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Bécassine et M de Grand-Air ont quitté Paris pour Roses-sur-Loire. La marquise y possède une propriété où elle installe un hôpital de la Croix-Rouge. Depuis quinze jours, Bécassine frotte, lave, astique, monte les lits avec un zèle inlassable.
Elle attend impatiemment les premiers blessés, brûlant de se dévouer aux chers soldats. Elle a eu une déception quand le docteur et M de Grand-Air lui ont dit qu’elle serait seulement auxiliaire ; pour être infirmière, il faut passer un examen.
Mais Bécassine a pris une grande résolution : elle passera l’examen. Elle travaille assidûment le Manuel, l’apprend mot à mot, comme un catéchisme. Chaque soir, Yvonne lui fait répéter sa leçon.
Ce jour-là, l’hôpital étant encore vide, tout le monde est allé en promenade. Bécassine a refusé de sortir : « Des fois qu’il arriverait des blessés, a-t-elle dit, je serais là ! Et puis, faut que je pioche l’examen. » Prenant son livre…
… elle s’est installée sur la terrasse et elle s’efforce de graver dans sa mémoire rebelle les lignes suivantes : Dans les hôpitaux, l’infection est toujours à craindre. On la combattra par des lavages abondants et par des vaporisations…
Un coup de sonnette interrompt son étude. Regardant vers la grille, Bécassine se lève, s’élance, dans un émoi indescriptible, en criant : « Un soldat !… Un blessé !… »
« Entrez, brave militaire ! » dit-elle en ouvrant la grille. Puis, elle a une exclamation de surprise : « Mais c’est monsieur Rendouillard ! — Soi-même, jeune Bécassine, » répond le soldat non moins étonné.
Rendouillard a une mine superbe. Il souffre seulement d’une entorse qu’il s’est donnée en glissant sur un rail. Avec des soins infinis, Bécassine le guide vers un fauteuil, l’installe…