triste de la séparation. « Que c’est quasiment comme si que j’avais quitté mon petit frère ! » répétait-elle avec mélancolie. Mais elle s’intéressa à une partie de marelle engagée entre deux jeunes télégraphistes…

… puis elle contempla un gamin qui faisait des ronds en crachant dans la Seine. Grâce à ces palpitants spectacles son émotion avait disparu quand elle entra dans le jardin des Tuileries, qu’elle avait à traverser pour retourner chez sa maîtresse.

Dans l’allée centrale, une centaine de personnes regardaient en l’air. Bécassine s’arrêta, regarda et ne vit rien.

Elle demanda à une nourrice : « Quoi t’est-ce qu’on regarde ? — Rien encore, répondit la nounou ; on attend le spectacle ; c’est l’heure, ça ne va pas tarder à commencer. »

Bécassine était à ce moment près du Guignol. Elle pensa que c’était là que le spectacle aurait lieu. Elle s’installa au premier rang et tendit le prix de sa place au patron du théâtre. Il refusa d’un geste rageur et dit : « Je ferme la boutique ! Y a plus moyen de gagner sa vie depuis que…

… les sales Boches me font concurrence avec leurs Taubes ». À cette époque, en effet, un avion allemand survolait la capitale chaque soir…

… vers cinq heures, et c’était la principale distraction des Parisiens. Bécassine reprit sa place dans la foule. On disait : « Il est en retard !… Peut-être qu’il ne viendra pas ! » Il y avait de l’impatience et de la déception. Soudain des voix crièrent : « Le voilà ! » Des bras se tendaient vers un point noir…

… à peine perceptible dans le ciel. Bécassine écarquillait les yeux : « J’vois rien ! » dit-elle. Une voix près d’elle, dit : « Pour deux sous, ma p’tite dame, vous verrez comme si vous étiez dessus. » C’était le montreur d’étoiles de la place de la Concorde…

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