‹ Bécassine pendant la guerreChapitre 28 sur 61 · 28

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Ce matin, le facteur a remis deux lettres à M de Grand-Air. L’une est de son neveu Bertrand. Légèrement blessé, soigné à Tours, il a obtenu l’autorisation de venir en convalescence chez sa tante.

« Quelle joie d’embrasser ce cher enfant ! » murmure la marquise. Puis elle ouvre la seconde lettre, et, après l’avoir lue, appelle Bécassine. « Bécassine, M. Bertrand arrive par le train d’une heure ; par le même train, viendra un médecin inspecteur…

« … prévenez le docteur et M l’infirmière-major. » Bécassine vole plutôt qu’elle ne court. Bientôt une activité fébrile règne dans toutes les salles : les infirmières frottent, lavent, ragent, astiquent.

Les soldats apportent un soin spécial à leur toilette : dans tout hôpital, la visite du médecin inspecteur est un événement considérable, qui provoque une vive émotion.

Cependant, M de Grand-Air continue à donner ses ordres : l’heure du déjeuner sera avancée ; Firmin, qui cumule en ce moment les fonctions de cocher avec celles de jardinier, attellera le coupé et ira prendre les deux officiers à la gare.

Àl’heure même où s’accomplissaient ces préparatifs, Bertrand de Grand-Air achevait de déjeuner au buffet de la gare de Tours. Il était de belle humeur, heureux de revoir sa tante, et aussi de penser…

… que dans quelques jours, complètement guéri, il rejoindrait son bataillon. Tandis qu’il allumait un cigare, quelqu’un lui dit : « Mon lieutenant, toutes les tables sont prises, me permettez-vous de m’asseoir à la vôtre ? — Bien volontiers, » répondit Bertrand…

… tout en continuant l’allumage, qui était laborieux. Puis il leva la tête, et reconnut, dans celui qui venait de parler, un médecin major de ses amis, le docteur Ledoux. « Quelle heureuse chance ! » s’écrièrent-ils ensemble.

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