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Le docteur s’assit, commanda son déjeuner, et reprit : « Le hasard fait bien les choses : je vais à Roses-sur-Loire pour inspecter l’hôpital de ta tante. Ainsi, nous ne nous quitterons pas de la journée. — Parfait, mon vieux, je suis enchanté. »
Mais tandis que les deux amis faisaient les cent pas sur le quai un cycliste vint remettre un pli au docteur : « J’ai parlé trop vite, dit celui ci, après avoir lu : il faudra nous séparer pendant un peu plus d’une heure ; mon chef m’écrit de visiter un autre hôpital installé au village.
« Eh bien, dit Bertrand, je monterai tout de suite au château et je te renverrai la voiture. » Ils sont maintenant dans le train ; Ledoux s’est assoupi, et Bertrand le regarde en se demandant ce qui change sa physionomie. — Ah ! oui, c’est cette barbe qu’il a laissée pousser.
« Qu’est-ce qui te fait rire ? interroge Ledoux qu’un cahot réveille brusquement. — C’est ta barbe ; elle m’en rappelle une autre, une fausse, que j’ai mise pour jouer la comédie chez ma tante. Avec ma fausse barbe, on nous prendrait l’un pour l’autre, et cela me donne l’idée d’une farce.
— « Tu ne seras donc jamais sérieux ? — Jamais. » On arrivait à Roses-sur-Loire. Ils se séparèrent et Bertrand monta dans le coupé après avoir reçu un chaleureux bonjour de Firmin.
Au château, le docteur, les infirmières et les blessés valides, rangés en bel ordre devant la grille grande ouverte, attendaient l’arrivée du médecin-inspecteur.
« Voilà la voiture ! » cria Bécassine qui avait été envoyée en éclaireur sur la route. Le coupé arrivait en effet au grand trot, mais, au lieu d’entrer, il continua, longeant le mur du parc.
« Firmin aura oublié mes ordres, dit M de Grand-Air, je lui avais recommandé de passer par le parc et il va à la petite porte du château. Je vais au devant de M. le médecin-inspecteur. Nous le recevrons dans le grand dortoir ; que tout le monde s’y rende ! » Et elle courut vers le château.