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Bécassine a commis quelques erreurs regrettables en soignant les blessés. C’est ainsi qu’un jour, chargée de faire prendre deux cuillerées de potion calmante au malade n 5, elle a administré cinq cuillerées au malade n 2…
… lequel a dormi pendant 48 heures d’un sommeil léthargique.
« Défense absolue de toucher les médicaments et de ne rien donner aux blessés », lui a dit le médecin. Bécassine, qui brûle de se dévouer, s’est mise à pleurer : « Ça me crève le cœur de ne pas être infirmière, » sanglote-t-elle.
Mde Grand-Air a entrepris de la consoler : « Vous serez infirmière tout de même, Bécassine ; infirmière pour le nettoyage, le balayage, la préparation des lits… À propos de lit, il faudra faire celui de la chambre de sous-officier. Cette lettre…
« … m’annonce l’arrivée d’un maréchal des logis convalescent. Mais au fait, vous le connaissez : c’est M. Jean du Keric. — Pour sûr, Madame, que j’connais M. Jean, même que je vas joliment soigner son lit : c’est un si gentil Monsieur ! »
Le beau château du Keric est en effet tout voisin de Clocher-les-Bécasses, pays natal de notre héroïne. Bien souvent, le dimanche, elle allait avec son oncle Corentin se promener dans le parc.
Le vieux marquis du Keric avait grand air et l’intimidait beaucoup ; mais le jeune châtelain M. Jean, très simple, nullement infatué de son titre et de sa fortune, causait volontiers avec elle, s’amusant de ses naïvetés.
Un jour, il lui avait fait visiter l’intérieur du château. Bécassine avait été surtout impressionnée par les grands lits à colonnes, si majestueux avec leurs bandeaux de vieille tapisserie.