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… s’assied en face de lui. Et ils se regardent, très contents de se rencontrer, quoique ne trouvant pas grand’chose à se dire… Mais depuis un instant, Bécassine, tour à tour, contracte et dilate ses narines, flaire avec inquiétude, puis, se décidant : « Faites excuse, M’sieu Rendouillard…
… il me semble que vous sentez une drôle d’odeur. — Probable, dit le soldat, que ça vient du cervelat que j’ai mangé dans le train. Il était bon, mais diablement fort en ail. C’qu’il en avait de l’ail ! Une vraie infection — Une infection !… » répète Bécassine d’un ton tragique.
Elle a ramassé son Manuel, a relu les lignes qu’elle étudiait quelques instants avant, s’est élancée vers la maison
Elle en revient maintenant, portant une cuvette pleine d’eau où baigne une éponge.
Et, brusquement, l’éponge s’abat sur la figure de Rendouillard ; l’eau ruisselle, l’inonde, l’aveugle.
Puis Bécassine d’arme de vaporisateur à eau de Cologne…
… et le supplice devient plus cruel encore. Vainement, le soldat cherche à s’échapper : son pied malade l’empêche de courir, et Bécassine le suit, implacable.
« Eh bien, Bécassine, c’est ainsi que vous traitez un blessé ! Devenez-vous folle ? Que faites-vous là ? » C’est M de Grand-Air qui, rentrant de promenade, pose ces questions d’une voix sévère.
Mais Bécassine est forte de son innocence : « Madame devrait me féliciter, affirme-t-elle. Je fais comme dit le Manuel : je combats l’infection. »