‹ Bécassine pendant la guerreChapitre 21 sur 61 · 21

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… qui venait d’installer son télescope. Bécassine donna deux sous, mit son œil à l’objectif, et le mauvais oiseau lui apparut avec ses croix noires aux ailes. Il tournait autour de la Tour Eiffel, dont le poste le salua de quelques balles.

Et ce fut comme un signal. De toutes parts, des mitrailleuses crépitèrent. La foule trépignait de joie. Elle criait : « Touché ! — Il tombe !… non, il repart ! » Entraîné par l’effervescence générale, un arroseur dirigea vers le Taube le jet de sa lance…

… un agent visa avec soin et tira les cinq coups de son revolver.

Soudain, la nourrice cria : « Attention, il vient sur nous ! il jette une bombe ! » En un clin d’œil, hommes, femmes, enfants coururent se réfugier sous les arcades de la rue de Rivoli. Seule Bécassine ne bougea pas. Elle était alors tout contre le grand bassin.

« Mettez-vous à l’abri, » lui cria l’homme au télescope, qui se sauvait le dernier. Machinalement, elle ouvrit son parapluie.

Tout à coup, le parapluie lui fut arraché des mains ; quelque chose qui grondait et fumait passa près d’elle, tomba dans le bassin. Il y eut une sourde détonation, une gerbe d’eau… Là-haut, l’avion disparaissait.

Déjà la foule était revenue et entourait Bécassine ahurie. Des réflexions s’échangeaient : « Ah ! elle n’a pas peur… Sans elle, la bombe éclatait à terre… Ça aurait fait des victimes… Au moins des dégâts… C’est elle qui nous a sauvés ! »

Et Bécassine, de plus en plus ahurie, fut portée en triomphe.

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