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La cuisinière se met à écosser ses pois. Zidore entre en coup de vent. « Où est Bécassine ? demande-t-il. Madame la cherche partout. — Elle doit être en train de faire les cuivres du salon : elle a pris le flacon de faineuf. »
Bientôt, chaque fenêtre du château se meuble d’une tête. La marquise, Yvonne, Marie appellent Bécassine, qui reste introuvable.
L’heure du départ approche. Tout le monde est réuni dans le jardin. Bertrand passe des bras de sa tante dans ceux de sa cousine, serre la main aux domestiques. Chacun est ému. À ce moment, un bruit étrange, venant du vestibule, attire l’attention générale.
Bécassine apparaît, coiffée d’un casque, une rapière pendue au côté, une cotte de mailles sous le bras, et traînant les pièces disjointes de l’armure d’Enguerrand de Grand-Air qu’elle a consciencieusement fourbies pendant trois heures au grenier
Malgré la gravité de l’heure, c’est un fou rire général. « Eh bien, quoi ? dit Bécassine froissée. C’est pour préserver M. Bertrand ! » On a beaucoup de peine à lui faire comprendre que ce genre d’équipement ne se porte plus.
« J’avais autre chose encore pour le préserver, dit-elle, mais je n’ose pas, à présent qu’on s’est moqué de moi ! — Montre toujours. — C’est une petite médaille bénite. — Donne-la vite, Bécassine. » Et Bertrand l’embrasse sur les deux joues…
… tandis que la Marquise, très émue, murmure : « Cette Bécassine !… pas de cervelle, mais tant de cœur ! »